LES DIFFERENTES TERRES AGRICOLES DU CAMEROUN
• Le Cameroun peut être grossièrement subdivisé en cinq zones agricoles, en fonction des sols ; du climat et des paysages :
• la première zone s’étend des bords du lac Tchad au nord de Garoua et couvre approximativement les régions de l’extrême nord et du Nord,
• la deuxième est la zone des hautes savanes guinéennes qui regroupe la région de l’Adamaoua et le sud de la région du Nord,
• la troisième zone est la zone des hauts plateaux de l’Ouest. Elle couvre les régions de l’Ouest et du Nord ouest,
• La quatrième est la zone de foret dense humide à une saison de pluies qui regroupe les régions du Littoral et du Sud ouest,
• La cinquième zone, c’est la zone de la forêt dense humide à deux saisons de pluies qui comprend les régions du Centre, du Sud et de l’Est.
Les terres de ces cinq zones sont pratiquement toutes acides et possèdent dans leur grande majorité une faible capacité d’emmagasinage des nutriments, d’où cette règle d’or à retenir en toute circonstance : « il faut nourrir la plante et préserver le sol ».
CARACTERISTIQUES ET FERTILISATION DES DIFFERENTES TERRES
1. Les terres agricoles de la zone des savanes soudano- sahéliennes
(Régions de l’Extrême –nord et du Nord)
Le niveau de fertilité des terres de cette zone est très variable .On y trouve des terres pauvres, des terres bien pourvues en éléments nutritifs où les teneurs en calcium et en magnésium peuvent être très fortes, et même des terres des terres à problèmes parce qu’ayant un niveau de salinité élevé .Ces terres sont caractérisées dans leur majorité par la carence en azote et en carbone organique.
1-1 Les terres des alluvions récentes des plaines du Logone
Il s’agit d’un ensemble de terrains plats qui s’étendent du Logone –Birni à Waza et dont une partie est constituée de sols de bonne qualité développés sur les alluvions récentes du Logone et de ses affluents .Ces terrains forment parfois des étendues plus ou moins éloignées des Mayo.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des sols poreux, profonds, à cohésion faible, qui conviennent bien aux cultures de saison des pluies (sorgho, arachide, maïs, niébé, etc.), et au coton surtout si l’alimentation en eau est bonne.
Comment les fertiliser ?
D’abord, préserver le sol par des amendements organiques (résidus végétaux divers, compost, etc.)Réguliers. Ensuite nourrir les plantes en fonction de leurs exigences. Par exemple : sorgho : 84-20-15-6-kg /ha de NPKS ; maïs 90-30-20-9kg /ha des mêmes nutriments ; niébé : 20-45-30-18kg/ha.
Exemple d’engrais à utiliser : il existe dans le commerce des engrais composés ternaires (c'est-à-dire à trois éléments, NPK) ou des engrais ternaires enrichis en oligo-éléments (par exemple NPKS), qui peuvent être complétés en cas de besoin (afin de respecter l’une ou l’autre des formules ci-dessus) avec des engrais simples (c'est-à-dire à un élément) comme l’urée, ou des engrais binaires (c'est-à-dire à deux éléments) comme le phosphate bi calcique et le sulfate de potasse.
1-2 Les terres ferrugineuses sur roches acides
Ces terres qui présentent plusieurs faciès se retrouvent dans toute la zone. Au nord de Ngaoundéré, autour des localités de Mbé, Ndong,Sassa, Mbessi,Moungue, Moundourou et Nyassam, ces terres sont peu lessivées et ont un bon niveau de fertilité naturelle. Plus à l’est, au sud de Toubouro, dans l’axe Belel –Djohong, Meiganga, puis entre Ngaoundéré et Meiganga en passant par Bandal, Nyambala, Babongo, et également entre Meiganga et Tibati, elles présentent un horizon de concrétions ou une cuirasse à une profondeur variable, ce qui leur confère un niveau de fertilité plus faible
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres à textures argileuses de couleur rouge ou brune. Elles sont riches en sesquioxydes de fer et d’aluminium, et les faciès dégradés ou lessivés présentent une cuirasse ferrugineuse ou une nappe de concrétions à faible profondeur .Les terre rouges occupent les bas des de pente des montagnes et des collines tandis que les terres brunes se situent sur les pentes et les sommets .Ces terres sont très profondes et bien drainées.
Les faciès dégradés ou lessivés, de faible niveau de fertilité, couvrent de grandes superficies souvent consacrées au pâturage. Sur les terres rouges lessivées, on pratique la culture du sorgho, du mil, du mais, de l’igname, de la patate douce, du manioc et du coton.
Les terres rouges peu lessivées ont une bonne valeur agricole, elles exigent un apport de phosphore, tandis que les terres rouges lessivées, plus pauvres, nécessitent des apports de plusieurs éléments tels que le calcium, Le magnésium, et surtout le phosphore.
Comment les fertiliser ?
Une bonne gestion de la matière organique (résidus végétaux divers, compost, etc.)est la garantie du maintien de la capacité d »emmagasinage du sol à un bon niveau .Une fois ceci acquis ,il faut veiller à nourrir les plantes en fonction de leurs exigences dans la zone .Par exemple tubercules (manioc, igname, patate douce) jusqu’ici l’utilisation des clones améliorés de l’IRAD permettent une culture sans engrais ;coton :44-20-«30-10-2kg /ha de NPK-S-B ;pour les autres cultures voir au paragraphe 11.
Exemple d’engrais à utiliser : il existe dans le commerce des engrais composés ternaires ou quaternaires qui peuvent être complétés en cas de besoin par des engrais simples comme l’urée, ou des engrais binaires comme le phosphate bi calcique et le sulfate de potasse.
1.3 Les terres ferrugineuses sur roches basiques
Ces terres sont situées au nord de Ngaoundéré, autour des localités de Mbang Foulbé, Mbang Mboum et aux environs des monts Ngang Ha. Elles se retrouvent également au sud de Ngaoundéré, autour des localités de Bibi, Bandal, Nyambaka, Mbéwé Mangoum et Béka. Elles occupent les plateaux, les pénéplaines et les plaines.
Caractéristique et utilisation
Ce sont des terres à sols profonds développés sur basalte (roche basique), de couleur brune ; rouge ; ou brun rouge, très riches en sesquioxyde de fer et d’aluminium. Ces terres sont relativement plus fertiles que celles développées sur roches acides. Néanmoins, elles exigent des apports de phosphore, et quelque fois d’azote. Elles sont utilisées pour la culture du sorgho, du mil, du mais de l’arachide, du macabo, l’igname, de la patate douce, du manioc, et du coton. Pour les plus rouges d’entre elles, elles conviennent à la polyculture, au maraîchage et aux pâturages.
Dans l’ensemble, les pratiques culturales y sont fragiles et se dégradent facilement lorsqu’elles font l’objet d’une utilisation non rationnelle. Par ailleurs, les textures trop sableuses en profondeur ne sont pas favorables à l’irrigation et le sol peut y être chimiquement pauvre.
Comment les fertiliser ?
Comme plus haut, une bonne gestion de la matière organique (résidus végétaux divers, compost, etc.) Est garante du maintien de la capacité d’emmagasinage du sol à un bon niveau. Ensuite, il faut veiller à nourrir les plantes en fonction de leurs exigences dans la zone. Par exemple : coton : 67-20-30-10-2kg/ha de NPK-S-B ; pour les autres cultures, voir plus haut.
Exemple d’engrais à utiliser : se reporter aux paragraphes 11 et 12.
1.4. Les terres hydro morphes à propriétés vertiques (Yaérés)
Ces terres s’étendent au nord de Makari en bordure du Lac Tchad, et occupent également une vaste région de plaines temporairement inondées par les eaux de crue du Chari et du Logone, formant une large bande qui côtoie la frontière avec le Tchad, de kousséri à Yagoua. Une grande partie du parc de Waza, est située dans la zone des Yaérés où de vastes étendues non cultivées servent de pâturage. Elles se retrouvent également aux environs des localités suivantes : Makari, Hilele, Moulouang, Woulki, Digam, Houlissina, Mara, Yaldéo, Kousseri, Waza, Maga et au Nord –Est de Yagoua.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres lourdes, à textures argilo limoneuse en fonction de la nature du matériau originel. Elles sont caractérisées par un micro relief (gilgai) et de nombreuses fentes de dessiccation en saison sèche, une structure polyédrique à prismatique grossière. Elles ont une faible perméabilité et une forte capacité de rétention en eau .La structure est plus ou moins massive (sol compact) et la fraction argileuse est surtout composée d’argile gonflante (montmorillonite). Ces terres ont un potentiel agricole et pastoral important. Elles exigent pour leur utilisation une grande maîtrise de l’eau. En effet, elles sont temporairement inondées et ne sont pas utilisables pendant une période importante de l’année .Ces terres sont fragiles et peuvent se dégrader en « hardés.
La majeure partie de cette zone est consacrée au pâturage .Moins de 10 %de ces terres sont cultivées .Le sorgho et les légumes de saison de pluies y poussent, et également le piment, l’oignon et le mil. Ce sont de remarquables sols pour les cultures tardives de saison des pluies ou de contre-saison (Mouskouari)
Comment les fertiliser ?
L’application de la matière végétale (matière organique) de toutes les origines (le compost sera réservé aux cultures légumières) demeure une nécessité, en, même temps qu’on songera à nourrir les plantes cultivées en fonction de leurs exigences. Par exemple : Mouskouari : 30-30-kg/ha de NP.
Exemple d’engrais à utiliser : DAP
1-5 Les terres à propriétés de vertiques ou « karals »
Elles s’étendent par îlots de superficies variables associées aux Yaérés, du sud de Makari jusqu’à Kousséri et forment une longue bande qui traverse le parc de Waza jusqu’à Bogo.Elles de vastes espaces dans les plaines de Mayo Boula au sud de Marou, jusqu’à Gazawa,Salak, Mindif et Kaélé. Les karals sont également localisés dans la plaine de Gawar au sud de Mokolo.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres argileuses bénéficiant de bonnes propriétés chimiques et hydriques, en particulier leur capacité d’emmagasinage et de rétention en eau. Elles ont une grande valeur agricole, réagissent aux apports d’engrais, mais peuvent subir une dégradation parfois irréversible (risque de dégradation élevé si elles sont surexploitées. Leur utilisation exige une bonne maîtrise des conditions hydriques. Ces terres sont généralement pauvres en carbone, en azote et parfois en phosphore. Les principales cultures pratiquées sont le sorgho pluvial, le sorgho de décrue (Mouskouari)
Comment le fertiliser ?
Se reporter au paragraphe 14 ci-dessus.
1-6 Les terres ferrugineuses sur roches vertes de Maroua
On les retrouve entre Dogba, Maroua, Kosséwa, autour de Balaza Akali, de Tchéré le long des routes Maroua- Mora, Maroua-Gazawae et Maroua-Salak.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres sont caractérisées par une faible teneur en phosphore, en carbone et en azote .La correction de ces déficiences leur conférerait un très bon potentiel agricole. Elles sont très pourvues en bases échangeables (ca, mg, k).Les cultures pratiquées sur ces terres sont le sorgho, le mil, le haricot, l’oignon, le mais, le coton ?????????????????????????
Ce sont des terres développées sur des sables dunaires jaunes, dans un paysage de terrasses éoliennes ayant une surface ondulée et des dépressions inter dunaires pauvres en carbone, en azote et en phosphore, ces terres ont une faible valeur agricole .Bien que sensibles à l’érosion hydrique et se dégradant facilement la correction de ces déficiences leur conférerait un très bon potentiel agricole. Leur pH est modéré en acide/Les principales cultures traditionnelles pratiquées sur ces terres sont : le mil, le sorgho, l’arachide, le haricot, le manioc doux.
Comment les fertiliser ?
Des mesures anti-érosives doivent être envisagées .Pour la gestion d’ensemble de la fertilité de ces sols et le type d’engrais à utiliser, se reporter au paragraphe 12ci-dessus. S’agissant particulièrement de l’arachide, lui appliquer 18-48-00-18kg/ha de NPKS.
1-7 Les terres des alluvions récentes de la vallée de la Bénoué
Elles s’étirent le long du fleuve Kinada, Malapé Garoua, Lagdo jusque vers Rey Bouba, puis le long du Faro, de Kinada, Touroua jusqu’à Tchamba. Ces terres se retrouvent également le long du Mayo Kébide Garoua à Gobti Kéré, et vont jusqu’à Djaloumé.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres sont formées sur des alluvions de terrasses récentes de la Bénoué dont le dépôt est constitué d’une succession de couches .Qualifiées de meilleur du nord Cameroun, elles sont réputées posséder de bonnes propriétés physiques et chimiques et bénéficier de conditions hydriques exceptionnelles pour la région. Cependant, leur bilan hydrologique excédentaire en saison de pluies peut leur être défavorable ; c’est pour cette raison que de vastes étendues de prairies inondables sont consacrées au pâturage.
Les cultures traditionnelles pratiquées ici sont les cultures maraîchères (laitue, carotte, tomate, aubergine, persil, chou, melon, poireau), puis la patate douce, le manioc et le maïs.
Comment les fertiliser ?
La gestion de la matière organique demeure d’autant plus prioritaire que les cultures légumineuses sont les plus pratiquées .Pour la nutrition spécifique de la plante on appliquera par exemple au poireau la formule ; 3 à 4kg/m²de compost+240-40-140kg/ha de NPK. Pour les autres cultures se reporter aux paragraphes précédents.
Exemples d’engrais à utiliser : compost par ailleurs il existe dans le commerce des engrais composés ternaires ou quaternaires qui peuvent être complétés en cas de besoin par des engrais simples comme l’urée, ou des engrais binaires comme le phosphate bicalcique et sulfate de potasse.
1.8 Les terres ferrugineuses de Garoua et ses environs sur gneiss et sur granite
Ces terres s’étendent de Mayo-Oulo jusqu’au sud de Garoua. Elles occupent le piémont du Peské Bori et l’axe Dembo Hama Koussou-Gashiga-Garoua. On les retrouve le long de la route de Guider-Tchontchi-Djanga-Pitoa-Garoua.Elles s’étendent également vers l’est à Adoumri et Bibémi, vers le sud par petites unités à Sanguéré, Njola et Tchéboa,puis à l’est autour de Béré.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres développées sur gneiss d’anatexie ou biotite, ou sur granite, et caractérisées par l’abondance des oxydes de fer et de manganèse. Le potentielle de ces terres est moyen. Elles sont pauvres en azote et moyennement pourvues en carbone et en calcium. Leur niveau de fertilité peut être amélioré par une fumure organique et minérale. Les principales cultures pratiquées sur ces terres sont le sorgho, le mil, le maïs et le coton.
Comment les fertiliser ?
Pour la gestion d’ensemble de la fertilité de ces sols et le type d’engrais à utiliser, bien vouloir se reporter aux paragraphes précédents, et principalement le paragraphe 12.
1-9 Les terres des plateaux sud –Bénoué à forte activité biologique
Sur la base des recherches déjà effectuées, il apparaît que la superficie totale de ces terres dépasse les 1000000 hectares soit 15% de la superficie totale des terres du Nord–Cameroun. Elles s’étendent du sud –Bénoué jusqu’à la falaise de l’Adamaoua. Elles se présentent en parcelles dispersées dont la plus grande agglomération se situe dans la réserve du Faro puis le long du fleuve Faro jusqu’à Borongo-Koléré. Dans le sud Bénoué, ces terres occupent une large zone au sud du barrage de Lagdojusqu'aux localités de Kongrong et Rey-Bouba, puis plus à l’ouest vers Garoua. Une autre extension va de Tchollliré à Mayo Djarendi, puis un îlot de moindre superficie occupe les vallées autour de Poli.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres très profondes, texture limoneuse ou sableuse. Celles à texture limoneuse possèdent de bonnes propriétés chimiques qui leur confèrent une plus grande capacité de production. Celles à textures sableuse par contre, peuvent présenter un état de pauvreté en calcium, carbone organique, en azote et en phosphore si prononcé qu’elles deviennent incultes. Les principales cultures pratiquées sont : le maïs, l’arachide, le coton, le mil, la patate douce et un peu de manioc.
Comment les fertiliser
Bien vouloir se reporter entièrement au paragraphe 12
2 Les terres de la zone des hautes savanes guinéennes
(Région de l’Adamaoua,) le sud de la Région du Nord, et le nord des départements du Mbam (Région du centre) et du Lom-et-Djerem (Région de l’Est)
Les terres de cette zone sont également très variées, mais peuvent être scindées en deux groupes : celui des terres développées sur roche acides et celui des terres développées sur roches basiques. Les meilleures sont celles développées sur roches basiques. Cependant, la carence en phosphore est générale, à quelques exceptions près. Les carences en potasse et en magnésium existent dans plusieurs secteurs.
2.1 Les terres ferrugineuses sur roche acides
Au nord de Ngaoundéré, autour des localités de Mbé, Ndong, Sassa, Mbessi, Moungue, Mandourou et Nyassam, ces terres sont peut lessivées et présentent un bon niveau de fertilité naturelle. Plus à l’est, au sud de Touboro, dans l’axe Belel Djohong ; Meiganga, puis entre Ngaoundéré et Meiganga en passant par Bandal, Nyambala, Babongo, et également entre Meiganga et Tibati, elles ont un niveau de fertilité plus faible.
Caractéristique et utilisation
Ce sont des terres à texture argileuse, couleur brune, rouge ou brun rouge. Elles sont riches en sesquioxydes de fer et d’aluminium. Les terres peu lessivées occupent les bas des pentes des montagnes et des collines. Elles sont très profondes et bien drainées. Les faciès dégradés ou lessivés de ces terres présentent une cuirasse ferrugineuse ou une nappe de concrétions à faible profondeur. Les faciès dégradés couvrent de grandes superficies souvent consacrés au pâturage. Les terres rouges peu lessivées ont une bonne valeur agricole, mais elle exigent un apport de phosphore, tandis que les terres rouges lessivées sont plus pauvres et nécessitent des apports de plusieurs éléments tels que le calcium, le magnésium et surtout le phosphore .Sur les terres rouges peu lessivées, on pratique la culture du sorgho, du mil, du maïs, de l’igname, de la patate douce, du manioc et du coton.
Comment les fertiliser ?
Dans ces terres acides généralement pauvres en matière organique (carbone organique), l’application des résidus végétaux est une nécessité .Sur les terres lessivées et pauvres, un apport de calcium et magnésium (180-80/kg/an de ca-mg) est vivement conseillé en plus de la matière organique .Quant à la nutrition spécifique des plantes, se reporter aux paragraphes précédents.
Exemple d’engrais à utiliser : Dolomie, phosphate bicalcique, nitrate de calcium, et autres engrais binaires, ternaires ou quaternaires disponibles sur le marché camerounais.
2.2 Les terres ferrugineuses sur roches basiques
Ces terres sont situées au nord de Ngaoundéré, autour des localités de Mbang Foulbé, Mbang Mbom et aux environs des monts Ngang Ha. Elles se retrouvent également qu sud de Ngaoundéré, autour des localités de Bibi, Bandal, Nyambaka, Mbéwé Mangoun, et Béka. Elles occupent les plateaux, les pénéplaines et les plaines.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres profondes de couleur brune ou rouge. Elles sont très riches en sesquioxydes de fer et d’aluminium. Ces terres sont relativement plus riches que celles développées sur roches acides, mais il est nécessaire d’y apporter du phosphore et de l’azote. Elles sont utilisées pour la culture du sorgho, du mil, du maïs, de l’arachide, du macabo, de l’igname, de la patate douce, du manioc, et du coton.
Comment les utiliser ?
Ici également, l’application des résidus végétaux (gestion de la matière organique) s’avère une nécessité à cause de capacité d’emmagasinage de ces terres qui est intrinsèquement faible. La nutrition spécifique des plantes peut s’inspirer des paragraphes précédents.
Exemple d’engrais à utiliser : Nitrate de calcium, et autres engrais binaires, ternaires ou quaternaires disponibles dans le commerce.
3. Les hautes terres de la zone des hauts plateaux de l’ouest
(Région de l’Ouest et du Nord –ouest)
La zone des hauts plateaux de l’Ouest couvre les Régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, soit 3,1 millions d’hectares de terres variées pouvant être réparties en quatre groupes principaux :
• les terres brunes ou rouges sur roches basiques
• les terres rouges et ocre sur roches acides
• les terres sur centres volcaniques
• les terres des grandes plaines sur alluvions ou sur colluvions.
3.1 Les terres brunes ou rouges sur roches basiques
Ces terres sont localisées dans la région d’altitude des hauts plateaux Bamiléké, surtout le long des axes Bafoussam, Bangangté, Dschang, Mbouda-Galim, et couvrent plusieurs localités autour de Bafoussam (Bangou, Bamendjou, Bansoa, Dschang, Baham,etc.).
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres d’une valeur agricole moyenne. Elles ont une texture argileuse sont riches en matières organique et en magnésium, mais pauvres en potasse et en phosphate. Leur teneur en azote est moyenne. Actuellement, des superficies importantes de ces terres ont subi un appauvrissement considérable en éléments nutritifs et ne donne plus qu’une faible production, à cause d’une utilisation intensive et d’un apport approximatif d’engrais. Mais d’une façon générale, la fertilité de ces terres varie considérablement en fonction de l’altitude .Des variantes plus pauvres se rencontrent ainsi dans les régions plus basses telles que Bangangté, tandis des terres plus fertiles se trouvent plus en altitude vers Bafoussam et Dschang.
Elles sont utilisées pour la culture du maïs, de l’arachide, du bananier plantain, de l’igname, du taro- macabo, de la pomme de terre et du manioc. Le maraîchage pratiqué dans les bas fonds concerne principalement la tomate, la carotte, la laitue, la betterave, le chou, la morelle noire, l’amarante, le poireau, le haricot vert, la pastèque le concombre, l’aubergine La principale culture industrielle pratiquée sur ces terres est le caféier arabica.
Comment les fertiliser
Si une bonne partie de ces terres, en particulier celles situées plus en altitude (vers Bafoussam et Dschang), n’ont pas besoin d’un apport particulier de matières organiques, il n’en va pas de même des autres pour lesquelles une bonne gestion de la matière organique doit demeurer la règle. Cela dit, la fertilisation de ces terres concerne principalement la potasse et le phosphore. Elle concerne aussi l’azote dans les zones plus pauvres. Dans ces régions, il est conseillé d’utiliser les engrais composés dont la proportion des éléments N-P-K est de 1-1-2, soit 10kg d’azote (N), 10 kg de phosphore (P2O5) et 20 kg de potasse (K2O) pour 100 kg d’engrais ternaire. Mais ceci dépend des exigences de la plante et de la disponibilité des autres engrais. Exemple : Caféier arabica : 250 kg /ha de N en sol d’altitude. 210(120)- 120-2-2,5 kg /ha de NPK-Zn-B en sol pauvre ; plantain : 20-20-40 /plant de NPK en sol pauvre.
Exemple d’engrais à utiliser : engrais composés/ternaires 10-10-20 ou 20-10-10 en fonction de la plante ; Nitrate de calcium ; phosphate bicalcique. Éviter d’utiliser le chlorure de potasse.
3.2 Les terres rouges ou ocres sur roches acides
Ces terres occupent des superficies importantes près de Bangangté(Bangwa, Bandiangseu …), dans la région de Foutouni et autour de Batié, de Bana, de Bandja, jusque vers Bafang. D’autres parts, elles s’étendent dans la régine de Bamenda sur trachyte et granite, en particulier sur la route de Bamenda et Fondong, dans les localités de Mbengo, Bélo, Njinikom, et également sur la route Bamenda-Ndop. Ces mêmes terres sont localisées aux environs de Santa, Awing et Akum.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres de faible valeur agricole, plus pauvres en savane qu’en forêt. Bien que généralement bien pourvues en potassium, ces terres sont pauvres en matière organique.
Comment les fertiliser ?
Malgré leur pauvreté relative, toutes sortes de cultures y sont pratiquées, avec des fortunes diverses. il s’agit de : caféier robusta, bananier plantain et dessert, maïs, arachide, riz, culture maraîchère etc. pour une meilleure productivité, leur emploi nécessite l’application des règles édictées plus haut concernant la gestion de la matière organique , puis l’apport d’éléments nutritifs tels que le calcium, le magnésium et le phosphore, l’azote, le potassium pour nourrir la plante.
Exemple de formule de fertilisation : caféier robusta : 138-(89)-55 kg/ha de N(P) K+ un amendement calcique. Exemple d’engrais à utiliser : engrais ternaire disponible dans le commerce (par exemple 20-10-10 pour le caféier robusta). En plus de ça, l’apport d’azote sous forme de nitrate de calcium contribuera à remonter un peu le pH.
3.3. Les terres noires sur centres volcaniques
Facilement reconnaissables dans les régions de Foumbot, ces terres s’étendent également vers Bafoussam et Dschang. Autour de Bafoussam, elles concernent notamment les les localtés de Baleng, Bapi, Bangeng, Bamoungoum, Bamendjing, Bamenyam, Bamenkombo et Galim. A Dschang, elles sont localisées à Djutttitsa et Barranka.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres ont une très bonne valeur agricole grâce à leurs excellentes propriétés chimiques. Elles sont très riches en matière organique et en divers éléments nutritifs, mais demeurent moyenne en azote et en potasse et déficientes en phosphore assimilable. En altitude (Bafoussam et Dschang), on y cultive principalement le maïs, la tomate, la pomme de terre, la carotte, le chou, la betterave, l’oignon, le poireau, le poivron. A Foumbot, on y pratique également la culture du maïs, de l’igname, de la tomate, des pastèques, du manioc, etc.
Comment les fertiliser ?
Il faut accorder une attention particulière aux carences en oligo-éléments, en particulier le cuivre (Cu) et le zinc (Zn). Il est également important de surveiller la toxicité manganique ou ferrique induite par l’abondance de la matière organique. Un apport complémentaire de phosphore (50kg de P2O5) est toujours nécessaire pour améliorer le niveau de cet élément souvent fortement fixé sur ces terres. Par ailleurs, il faut toujours, dans la fertilisation de ces terres, apporter un complément azoté de 30 à 60kg par hectare et un apport de potasse de 80kg par hectare. En réalité, le niveau des ces différents apports complémentaires dépend des exigences de la plante (cf. recommandations dans paragraphes précédents, notamment§3 pour les sols d’altitude).
Exemple d’engrais à utiliser : pas d’apport particulier de matières organiques. Pour le reste, engrais composés ternaires (20-10-10 ou 10-10-20) complétés par les oligo-éléments. Les compléments azotés et phosphatés pourront avantageusement être apportés à travers le nitrate de calcium et le phosphate bicalcique
3.4 Les terres de la plaine de Mbo
Ces terres s‘étendent sur une vaste plaine arrosée par le Nkam et le Mbu et dénommée plaine des Mbo. Cette plaine borde la route Melong- Santchou et se prolonge jusqu’au pied de la falaise de Dschang.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres alluvio-colluviales, hydro morphes par endroits, dont les caractéristiques physico-chimiques ne sont pas très bonnes. Elles sont utilisées pour la culture du plantain, de la canne à sucre, de la tomate, du riz pluvial, du riz irrigué, du macabo /taro et du caféier robusta.
Comment les fertiliser ?
Application de divers résidus végétaux indépendamment de la fumure minérale dont la formule dépendra de la culture pratiquée (cf. plus haut). S’agissant de celle-ci, les phosphates pourront être apportés en fumure de fond avant ou pendant le semis sous forme de super phosphates, en utilisant de préférence le super phosphate triple qui est concentré (45 % P2O5). La fumure phosphatée doit être localisées près des cultures à cause de la grande immobilité du phosphore ; les formes granulées seront préférables aux poudres pour limiter le phénomène de fixation. La fumure azotée peut être appliquée sous forme de nitrate d’ammoniaque (ou à défaut, d’urée) ou de sulfate d’ammoniaque (ou à défaut, de phosphate d’ammoniaque).en début de cycle, lors des premières pluies, les formes ammoniacales seront plus recommandées par ce qu’elles se fixent mieux sur le complexe du sol, tandis que lors des périodes de faibles pluviosités, les formes nitriques sont plus efficaces.
Exemples d’engrais à utiliser : Le superphosphate triple, le phosphate bicalcique, nitrate de calcium, sulfate d’ammoniaque, l’urée, DAP, et les divers engrais composés.
4- Les terres de la zone forestière à une saison de pluies
(Région du Littoral, sud-ouest et la bordure côtière du Sud)
Cette zone comprend essentiellement quatre principaux groupes de terres agricoles d’importance inégale et de fertilité variable :
• Les terres de la région du Mungo enrichies par les cendres volcaniques anciennes ;
• Les terres de la région du Mont- Cameroun enrichies par les cendres volcaniques récentes ;
• les terres sableuses ou sablo argileuses des plaines côtières ;
• Les terres jaunes forestières.
Les terres développées sur des matériaux volcaniques sont les mieux pourvues en éléments nutritifs. Celles des forêts basses sont caractérisées par une déficience très prononcé en phosphore, calcium, en magnésium et parfois en azote, et par une teneur en moyenne en potasse.
4.1. Les terres sur cendres volcaniques anciennes
Ces terres sont situées dans la région du Mungo, le long de la route de Dibombari à Kékem sur la nationale 5. Elles concernent les localités suivantes : Mbanga, Loum, Manjo, Njombé, Penja, Tombel, Kumba, Manengolé, Nkongsamba, Melong. On les retrouve également dans la région de Buéa, Ekona.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres ont, par le passé, été enrichies par des cendres volcaniques. Ces cendres ont eu le temps de se minéraliser, d’ou la présence dans ces terres d’importantes réserves en éléments nutritifs. Elles sont utilisées traditionnellement pour la culture du maïs, de la banane douce, du plantain, du manioc, du macabo, de l’arachide, de l’igname, etc. C’est la grande zone de culture fruitière : ananas, divers citrus (pamplemoussier, oranger, citronnier, mandarinier), avocatier, papayer, manguier, safoutier, etc. En dehors de l’ananas, les principales cultures de rente sont le palmier à huile, l’hévéa et accessoirement le cacaoyer.
Comment les fertiliser ?
Malgré leur richesse naturelle, il faut toujours comme pour les terres noires de l’Ouest (voir§33), apporter un complément azoté, phosphaté (pour compenser les fixations) et potassique. Dans tous les cas et comme précédemment, le niveau de ces apports complémentaires dépend de la culture pratiquée.
Exemple d’engrais à utiliser : la gestion de la matière organique ne doit pas être négligée ici. Pour le reste, engrais composés ternaires (20-10-10 ou 10-10-20) complétés par les oligo-éléments. Les compléments azotés et phosphatés pourront avantageusement être apportés à travers le nitrate de calcium et le phosphate bicalcique.
4.1 Les terres sur cendres volcaniques du Mont Cameroun
Ces terres sont situées dans la région du Mont Cameroun, autour de Buéa, sur la route Limbé- Idenau jusqu’à Ekondotiti et Mundemba.
Caractéristiques et utilisation
Les terres sur cendres volcaniques récentes, bien que potentiellement très riches sont assez acides et moins disponibles en nutriments (exception faite du magnésium dont elles sont bien pourvues) que les terres issues des cendres anciennes. D’où une valeur agricole moyenne pleinement justifier par leur déficience en potassium et leur teneur moyenne en azote et en phosphore. Ces terres sont utilisées pour les cultures annuelles et pluriannuelles telles que le plantain, le manioc, l’igname, la banane douce, le macabo, le taro, le maïs,le haricot,le tomate, le chou, etc.
Comment les fertiliser ?
Le redressement des terres développées sur les cendres volcaniques récentes est plus difficile à définir, car il s’agit d’un matériau dont la décomposition très lente est à peine amorcée. La matière organique n’étant pas une contrainte dans ces terres, on se contentera de leur apporter assez d’engrais en fonction des exigences de la plante cultivée. Pour cela, on se réfèrera avec profit au paragraphe 33.
Exemple d’engrais à utiliser : pas d’apport particulier de matière organique. Pour le reste, engrais composés ternaires (20-10-10 ou 10-10-20) complétés par les oligo-éléments. Les compléments azotés et phosphatés pourront avantageusement être apportés à travers le nitrate de calcium et le phosphate bicalcique.
4.2 Les terres jaunes côtières
Ces terres bordent la zone côtière couvrant la plaine de Tiko et les localités de Kompina, Nkapa, Montapa, koto, kombone, Bonabéri et Ekondo Titi, avec un prolongement dans la plaine du Wouri. Ces terres occupent également la bande côtière du sud, sur l’axe Edéa –Pouma, la route Edéa Kribi, Kribi- Campo.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres à textures sableuse, avec des profils profonds et bien drainés. Cependant, elles acides et très pauvres en éléments nutritifs, avec un risque élevé de toxicité aluminique pour les plantes cultivés, d’où leur faible valeur agricole. Les terres des bas-fonds peuvent présenter une hydromorphie temporaire ou permanente à cause du mauvais drainage vertical.
Les paysans cultivent traditionnellement le bananier plantain, le manioc, le macabo, le maïs, l’arachide, et comme cultures secondaires : la patate douce, l’igname, la tomate et l’amarante. Les principales cultures de rente sont, le palmier à huile et l’hévéa (plantes connues pour leur tolérance à la toxicité aluminique), et aussi le cacaoyer.
Comment les fertiliser ?
La fertilisation de ces terres nécessite une gestion appropriée de la matière organique et des amendements calciques doux pour neutraliser l’aluminium échangeable dans les zones où il apparaît. Pour nourrir la plante cultivée, les apports d’engrais devront tenir compte de la forte pluviométrie de la région et de la texture sableuse de ces terres. C’est pourquoi il sera important de fractionner les apports mêmes pour les plantes à cycles relativement court. Les apports devront être modulés en fonction des stades physiologiques de la culture. Il est recommandé d’apporter du calcium et du magnésium (180-80kg /ha/an de Ca Mg) dont les teneurs sont souvent très faibles dans ces terres. Exemple d’engrais à utiliser : résidus de récoltes et de divers végétaux. Dolomie, phosphate bicalcique, nitrate de calcium, et autres engrais binaires, ternaires ou quaternaires disponibles sur le marché camerounais.
4.3 Les terres jaunes sur roches acides
Les terres jaunes sur roches acides couvrent toute la région forestière de la cote et sont associés aux sols hydromorphes et aux terres sableuses. Elles s’étendent dans toute la région d’Edéa et ses environs, le long de la route Edéa-Kribi.elles recouvrent également la région de Manfé et Mundemba.
Caractéristiques et utilisation
Ces terres sont très acides et déficientes en presque tous les éléments nutritifs. De plus elles présentent un risque élevé de toxicité aluminique pour les plantes cultivées. La texture peut être sableuse en surface. Les profils sont profonds et bien drainés. Ce sont des terres de faible valeur agricole qui malgré tout, supporte bien le palmier à huile et l’hévéa, plantes connues pour leur tolérance vis-à-vis de l’aluminium échangeable.
Ces terres sont utilisées pour des cultures telles que le plantain, le macabo, l’igname, le maïs, l’arachide avec de faibles rendements ;le palmier à huile et l’hévéa sont les principales cultures de rente.
Comment les fertiliser ?
Compte tenu du fait que les caractéristiques de ces terres sont semblables à celles des terres précédentes (voir paragraphe 43), le lecteur voudra bien s’inspirer de ce paragraphe (§43) particulièrement en ce qui concerne le comment de la fertilisation et les engrais à utiliser.
5. Les terres de la zone forestière à deux saisons de pluies
(Régions du Centres, du Sud et de l’Est)
C’est la zone des terres forestières et des savanes péri -forestières plus ou moins désaturées. Le niveau de fertilité des terres est très variable. Elles sont mieux pourvues vers le nord et le sud-est que dans le sud de la zone, mais dans l’ensemble elles sont pauvres. Les carences les plus sévères sont enregistrées pour le phosphore, le calcium et le magnésium. Le potassium est généralement suffisant et excède rarement la moyenne de 0,15 Cmol/kg. L’azote total montre généralement des teneurs faibles (rarement moyennes) à cause de la minéralisation rapide de la matière organique. Les terres sous forêt vierge sont les plus pauvres et nécessitent, avec les terres des bas-fonds, des aménagements coûteux. On distingue trois grands types de terres dont la fertilité diminue généralement lorsqu’on passe de la zone de la savane à la région forestière :
• les terres jaunes de savanes péri- forestière ;
• les terres rouges moyennement désaturées sur roches acides :
• les terres fortement désaturées rouges et jaunes.
5.1 Les terres jaunes des savanes péri- forestières
Ces terres sont situées dans la zone de transition forêt-savane qui s’étend de Tonga à Ebebda et se prolonge vers Ntui, puis vers Nanga-Eboko et Bertoua.
Caractéristique et utilisation
Ces terres sont parfois peu profondes. Elles sont bien drainées et présentent généralement une nappe de gravats à profondeur variable. Les propriétés chimiques sont bonnes en dehors de leur carence prononcée en phosphore et leur faible teneur en matière organique. Elles sont ainsi bien pourvues en potassium et peuvent permettre de bons rendements surtout en ce qui concerne les tubercules et les arachides. Les terres des bas-fonds à surface sableuse peuvent être très appauvries.
Ces terres sont utilisées pou la culture du bananier plantain, du macabo, du taro, de la patate douce, de l’igname, du maïs, de l’arachide, de l’ananas et du cacaoyer.
Comment les fertiliser ?
Les terres des savanes péri- forestières ont des besoins modérés en azote et en potasse, mais plus importants en phosphore et en magnésium. Le redressement de ces terres passe par une bonne gestion de la matière organique qui sera avantageusement complétée par une fumure minérale adaptée à la plante mise en culture. A ce propos, on s’inspirera avec profit des recommandations des paragraphes précédents en fonction des cultures.
Exemple d’engrais à utiliser : application des résidus de récoltes et de divers végétaux. Application d’engrais binaires, ternaires ou quaternaires disponibles sur le marché camerounais, complétés par un apport d’oligo-éléments (même sous forme liquide) en tant que de besoin.
5.2 Les terres rouges moyennement désaturées sur roches acides
Ces terres sont localisées dans les départements de la Mefou-Afamba, Mefou-Akono, Haute-Sanaga, Lekié (Obala, Sa’a, Batchenga), Nyong et Mfoumou et du Mbam et Kim (Ntui). Autour de Yaoundé, elles concernent les localités de Mbankomo, Ngoumou, Akono, Bikok, Mfou, Dzeng. Elles se prolongent vers Akonolinga, Ayos et Abong-Mbang.
Caractéristiques et utilisation
La formation végétale dominante recouvrant ces terres est une forêt semi-décidue fortement secondarisée et parsemée de plages herbacées) à Pennisetum. Ce sont terres profondes et bien drainées. Leurs propriétés chimiques sont comparables à celles des terres jaunes des savanes péri-forestières (§51).
Ces terres sont utilisées pour la culture du bananier plantain, du macabo, de la patate douce, de l’igname, du maïs, de l’arachide, de l’ananas et du cacaoyer.
Comment les fertiliser ?
Les terres moyennement désaturées ont, comme les précédentes (§51), des besoins modérés en azote et en potasse, mais plus importants en phosphore et en magnésium. Concernant la suite des recommandations pour la gestion de leur fertilité (y compris les engrais à appliquer, le lecteur voudra bien se référer au paragraphe précédent (§51).
5.3 Les terres fortements désaturées rouges et jaunes
Ces terres sont localisées dans les départements du Mfoundi, du Nyong et Soo, du Dja et Lobo, de la Mvila, de la Vallée du Ntem jusqu’à le frontière avec le Gabon. Elles s’étendent également vers l’Est d’Abong-Mbang jusqu’à Moloundou. Elles ont une extension vers le Nyong et Kelle et une partie de la Sanaga Maritime. Ces terres concernent pratiquement toute la région forestière des Régions du Centre, du Sud et de l’Est.
Caractéristiques et utilisation
Ce sont des terres de très faible valeur agricole. Elles sont généralement très profondes et bien drainées, avec parfois un horizon gravillonnaire ou une cuirasse ferrugineuse à faible profondeur. Elles ont une acidité élevée qui accentue leur pauvreté en bases échangeables. Ces sols sont pratiquement en tous les éléments nutritifs et nécessitent d’importants apports d’engrais. Des rendements appréciables ont ainsi obtenus sur ces terres moyennant quelques amendements, pour le palmier à huile, l’hévéa, le cacao et même le café robusta. Les terres des bas-fonds sont plus acides et plus appauvries.
Ces terres sont utilisées pour la culture du bananier plantain, du manioc, du macabo, de la patate douce, de l’igname, du maïs, de l’arachide, et autre cultures de rente telles que le cacaoyer, le palmier, huile et l’hévéa.
Comment les fertiliser ?
La faible capacité d’emmagasinage de ces terres impose l’application des résidus végétaux et, d’amendement calcique (à cause de leur déficience en calcium et en magnésium), et un fractionnement judicieux des engrais, surtout en ce qui concerne l’azote et le potasse qui doivent être fractionnés même pour les cultures à cycle court.
Le phosphore peut également être apporté en plusieurs fractions sur les terres les plus rouges. Les doses totales apporter par hectare peuvent être de 100 = 140 kg de N, de 80 kg de P2O5, et 100 kg de K2O réparties en trois applications ou plus en fonction de la durée du cycle de la culture. Sur ces terres acides et pauvres, un apport de calcium et magnésium (180 – 80 kg/ha/an de Ca-Mg) est vivement conseillé en plus de la matière organique. Quant à la nutrition spécifique des plantes, se reporter aux paragraphes précédents.
Exemple d’engrais à utiliser : Matières organiques diverses, Dolomie, phosphate bicalcique, nitrate de calcium, DAP, et autres engrais binaires, ternaires ou quaternaires disponibles sur le marché camerounais.
ARACHIDES
L’arachide, a pour nom spécifique Arachis hypogaca. C’est une plante de la famille des léguminosées (favacées) de la sous famille des papilionacées. L’arachide est cultivée dans toute la zone intertropicale. C’est une plante rustique et plastique, cultivée surtout pour ses graines (appelées cacahouètes), riches en lipides et en protéines.
La culture de l’arachide a un impact sur les plans :
• agronomique : plante enrichissante pour le sol, elle peut être d’un grand apport dans les rotations culturales ;
• nutritionnel : c’est un oléo-protéagineux et peut contribuer à la réalisation de rations alimentaires équilibrées. En ce qui concerne l’athérosclérose, le rôle des acides gras mono-insaturés, prédominant dans l’huile d’arachide comme dans l’huile d’olive a été démontré ;
• économique : la large gamme des produits et sous-produits de l’arachide et leurs multiples usages font de l’arachide une culture très demandées sur le marché.
1 - Conditions favorables à la culture de l’arachide
L’arachide cultivée peut être rampante ou à port érigé. Sa taille varie de 20 cm à 70 cm. Elle produit des gousses qui se froment dans le sol. Son cycle cultural varie selon la variété et va de 90 jours (variétés précoces) à 120 jours (variétés semi-tardives) et même à 140 jours (variétés tardives).
L’arachide est bien adaptée des climats chauds et se développe très bien sous des températures comprises entre 23 et 35°C, avec un optimum autour de 30°C. Cependant, elle supporte très mal de fortes variations de température.
Bien que très peu exigeante en eau, l’arachide requiert une certaine quantité d’eau lors de la levée des semences et au moment de la floraison. Une pluviosité comprise entre 400 et 1200 mm est suffisante pour mener à bien la culture. Afin de favoriser la maturation et la récolte, il est préférable de que la dernière partie du cycle soit plus sèche.
Le sol doit permettre un bon drainage et de bonnes conditions d’aération, une pénétration facile des racines et gousses en formation, et faciliter l’arrachage des gousses au moment de la récolte. C’est pourquoi les sols sableux et les sols légers et meubles sont les mieux indiqués pour la culture de l’arachide.
2 - Etapes de la culture de l’arachide
2-1 Préparation du sol
Afin de nettoyer le sol, de l’ameublir et de retarder au maximum la levée des mauvaises herbes, il faut défricher et entasser les débris végétaux, puis labourer le sol avec une houe) une profondeur inférieure à 15cm. Ces opérations doivent être faites au cours du mois qui précède les premières pluies. Dès les premières pluies, ou juste avant, on brûle les débris végétaux et répand la cendre dans le champ.
2-2 Semis
Semer des les premières pluies. Ceci permet de profiter au mieux de l’eau disponible au cours de la saison pluvieuse, et favorise une bonne production. Quelques dates indiquées au Cameroun :
- Sud Cameroun : - du 15 au 30 mars pour la première campagne
- du 15 au 30 août pour la deuxième campagne
- Nord Cameroun : - du 25 mai au 10 juin
Semer une graine par trou et la profondeur de semis doit se situer entre 3 et 5cm, en respectant les écartements de 40 à 60cm entre les lignes de semis et de 15 à 20cm entre poquets sur une ligne, ce qui nous donnera une densité de 90 000 à 110 000 plants par hectare ou 900 à 1100 plants sur la parcelle de 10m x 10m (100m2).
Pour semer, enfoncer légèrement la semence dans le sol avec son doigt, ou déposer la semence sur le sol et la recouvrir avec une fine couche de terres.
Quelle quantité de semences à l’hectare ?
Il faut 70 à 80kg pour ensemencer un hectare
Préparation des semences
Afin de protéger les semences contre les insectes et autres déprédateurs, il vaut mieux conserver les semences d’arachide dans les gousses, et les décortiquer le plus tard possible avec les semis.
Dans le littoral camerounais, les semences sont trempées la veille ou le matin du jour du semis. Cette méthode permet de lever la dormance de la graine avant sa mise en terre. On obtient parfois des levées en 3 ou 4 jours avec cette méthode, si le sol est humide.
2-3 Entretien de la culture
L’arachide n’aime pas les mauvaises herbes. C’est pourquoi on doit prévoir 2 voire 3 désherbages (sarclage et binage).
- 1er sarclage : 1 à 2 semaines après le semis
- 2ème sarclage : 2 à 3 semaines après le premier
- 3ème sarclage/binage : selon l’enherbement
N.B. Il ne faut pas biner après la sortie de gousses
Fertilisation
L’arachide peut très bien se développer en utilisant les éléments minéraux du sol. C’est pourquoi la fertilisation minérale ne devrait avoir lieu qu’à très faible dose, afin de remplacer les éléments utilisés par les cultures.
Cependant, elle est nécessaire en cas de carences et peut permettre d’améliorer la production de l’ordre de 5%.
3- La récolte
Récolter lorsque les graines arrivent à maturité et que l’intérieur de la coque devient rouge brun. A ce stade, le feuillage fane et les graines à l’intérieur des gousses sont bien détachées.
Déterrer alors délicatement les pieds d’arachide et arracher les gousses. Les étaler ensuite au soleil, afin de les sécher.
On peut s’attendre à un rendement entre 1000 et 1500kg à l’hectare, si la culture a bien été suivie.
Il faut entretenir un champ propre, ainsi que ses alentours. Les variétés les plus tardives sont plus résistantes aux maladies.
4- Conservation et transformation
L’arachide se conserve séchée. Les graines peuvent être consommées sous cette forme, ou bouillies ou encore grillées. Elles peuvent être écrasées pour la préparation de la sauce d’arachide ou mélangées à des légumes.
4-1 Extraction d’huile d’arachide
L’huile d’arachide peut être à froid : les graines ne sont pas grillées, mais plutôt séchées et pressées.
4-2 Obtention de la farine d’arachide
Les graines sont séchées à haute température et écrasées jusqu’à obtention d’une poudre fine, laquelle peut être utilisée pour la préparation de la bouillie d’arachide ou même pour la fabrication de yaourt très riche en protéine. Cette méthode requiert un matériel industriel très lourd et pas encore à la portée de tout le monde.
5 Informations générales
Contrairement à d’autres cultures,, l’arachide se développe bien en association culturale. De nombreuses cultures peuvent être associées à l’arachide ; notamment le maïs, le manioc, le sésame, la pomme de terre, le coton, le tabac, le mil. Cependant, la rotation des cultures permet de casser le cycle d’évolution des déprédateurs de certaines cultures.
L’arachide enrichit le sol en azote dans l’atmosphère et minéralisé capté au milieu de ses nodosités. En ce qui concerne les semences, il y a des variétés localisées qui sont adaptées) des conditions données. Il est important de trier avant de semer. Par contre il y a les variétés améliorées telles que ; A z b, 55-437 RMP – 91, K1332-78, A26 et M513-371.
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 hectare
A. Tableau d’amortissement des investissements
Equipements/Investissement Coût F CFA Nombre de campagnes d’usage Amortissement par campagne
(F CFA)
Machettes 2 500 4 625
Houes 3 000 4 750
Cordeau 4 500 3 1 500
Limes 1 500 2 750
Bâches 10 000 6 1 667
Pulvérisateur 47 000 6 7 834
B. Compte d’exploitation prévisionnel (1 campagne)
B.1 Équipement/Investissement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE PRIX TOTAL
Machettes 4 625 2 500
Houes 6 750 4 500
Cordeau 1 1 500 1 500
Limes 4 750 3 000
Bâche 2 1 667 3 334
Pulvérisateur 1 7 834 7 834
TOTAL 22 667
B.2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 40 h / j 1 500 60 000
Piquetage 3 h / j 1 500 4 500
Labour 30 h / j 1 500 45 000
Semences 80 h / j 6 00 48 000
Semis 10 h / j 1 500 15 000
Sarclage/binage 25 h / j 1 500 37 500
Insecticides 2 l 8 000 16 000
Traitement Divers 1 h / j 1 500 1 500
Récolte 10 h / j 1 500 15 000
Conditionnement 15 sacs 500 7 500
Transports divers 15 sacs 500 7 500
Imprévus 10 000
TOTAL 267 500
Production Totale : 1 500 kg
Recettes : 1 500 kg x 400 F = 600 000 F
Dépenses : 267 500 + 22 667 = 290 167 F
Bénéfices : 600 000 – 290 167 = 309 833 F CFA
Cacao
Originaire d’Amérique latine, le cacao (Théobroma cacao) est une plante ligneuse pérenne (arbuste) de la famille des sterculiacées. Il est principalement cultivé pour ses fruits (cabosses) dont les fèves (graines) sont très riches en amidon, en protéines et en matières grasses. La caféine et la théobromine présentes dans la pulpe sont des substances stimulantes. Les fèves de cacao ont une forte teneur en huile essentielle qui leur confère une saveur aromatique particulière.
Les fèves de cacao servent à la préparation du chocolat. On peut aussi en extraire du beurre et de la poudre de cacao. La pulpe sucrée qui entoure les fèves peut être consommé directement ou servir à la préparation de boissons alcoolisées très appréciées.
Toutefois, la cacao culture reste une culture essentiellement destinée à l’exportation. Et malgré la baisse du cours du cacao sur le marché international (du fait de (l’abondance des cabosses, et la découverte et la production de certaines substances de substitution dans les pays industrialisés), la demande reste forte.
1- Conditions favorables à la culture
Le cacao est une plante forestière de basse altitude (moins de 1200m). Originaire des régions tropicales, il affectionne les climats chauds avec des températures moyennes annuelles comprises entre 21 et 28°c, avec cependant un optimum autour de 25°c. Le cacao ne supporte pas des amplitudes thermiques quotidiennes supérieures à 10°c. Il nécessite une forte pluviosité supérieure à 1800mm par an bien répartie tout le long de l’année.
Théobroma cacao préfère des sols meubles, légèrement acides (pH de 6à7, profonds et riches. Il redoute les sols caillouteux à cause de son système racinaire pivotant et profond.
Il entre en production après 4 à 5 ans, les variétés précoces commencent à produire à partir de 2 à 3 ans. Le cacaoyer peut produire 2 fois par an, pendant 30 ans. Dès l’émission des fleurs, il faut 150 à 180 jours (5 à 6 mois) en moyenne avant la maturité des cabosses.
2- Étapes de la culture
2.1 La pépinière
Une ombrière de 2 à 2,5m de haut entourée d’un grillage afin de protéger les jeunes plants des rongeurs. Les plants peuvent être semés directement qu sol (pratique peu recommandée) ou dans des pots constitués de sachets de terre noire. Lesdits sachets doivent être perforés sur moitié inférieure. Si la terre est trop lourde, mélangez la avec du sable, afin d’obtenir une bonne texture permettant l’aération et la circulation des racines. Remplir les sachets à ras bord.
Semer une fève dans chaque pot, en le disposant à plat à environ 1 cm de profondeur. On peut également disposer de manière à ce que la partie de la fève rattachée au rachis interne, de la cabosse (le hile) soit orientée vers le bas. Arroser abondamment et disposer les sachets avec un écartement de 7 à cm entre eux. Laisser des allées de 60 à 70cm dans la pépinière afin de faciliter la circulation.
Prévoir environ 80m2 de pépinière, 2500 fèves, à raison de 25 pots au m2 ; cela correspond à 50 à 60 cabosses pour un ha de plantation.
Les fèves germeront à partir du 5ème jour et le séjour en pépinière peut durer 6 à 8 mois.
N.B : le pouvoir germinatif du cacao diminue rapidement dès que les cabosses sont cueillies. 4 semaines après, les fèves ont perdu tout leur pouvoir germinatif. Vous devez donc semer 24 à 72 heures au plus tard après la cueillette.
Veiller choisir des cabosses saines, ne présentant aucune tâche ni trace de piqûre, ni d’attaque de champignon ou de pourriture, les cabosses doivent cependant être mures et en prélever sur des pieds ayant produit beaucoup.
Après avoir extrait les graines de leurs cabosses, les démucilaginer par lavage à grande eau, puis en les frottant dans du sable fin. Éliminer les graines plates, trop petites ou germées.
Les opérations d’entretien de la pépinière consistent en un arrosage abondant tous les 2 jours, un désherbage régulier, la lutte contre les insectes piqueurs suceurs(psylles), les chenilles défoliatrices et conte la fonte de semis.
Diminuer progressivement l’ombrage 1 mois avant la transplantation pour accoutumer les plants à un éclairage plus fort.
2.2 Préparation du terrain
Commencer à préparer le terrain 1 an avant la mise en place définitive
-Débroussailler pendant la saison sèche le sous bois et abattre, en laissant cependant quelques arbres qui apporteront de l’ombre.
-Piqueter les emplacements de trous de plantation en respectant les écartements choisis : 4 m + m en quinconce, 3 m + 3 m ou 2,5 +2,5 et 40cm de profondeur et à 40 à 70 cm de coté.
-Reboucher entièrement les trous, après y avoir déposé du fumier ou tout au moins de la bonne terre humifère. Éviter la formation des cuvettes au fond de ces poquets.
2.3 La mise en place
-Mettre en place 2 à 3 semaines de pluies (6 à 8 après la mise en pépinière)
-Sélectionner les plants les plus vigoureux et laisser les restes en pépinière.
-A l’aide d’une houe ou d’une pelle, ouvrir un trou aux dimensions de la motte au centre des poquets précédemment bouchés.
-Transplanter chaque jeune plant avec sa motte venue de la pépinière, après avoir enlevé le sachet le recouvrant.
-Ramener la terre autour du pied et tasser fermement en maintenant le collet au-dessus du niveau du sol. Un tassement insuffisant risque de causer de nombreuses pertes.
-Pailler le sol afin de maintenir l’humidité. La paille ne doit cependant pas toucher le collet.
La densité de plantation est donc fonction du sol, de la variété du climat et du choix du producteur. Elle varie de 625 à 1800 plants à l’hectare, suivant l’écartement choisi.
-4 m + 4 m pour 625 plants à l’ha.
-3m + 3m pour une densité de 1111pieds à l’ha
-2,5 m + 2,5m pour 1847pieds à l’ha.
Cependant l’espacement 3 m+ 3 m est le plus conseillé. En effet, il permet une circulation plus aisée dans la plantation, limite l’infection par les maladies (pourritures brunes) et permet d’obtenir de bons rendements.
2.4 Entretien de la cacaoyère
-Remplacer les plants manquants dès que l’on constate la mort ou la mauvaise reprise des cacaoyers transplantés.
-Couper la végétation naturelle tous les trois mois en laissant la matière organique du sol
Régler progressivement l’ombrage en supprimant les branches et les feuilles d’arbres.
Drainer l’eau dans la cacaoyère s’il y a stagnation.
-Faire régulièrement la récolte sanitaire, en éliminant les cabosses pourries et sèches, et les branches sèches, en les faisant brûler en dehors de la cacaoyère.
Fertilisation
Apporter chaque année 500gpar pied de NPK (10- 10-20). Épandre en couronne autour du pied entre 5 et 30cm de diamètre au début de la plantation.30 à 60cm à 2 ans et 60cm à partir de 4 ans
NB le cacaoyer a rarement besoin d’azote (N) mais beaucoup plus de phosphore et du potassium.
3- Récolte
La récolte se fait en saison sèche quand les cabosses commencent à mûrir (jaune)
-A ce moment, couper les pétioles avec une machette bien tranchante.
-Transporter les cabosses à l’aire réservée à la fermentation des fèves. Casser les cabosses et verser les fèves dans le bac à fermentation ou en tas sur l’aire de fermentation
-Laisser fermenter pendant 4 à 6 jours.
-Étaler dès lors les fèves fermentées sur l’aire de séchage.
Le rendement escompté est de 300 à 1000kg de fèves commercialisables par hectare
Maladies et ennemis
Maladies et ennemis Symptômes –dégâts Observations –solutions
Pourriture brune des cabosses (Phytophtora) -tache brunes qui progressent jusqu’à couvrir toute la cabosse. La phase explosive se traduit par couverture de mycélium La pourriture brune se développe en saisons des pluies et peut entraîner jusqu’à 95 %de perte de récolte.
Priorité à la lutte non chimique : pour cela il faut :
Aérer le champ par la taille des cacaoyers et des plantes d’ombrages, ceci pour diminuer l’humidité qui favorise le développement de la pourriture brune.
Récolte sanitaire : en éliminant régulièrement les vieilles branches et cabosses momifiées les cherelles (petites cabosses) et cabosses attaquées
Compléter avec la solution chimique
L’utilisation des fongicides doit être préventive. Dont la première application se fait dès que les cherelles ont 2 à3 cm (1 sachet dose ou une mesure dose de 50g par pulvérisateur de 15 litres d’eau
Continuer les applications des fongicides jusqu’à maturation et à intervalles réguliers (21 jours pour les fongicides systémiques et 14 jours pour les fongicides de contact)
Pourridié Les racines du cacaoyer pourrissent
Provoque le dessèchement rapide de l’arbre -arracher soigneusement les arbres atteints et les brûler
-Les psylles sont des insectes qui présentent un aspect cotonneux.
Tout comme les capsides, ils s’attaquent aux jeunes poussent de feuilles et de rameaux.
Capsides et psylles Dessèchement des feuilles et des rameaux, entraînant un vieillissement rapide des cacaoyers (dessèchement dû aux piqûres des capsides et des psylles)
-Les capsides se nourrissent aussi sur les cherelles et les cabosses d’où de nombreuses tâches noirâtres Il existe plusieurs formulations d’insecticides pour la lutte chimique contres ces insectes
Punaise Helopeltis Les cabosses ont des tâches noirâtres, des déformations et la peau est dure à l’écabossage. Il existe plusieurs formulations d’insecticides pour la lutte contre ces insectes.
Chenilles Feuilles rongées entraînant une défoliation rapide Utiliser un insecticide de la famille des pyrethrinoïdes
NB : insister sur la protection contre la pourriture brune et les capsides, lesquels causent des dégâts énormes et peuvent entraîner une perte de production de l’ordre de 95%. Pour ce, veiller à entretenir votre cacaoyère propre, à effectuer autant que possible des récoltes sanitaires et) toujours régler l’ombrage.
IV Conservation et transformation
L’industriel chocolatier souhaite des fèves de cacao qui sont :
Aussi sèches que possibles, pour faciliter la conservation
Aussi riches que possibles en matières grasses, qui assurent un meilleur goût au chocolat
Aussi homogène que possible sur le plan granulométrique qui permet d’obtenir après torréfaction le goût caractéristique du chocolat.
Toutes les opérations post-récoltes (fermentation, récolte, séchage et stockage) influencent directement la qualité future du cacao.
La fermentation permet de diminuer l’amertume et facilite le développement des précurseurs de l’arome .elle peut être de courte durée 5 à 8 jours en fonction des variétés, du degré de maturité de la cabosse, et du matériel utilisé.
Le séchage a pour but de ramener le taux d’humidité des fèves de 60 à 67%, il peut être :
Naturel (l’énergie solaire) : il demande alors 8 à 15 jours dans les séchoirs ‘remuer au pied les fèves pendant le séchage.
Artificiel, il permet de réaliser une grande économie de temps et de main d’œuvre.
Le stockage doit se faire dans un endroit bien sec, à l’abri de l’humidité ; car la présence d’humidité peut entraîner des attaques de moisissures, ce qui affecterait le goût du cacao.
Récolte et préparation d’un Cacao de qualité
‘Si vous voulez un bon prix, recherchez la qualité’
Les soins qu’on apporte à son cacao sont déterminants pour sa qualité, et donc pour son prix. De la récolte à la commercialisation en passant par la fermentation, le séchage et le stockage, chacune des opérations exige attention particulière et des règles que le producteur se doit de respecter afin d’assurer final de bonne qualité. C’est- à dire un bon goût et une belle couleur. Le producteur (son produit) doit être conscient qu’il est au bout de la chaîne de la filière, au début de tout processus de transformation. Étape à suivre.
1- Récolte
C’est le plus souvent par leur changement de couleur que l’on apprécie la maturité des cabosses, les verts virant au jaune, le rouge virant à l’orange. Il ne faut pas attendre trop longtemps pour récolter une cabosse mûre en raison des risques de pourriture et de germination des fèves. Mais il est plus grave encore de récolter les cabosses avant maturité, car elles influencent très défavorablement la fermentation, fournissant un pourcentage élevé de fèves violettes et ardoisées et réduisant de manière sensible le rendement du cacao sec.
La récolte doit être effectuée à intervalles réguliers, en moyenne de 10 à 15 jours. Là où sévit la pourriture brume, une récolte plus fréquente est nécessaire pour limiter les dégâts de la maladie. Rappelons à ce sujet que toutes les cabosses malades doivent être cueillies et éliminées si elles ne sont pas mûres.
Pendant la récolte, ne pas blesser le coussinet floral qui produira fleurs et fruits des récoltes suivantes. Les blessures ainsi laissées peuvent favoriser la pénétration des champignons parasites dans les tissus de l’arbre et causer d’autres maladies.
La cueillette est faite normalement pour les cabosses directement accessibles, à l’aide d’un couteau ou d’une machette. On utilise pour les plus hautes un outil spécial emmanché à l’extrémité d’une longue perche et qui doit avoir les bords bien tranchants pour permettre de sélectionner le pédoncule du fruit sans endommager l’arbre qui le porte.
3 Ecabossage
L’écabossage doit être réalisé au plus tard 6 jours après la récolte. Séparer les cabosses saines des cabosses pourries pour différencier les grades.
Les cabosses récoltées sont rassemblées au lieu de l’écabossage, si possible près du lieu de fermentation, à proximité d’un trou creusé hors de la plantation. Tout ceci permet de réduire le transport des fèves. Dans la fosse creusée, on y jettera tout les débris des cabosses pourries des récoltes sanitaires. Les précautions ainsi prises permettent la limitation de la dissémination des maladies fongiques (pourriture brune). Le contenu de la fosse sera traité pendant les passages de luttes phytosanitaires. L’écabossage est généralement fait à la main. Le plus simple est de frapper la cabosse à l’aide d’un morceau de bois de manière à briser la coque. On peut obtenir le même résultat en frappant la cabosse d’un coup sec sur une pierre ou sur une bille de bois. L’extraction des fèves se fait facilement à l’aide de deux doigts.
Un homme peut écabosser 1500 cabosses/jour en moyenne.
4. Fermentation
Avant d’être séchées, les fèves fraîches telles qu’elles sont extraites des cabosses doivent subir un ensemble de transformations qui ont essentiellement pou buts :
1. De les débarrasser de la pulpe mucilagineuse qui les entoure ;
2. De provoquer la mort de l’embryon et par conséquent d’empêcher la germination des fèves en permettant leur conservation.
3. D’entraîner de profondes modifications biochimiques à l’intérieur des cotylédons ce qui entraînera une baisse de l’amertume et l’astringence permettra le développement des ‘‘percuteurs’’ (acides aminés libres+ monosaccharides) de l’arome du chocolat
a) Processus de fermentation
Préparation du matériel
-Nettoyer légèrement les caisses de fermentations pour éliminer les odeurs et corps étrangers (tout en préservant les levures nécessaires pour la fermentation)
-Les caisses sont mises sous abris et placées sur des cales, pour protéger le cacao des intempéries et faciliter l’écoulement du jus ;
-Préparer des feuilles de bananiers car elles contiennent les levures qui favorisent la fermentation.
Remarque
1- Les faibles quantités de fèves à fermenter sont sensibles aux températures extérieures et ne s’échauffent que très peu.
2- Les très grosses quantités sont très difficiles à brasser et se fermentent difficilement sans homogénéité.
3- Il est mieux de fermenter une masse de par exemple 350 à 450kg de fèves fraîches ce qui correspond à environ 3600cabosses et à une caisse de fermentation de 75cm x75 cm x75 cm. On obtient alors environ 180kg de cacao (3 sacs de 60kg).
Technique de fermentation
Jours Activités
1er jour
Le soir de l’écabossage -Remplir des caisses jusqu’à 3-5cm des bords, ceci pour éviter l’entrée en fermentation anarchiques des fèves.
-Ne jamais mélanger les fèves fraîches et celles ayant déjà commencé à fermenter, cela risque d’empêcher l’obtention d’une fermentation homogène.
-Aplanir la masse des fèves dans la caisse, en recouvrant de feuilles de bananier dont les levures feront déclencher la fermentation.
-Laisser démarrer la fermentation, pendant 48 heures ;il se produit une élévation de température. La première phase de multiplication de levures a alors lieu.
2è jour -Repos
3è jour -Premier brassage pour homogénéiser les fèves et repartir parfaitement les levures dans la masse en fermentation.
-Tasser de nouveau en recouvrant de feuilles de bananier et en posant des pierres sur feuilles, car ici, la fermentation doit se poursuivre en l’absence d’air au cours de cette 2ème phase. Cette phase doit se poursuivre pendant 48 heures. Il se produit une forte élévation de la températurejusqu’à50°c. les levures transforment le jus sucré en alcool.
4ème jour -repos
5ème jour -Deuxième brassage qui permettra d’introduire de l’air, arrêter la phase de fermentation alcoolique et homogénéiser la masse des fèves.
6ème /7ème jour -Repos
-Arrêter la fermentation en sortant les fèves des caisses. Ceci permet d’éviter le développement des moisissures.
Total du 1er jour au soir- 7ème jour au matin= 6 jours
4. Durant une campagne pour la production d’une tonne de cacao marchand, il faut 3 caisses.
5. Le schéma proposé est un schéma moyen, valable dans les conditions habituelles. Il peut arriver que pendant plusieurs jours, on observe de fortes pluies, des journées brumeuses sans soleil et des températures assez basses, surtout la nuit. Ces basses températures freinent la fermentation, il sera nécessaire d’augmenter sa durée. Mais, il est préférable de produire un cacao légèrement sous- fermenté plutôt que trop fermenté à cause de sa mauvaise odeur et de son mauvais goût.
6 - Séchage
a) But : Ramener la teneur en eau des fèves fermentées de 60% à 6-7%, ce qui va bloquer les réactions enzymatiques et de permettre la conservation du produit marchand ainsi obtenu.
b) Points à retenir
-s’assurer que le produit à sécher est bien fermenté.
-Respecter l’épaisseur de la couche) sécher, 4-6cm pour le séchage naturel et 5-10 cm pour le séchage artificiel.
-Un séchage insuffisant ou très lent peut causer l’apparition, dans certains lots du produit, de fèves violettes compactes, ou des fèves moisies.
-Un séchage très rapide empêche les réactions d’oxydation d’avoir lieu normalement, d’où le blocage de l’acide acétique dans les cotylédons avec pour conséquence, apparition de goût d’excès d’acidité.
-Un séchage lent et progressif est le meilleur et peut avoir lieu lors du séchage solaire ou l’utilisation d’un séchoir de type SAMOAN (par convention).
-Il est nécessaire lors du séchage, de procéder au triage des fèves plates ou germées, aux impuretés.
-Surveiller régulièrement le cacao en prélevant quelques fèves vers la fin du séchage surtout les faire claquer sous la main et en fendre quelques-unes. Cela permet de se rendre compte que le cacao est bien sec aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
c) Mode et technique de séchage
La fève de cacao marchand est considérée comme bien séchée quand, à l’issue de l’opération :
-Sa teneur en humidité se situe entre 6-7%. On peut prélever des fèves sèches entre les doigts et les séparer facilement de leur enveloppe, par simple pression légère.
Le cacao bien séché se conserve et se stocke sans danger d’attaque de moisissure jusqu’au transport vers sa destination finale.
Le séchage de cacao peut être naturel ou artificiel.
Le séchage naturel
C’est le mode le plus simple et le plus fréquemment employé dans les zones de production des régions du Centre, Sud, Est et une partie de la Région du Littoral. Durée moyenne du séchage : 8-15 jours. Ce séchage peut se faire :
-Sur les nattes ou les bâches
-soit encore sur les séchoirs dits autobus constitués d’un abri en bois et couvert des nattes ou des tôles. Ce séchoir se rencontre beaucoup dans les Régions du Sud et de l’Est.
Le séchage artificiel
Dans la Région du Sud-ouest et les départements du Mungo et du Nkam dans le Littoral, les conditions climatiques ne sont pas favorables au séchage solaire. Dans ces régions, on conseille aux cacaoculteurs le séchage artificiel avec les séchoirs de type Samoan.
Le séchoir Samoan fonctionne sur le principe de convention d’air. La chaleur diffusée à travers la buse chauffe l’air tout autour d’elle. Cet air chaud s’élève vers l’aire de séchage où il diffuse à travers la masse de cacao humide mise à sécher.
Stockage
Graine riche en matière grasse, la fève de cacao peut fixer facilement des odeurs étrangères et acquérir ainsi une saveur désagréable qu’aucun traitement ne peut faire disparaître.
Le cacao préparé pour la vente est obligatoirement logé dans un endroit indemne de parasite et de mauvaises odeurs. Les sacs ne doivent pas être posés à même le sol, mais de préférence sur une palette.
Le cacao bien sec est stocké dans des sacs en jute dans un endroit sec et aéré afin de mieux le protéger et le conserver. On le déposera dans un endroit où il n’y a pas de feu ou autre produit d’odeur forte (poisson, tabac, insecticides, pétrole, etc.). On évitera alors au cacao séché de prendre l’odeur de fumée ou de mauvais goût, car le cacao a un très grand pouvoir d’absorption des produits volatils.
Pour éviter de trop long stockage au cours desquels les fèves peuvent se détériorer, il serait conseillé de vendre régulièrement le cacao.
Les fèves indésirables
Les fèves fumées : le cacao est délicat et hygroscopique, c’est-à-dire qu’il absorbe l’humidité de l’air et les odeurs. Ce problème de fèves fumées se produit particulièrement lors du séchage artificiel. Tout un lot de fève peut être contaminé par quelques fèves fumées. Mais attention, les fèves séchées au soleil peuvent aussi absorber l’odeur des feux de bois des villages.
Les fèves moisies : on les reconnaît lorsque les parties internes présentent les traces de moisissures ou de pourritures visibles à l’œil nu. Dès lors que l’on dépasse la barre des 3%, la moisissure donne un mauvais goût au cacao. Les fèves humides ou germées offrent un risque supplémentaire à la moisissure.
Les fèves ardoisées : Ce sont des fèves qui présentent une couleur ardoisée sur la moitié, ou plus de la surface interne du cotylédon. Ces fèves ont subi une altération dans le processus de fermentation. De telle sorte que les précurseurs du goût ne sont pas formés. L’utilisation de ces fèves ardoisées est limitée à la fabrication du beurre. De toute évidence elles sont impropres pour la masse donc pour le chocolatier.
Les fèves mitées : Soit les parties internes de ces fèves contiennent des insectes à un stade quelconque de développement. Soit ces fèves ont été attaquées par les insectes qui ont causé des dégâts visibles à l’œil nu. Le dommage est surtout constitué par une perte de la matière.
Les fèves violettes : Ce sont des fèves insuffisamment fermentées que l’on ne considère pourtant pas comme un défaut. Les fèves violettes, signe d’une sous- fermentation sont même considérées comme une garantie contre l’excès de fèves surfermentées qui peuvent qui peuvent donner un mauvais goût.
Les trois grades du cacao
Le cacao est classé en trois grades selon le nombre et le type de fèves défectueuses.
1. Le cacao de grade 1 doivent être composés de lots homogènes quant à la couleur et) à la grosseur des fèves. Ils ne doivent pas renfermer plus de 3%en nombre de fèves moisies ou en nombre de fèves ardoisées ni plus de 3% en nombre de fèves défectueuses.
2. Les cacaos de grade 2 doivent être composés de lots d’aspect général homogène à la couleur. Ils ne doivent pas renfermer plus de 4% en nombre de fèves moisies, plus de 8% en nombre de fèves ardoisées ni plus de 6% en nombre de fèves défectueuses.
3. Hors standard ; tous les autres cacaos qui ne répondent pas aux normes de grades I et II sont dits de grade III ou hors standard.
Récolte et préparation d’un café de bonne qualité
‘’Si vous voulez un bon prix, mettez la qualité’’
A- Récolte et préparation du café marchand
Un des facteurs qui retient l’attention de l’acheteur est la qualité du produit. L’obtention d’un café de bonne qualité requiert de la part du producteur la maîtrise de certaines opérations techniques, de la récolte à la commercialisation.
Le caféier mis en terre entre en production après 3 ou 4 ans selon les variétés. La floraison est échelonnée, mais il y a généralement 2 à 3 floraisons dans l’année déclenchée par des alternances de brèves saisons de pluies.
Après la floraison, la maturité des céruses intervient après 8 à 9 mois pour l’arabica, et 10 à 12 mois pour le robusta. La production est cyclique avec une alternance de période de forte et de faible production (repos végétatif)
A-1 Café robusta
La récolte du café robusta se fait manuellement grappes, lorsqu’on estime que près de 60 à 70% des cerises portées par l’arbre sont mûres (rouge vif). La récolte est groupée en deux passages.
Après la récolte, la préparation du café s’obtient par le séchage. Les cerises récoltées sont mises à sécher au soleil sur les claies. Suivant l’intensité de l’insolation, cette opération réalisée par le planteur peut durer 6 à 10 jours.
A-2 Café arabica
Contrairement au café robusta traité par voie sèche, l’arabica est traité par voie humide.
La récolte va de fin septembre à fin décembre. Les cerises sont cueillies manuellement une à une lorsqu’elles sont uniformément colorées en rouge vif. En pleine production, la récolte se fait tous les 8 à 10 jours. Notons que la qualité du café est fortement liée à la qualité de la récolte et ce pour les raisons suivantes :
- Les cerises immatures (vertes) donnent à l’usinage des fèves des ridées à pellicule argentée, à coloration pâle après torréfaction et une liqueur peu aromatisée d’un goût âcre et désagréable.
- Les cerises trop mûres (violacées) donnent un goût fruité à la liqueur et une coloration rousse ou argentée/la présence des cerises vertes ou violacées dans la récolte dépréciera le produit fini. Il est alors recommandé aux planteurs de les rassembler et de les traiter par voie sèche, ce qui donne à la limite un café de qualité inférieure.
Les fruits récoltés sont transportés le même jour au lieu de traitement.
Avant de procéder au traitement primaire du café arabica, les cerises récoltés seront triées manuellement (élimination des cerises vertes, des cerises trop mûres, des débris…) et par flottaison (élimination des flottants, des cerises parasitées…).
Seules les cerises lourdes devront être traitées par voie humide. Nous devons remarquer que la préparation des fèves par voie humide comprend trois phases principales :
• Le dépulpage (élimination mécanique de la pulpe des fruits)
• La liquéfaction du mucilage adhérant à la parche par une fermentation humide sous l’eau.
• Le séchage du café parche. La réalisation de ces opérations nécessite des installations ou des appareils appropriés.
Le dépucelage est réalisé au moyen d’un dépulpeur, appareil qui permet d’éclater mécaniquement la cerise et d’expulser les fèves du péricarpe (peau). Bien réglé, c’est-à-dire avec une vitesse de rotation de 120 tours par minute et un litre d’eau par kilogramme de cerises, les fèves sortent sans défauts (blessures, présences importante de cerises entières ou imparfaitement mélangées au café dépulpé…). Voici, à titre d’exemple, quelques rendements de dépulpeur :
-dépulpeur motorisé : 1000kg de cerises par heure
Dépulpeur manuel : 200 à 250kg de cerises par heure.
Fermentation
Après le dépulpage, la parche est toujours revêtue d’un mucilage très adhérant qui doit être enlevé avant le séchage car sa présence prolongera la durée de séchage et pourra même être le siège de post-fermentation, et des moisissures décelables par une mauvaise odeur dégagée au cours du séchage.
Retenons que le café dépulpé amassé en tas ou dans les paniers fermente spontanément, qu’il soit ou non immergé dans l’eau. Il existe deux modes de fermentation :
-la fermentation sous eau
-la fermentation humide avec drainage du jus de fermentation
Mais en milieu paysan, la qualité de l’eau est douteuse et préfère la fermentation humide. Il est important de connaître que la bonne durée de fermentation est celle à partir de laquelle la liquéfaction du mucilage est suffisante pour permettre un lavage correct des fèves. A la fin du lavage, les fèves doivent crisser sous la main.
Au niveau des stations de dépulpage, les fèves lavées sont placées dans les bacs de trempage pendant 16 heures. Cette opération a pour but d’améliorer le démucilage et la couleur du café. Les fèves sont ensuite mises en couches minces à égoutter et à pré sécher sur des claies. Cette opération, d’une durée de 3 à 6 heures, permet d’éliminer rapidement l’eau superficielle retenue par le café parche et d’éviter la post-fermentation et de ramener la teneur en eau des fèves à 47%. Puis viendra le séchage proprement dit d’une durée de 6 à10 jours. A 11%d’humidité, le café sera donc sec, car les fèves seront moites et il leur sera impossible de germer et de fermenter. Retenons qu’un café bien sec sous la dent donne en son clair lorsqu’on le secoue dans la main.
En milieu paysan, le café sec est mis dans des sacs et stocké temporairement dans de bonnes conditions pour attendre la suite du processus dans les usines, à savoir :
-dépulpage
-le polissage
-le triage
-le calibrage
-l’ensachage puis enfin la commercialisation.
Canne à sucre
La canne à sucre a pour nom scientifique saccharum spp. C’est graminée cultivée pour plusieurs raisons :
- sa tige renferme 10 à 18% de jus sucré ou saccharose qui est utilisé pour la fabrication du sucre et des boissons alcoolisées.
- la canne produit des fibres qui sont utilisées dans l’industrie textile.
- Elle est aussi consommée comme fruit (canne de bouche)
- Les feuilles de canne à sucre constituent d’excellents fourrages pour l’alimentation du bétail.
Les sous- produits issus du traitement de la canne sont très utiles :
-la bayasse (résidus ligneux) est utilisée comme combustible/
-la mélasse est utilisée directement ou en mélange à d’autres ingrédients pour l’alimentation des animaux. Elle est aussi utilisée comme fertilisant, à condition de ne pas dépasser 5t/ha
1- Conditions favorables à la culture de la canne
- Le climat : la canne à sucre est une culture des régions tropicales bien ensoleillées. Elle supporte les températures élevées (32-35°c). Avec une température inférieure à 21°c, la croissance de la plante est ralentie. La canne n’aime pas les hautes altitudes, elle se développe bien entre 700 et 1500m. Une pluviométrie moyenne annuelle de 1000 à 2500mm d’eau et une saison sèche de 3 à 4 mois sont des conditions favorables à la croissance de la canne.
- Le sol : les sols légers, profonds et bien travaillés conviennent à la culture de la canne à sucre. Les sols lourds mais qui ont une nappe d’eau profonde (d’au moins 1,50m en saison sèche) sont aussi indiqués pour cette culture.
-durée du cycle : la canne à sucre a deux cycles
.un cycle allant d’1 plantation à une autre ou cycle total qui dure 3 à 10 mois
. Un cycle qui va de la plantation la coupe suivante, qu’on appelle encore cycle de récolte ou cycle annuel qui dure entre 10 et 24 mois.
Quel est le calendrier, et le planning de culture ?
La canne à sucre après récolte, repousse après chaque coupe et donne des soins des productions rentables. C’est une plante pluriannuelle dont le cycle total dure de 4 à 10 ans. C’est une graminée à environnement rigoureux, résistante aux parasites du sol et aux maladies des racines.
Elle peut être replantée sur les mêmes sols sans dommage exagéré. La canne à sucre est donc très généralement cultivée en monoculture. Il est idéal de rompre cette monoculture entre chaque cycle total de la canne par culture dérobée d’engrais vert dont l’effet sur les nématodes est considérable.
Résumé du cycle de la canne à sucre plantation par bouture recouverte de terre.
Levée : germination des bourgeons au niveau des boutures pour donner les tiges primaires et les radicelles.
Tallage : production de tiges secondaires
Floraison : formation des fleurs
Récolte et repousses
Le cycle recommence jusqu’à ce que le rendement agricole soit jugé insuffisant et que l’on procède à une nouvelle plantation par bouture.
2- Étapes de cultures de la canne à sucre
Les techniques de culture de la canne à sucre sont très variées, car elles s’adaptent avec plus ou moins de bonheur aux milieux naturels et humains qui l’environnent : climats, sols, aléas biologiques et développement des infrastructures
La préparation du sol
La préparation du sol doit se faire de préférence avant le début de la saison des pluies, c’est- à- dire vers février mars. La préparation du sol consiste à :
-défricher la parcelle avec la machette.
-ensuite, il faut procéder au labour. Le labour peut se faire à la main ou avec la machine. Quelle que soit la méthode utilisée, le labour doit être profond car la canne à sucre aime les sols qui ont une profondeur d’au moins 40cm.
-après le labour, il faut faire des piquetages avec des écartements de 1 à 1,50m entre 2 lignes successives ensuite, Il faut ouvrir les sillons de 15 à 20cm de profondeurs sur des lignes. La longueur des lignes dépend de la longueur de la parcelle.
Au minimum, la préparation du sol doit aussi détruire les souches de canne anciennes. Au mieux, elle doit aussi tendre à éliminer (même progressivement) des défauts importants que présenteraient les sols : manque de profondeur, manque d’aération…
2-2 Plantation ou semis
Une bonne plantation consiste à mettre en terre, à moindre frais, des boutures saines, vigoureuses et fraîches pouvant permettre, après un démarrage dense, homogène et rapide de la culture, d’atteindre ensuite des rendements très corrects. Une plantation ratée ne se rattrape jamais. Au contraire, après une plantation réussie, les dépenses se réduisent (sarclages) et les rendements seront nettement supérieurs, ce qui permettra souvent d’allonger le cycle d’une récolte précédente.
Après le labour, vous pouvez procéder à l’apport d’une fumure de fond. A cet effet, utiliser juste avant le labour :
-les écumes fraîches que vous enfouissez dans le sol à raison de 10 à 20t/ha
-la mélasse à raison de 5t/ha
Vous pouvez utiliser les engrais verts tels que le styloshante, le cajan cajanus ou du fumier que vous enfouissez dans le sol.
2-2-1 Quelles les qualités d’une bonne semence ?
Tout comme d’autres cultures, la réussite de votre plantation dépend beaucoup de la qualité des semences que vous avez utilisée. Ainsi, vous devez avoir des boutures d’environ30 cm de long qui renferment au moins 3 nœuds.
Vos boutures doivent être saines c’est-à-dire qu’elles ne doivent pas présenter des signes de maladies. Elles doivent être vigoureuses et fraîches et porter 3 à 5 yeux.
2-2-2 Quand faut-il mettre en place ?
En culture pluviale, ce sont des facteurs favorables liés au climat qui déterminent les époques de plantation.
Elle doit se faire au moment des pluies et avant qu’elles ne cessent, de façon à donner aux racines le temps de puiser leur eau en profondeur. Aussi plante-t-on en début des pluies.
2-2-3 Comment mettre en place ?
Il suffit de mettre à plat les boutures dans le fond des sillons, en files simples ou doubles, puis de les recouvrir avec une légère couche (3-8cm) de terre fine.
-planté de cette manière, vous aurez besoin de 4 à 8 tonnes de boutures pour couvrir 1hectare.
-vous pouvez aussi planter les extrémités des cannes en enterrant 2 nœuds, de façon oblique le reste de la bouture étant dehors, à raison de 2 à 3 boutures par butte.
2.3 Entretien de la parcelle
La principale opération d’entretien est le désherbage. Le désherbage peut être mécanique ou chimique (par utilisation des herbicides). Il est surtout nécessaire juste après la plantation car par la suite, quand la canne a fermé, l’obscurité des interlignes et la puissance des racines bloquer toute compétition des mauvaises herbes jusqu’à la récolte. Il est donc important de bien se renseigner auprès des techniciens d’agriculture de votre localité avant toute utilisation d’herbicides.
Attention : l’utilisation des herbicides est très dangereuse et peut endommager toute la plantation si le choix de ces herbicides, ainsi que le moment d’utilisation sont mal choisis.
Le désherbage peut s’effectuer au même moment que le sarclage, 2 à 3 semaines après le semis.
La fumure d’entretien est apportée juste après le sarclage. Cette fumure s’applique dans le sillon 3 semaines après le semis sur des cannes vierges et aussitôt après la coupe ou au début des pluies sur les repousses.
Les engrais simples et très concentrés doivent être préférés car moins chers : urée (46% d’azote), superphosphate et chlorure de potasse. Les engrais sont à mettre le plus tôt possible et leur localisation est importante.
3- La récolte
La maturation échelonnée des champs de cannes à récolter s’obtient en combinant variétés et cycles de culture.
Laisser passer une phase de maturation (la plantation s’assèche un peu, ce qui favorise l’augmentation du taux des sucres dans la plante puis on passe à la coupe manuelle (notre cas actuel) :
La coupe manuelle réalisée avec des machettes ou des grands couteaux pou cela il faut :
-couper la tige au plus près du sol car la partie basse est la plus riche et la repousse sera meilleure.
-couper en haut pour éliminer le bout blanc encore immature et peu sucré (tendre, peu coloré, aqueux)
Épailler (enlever les feuilles mortes) au moment de la coupe
-ranger les tiges de cannes coupées en fagots (10 à 35 cannes)
NB : en général, la coupe de paille (sans enlever la partie apicale) est conseillée. C’est aussi le cas où les planteurs n’ont pas besoin de cette partie pour les extensions de champs ou pour la fertilisation des sols (engrais vert).
La canne à sucre se vend en fagots, ou en petits paquets de 10 -12 morceaux de tiges découpées en longueur de 25- 30cm (aux environs de Buéa).
Quel est le rendement à l’hectare ?
Lorsque la parcelle est bien entretenue, on peut obtenir 15 à 20 tonnes de cannes à l’hectare.
4- Maladies de la canne à sucre et méthodes de lutte
MALADIES AGENT CAUSAL SYMPTÖMES METHODES DE LUTTE
Charbon Champignon ustilago scitalinea -fouet sommital noir
- Tiges longues et fines -utiliser des variétés résistantes
-Effectuer un bain de bouture à l’eau chaude à 52-54°C pendant 20mn ;
-Arracher de la plantation tous les plants atteints et les brûler
-Réduire le nombre de repousses
Mildiou Sclerospora sacchari -duvet sur la face inférieure des feuilles
Rabougrissement de la plante -utiliser les variétés résistantes
-Arracher et brûler les plants malades
-Tremper la bouture pendant 2 heures dans de l’eau chaude à 50°C.
Echaudement Xanthomonas albilineans -lignes et feuilles blanches
-feuillage en forme de coup Utiliser des variétés résistantes
-faire un bain de bouture à l’eau chaude (3 h à 50°c)
-Désinfecter les couteaux
-Arracher et brûler les plants
Pourriture rouge Physalospora tucunanensis -Taches rouges sur les nervures
Tiges rougies
-Levée de bouture médiocre -utiliser des variétés résistantes
-Réduire le nombre de pousses
Rouille Pucinaùelanocephala Petites tâches jaunes devenant oranges pour occuper toute la surface du limbe
-Réduction du rendement
Utliser les variétés résistantes
Maladies aériennes
Gomniose Xanthmonas vascularum Raies jaunes sur les feuilles qui se dessèchent -Utiliser les variétés résistantes
-Désinfecter les couteaux
Rabougrissement des repousses Clavibacter xyli -Vigulis rouges au niveau des nœuds -Bain de boutures à l’eau chaude
-Désinfecter les couteaux
Maladies virales
Mosaïque Sucar cane mosaïc
Virus (SCMV) -Petites tâches allongées irrégulières, non nécrosées sur les jeunes feuilles placées à l’ombre -Faire un arrachage des plants attaqués
Maladies de FIDJI Fidji desease virus
(FDV) -Petites gales jaunies et allongées sur la face inférieure des jeunes plantes
-Feuilles déformées -Utiliser des variétés résistantes
- Pas de traitement
CONCOMBRE
Communément appelé pistache au Cameroun, ‘’Egusi’’ dans le sud-ouest camerounais, ‘’Ngond’’ en Bassa, ‘’Nze’’ en Bangangté, le concombre a pour nom scientifique Cucumis Mani. C’est une herbacée rampante annuelle de la famille des cucurbitacées. Sa tige, ses feuilles et ses racines sont couvertes de poils fins. Ses fruits volumineux et globuleux peuvent atteindre un poids supérieur à 5kg.ils contiennent de nombreuses graines plates blanches qui, avec la pulpe, présentent un intérêt nutritionnel, économique et médical.sur le plan traditionnel, les graines de concombre sont surtout réservées au traitement médical ou aux rites et coutumes. Chez les Bassa, par exemple, le met de pistache est préparé lors des grandes fêtes (mariages deuils…) ou pour la réception des personnes importantes, ou encore en signe d’allégeance et de soumission des femmes à leur mari.
Les graines de concombre ou ‘’pistache’’ sont très appréciées dans l’alimentation des populations. En effet, elles son très riches en protéines et en lipides et servent à la confection sauces ou à la préparation de la pate (mets de pistache (‘’Nam Ngon ‘’ chez les béti).
La pulpe de concombre, bien que très énergique et protéique, a une forte teneur en sels minéraux et en vitamines A, B1, B2 et C.
Les graines de concombre sont excellents vermifuges, en particulier contre le ténia et participent énormément à la purification des organes nobles. L’huile des graines favorise la circulation du sang.
La pulpe de concombre est un bon aliment de sevrage. Elle est conseillée dans l’alimentation des malades d’estomac. C’est un bon diurétique conseillé dans l’alimentation des hypertendus, des insuffisants rénaux et des femmes enceintes ayant les pieds enflés. Elle permet de se protéger contre le cancer de la prostate. C’est aussi un laxatif doux et donc très indiqué dans les cas de constipation.
Les graines de concombre renforcent la désintoxication du foie.
Il est conseillé d’en prendre une dose importante chaque jour : 200 à 400g pour les enfants et 400 à 600g pour les adultes.
Ces multiples qualités en font une denrée particulièrement demandé sur le marché, et économiquement très rentable, pouvant générer d’importants revenus.
1 - Conditions Favorables à La Culture
Le concombre aime bien les climats chauds et humides, avec des températures stables dont la fourchette est de 22 à 23°C. La production optimale est obtenue sous une température oscillant autour de 26°C.
Une pluviosité comprise entre 1000 et 1500mm de pluies est excellente pour la culture du concombre.
Le concombre évolue bien dans la zone septentrionale du Cameroun, ainsi que dans la plaine côtière, les hautes terres de l’Ouest, la forêt dense équatoriale et les savanes à l’Est. Le concombre affectionne particulièrement les sols riches en matières organiques, d’où la nécessité d’enfouir les débris végétaux pendant le labour. Toute fois, le sol doit être léger et bien drainé. Les zones marécageuses et les sols inondés sont à éviter.
2- Etapes de production
2-1 Préparation des semences
Les graines utilisées comme semences proviennent des fruits récoltés à maturité. Dès que les fruits sont récoltés, les graines sont extraites, lavées et exposées au soleil pendant 4 à une semaine. Elles doivent ensuite être stockées dans des calebasses fermées ou dans des sacs e jute à l’abri de l’humidité. Ainsi conservées, les graines peuvent servir, même 4 à 6 ans plus tard.
2-2 Préparation du terrain
Le sol doit être propre et meuble. il faut préparer le sol pendant la saison sèche (janvier à mars). Pour ce faire, procéder au nettoyage (abattage des arbres, défrichement). Faire un labour profond (25-35 cm) en s’efforçant de briser les mottes. Recouvrir les débris végétaux (feuilles, herbes…) de terre. En zone de savane, faire un labour à plat et former les billons.
2-3 Semis
Il faut semer dès que les premières pluies. En général, il faut prévoir 2 à 3kg de semences par hectare. Semer directement en champ dans les trous de 20cm de large. Mettre 3 graines par poquet à 23cm de profondeur. La densité de semis recommandés est de 4000 pieds par hectare, soit des écartements de 2,5 m entre lignes et 1 m entre poquets d’une même ligne. En zone forestière, il faut des écartements de 70cmx 70 cm, ce qui donne une densité de 20 000 pieds/ha
2-4 Entretien de la culture
La levée a lieu 9 à 10 jours après le semis. Le concombre supporte mal l’envahissement des mauvaises herbes. Pour le protéger exécuter les opérations suivantes ;
-Sarclage et binage : 3° jours après le semis, sarcler et biner votre plantation et procéder à paillage (recouvrir le sol des pailles ou d’herbes sèches afin de réduire la croissance des mauvaises et de conserver l’humidité du sol).
-faire des traitements d’insecticides jusqu’à la fin du cycle.
-Procéder à un démariage dès que les plants ont atteint 5 à 10 cm de haut, et ne laisser que 2 plants par poquet. En culture de contre -saison, arroser 2 fois par jour à raison de ½ litre par poquet par jour jusqu’au 30e jour, à 1 litre d’eau par poquet par jour à partir du 2e mois après le semis.
En cas d’attaque d’insectes, appliquer un traitement insecticide + fongicide afin de préserver les plants des levures et autres champignons se développant sur les parties blessées.
Utiliser pour cela un mélange de 15°C de Cypercal et de 30g de Manèbe dans un pulvérisateur de 15 litres.
Protéger autant que possible votre champ de toute visite des rongeurs. Pour cela nettoyer correctement les abords de votre champ et récolter dès la fin du cycle (120 à 140 jours).
Fumure
Le concombre affectionne les sols riches en matières organiques c’est pourquoi il est recommandé d’enfouir tout débris végétal dégradable au moment de la préparation du terrain
Toute fois, une fumure de couverture peut être appliquée et permettrait d’améliorer la production. Appliquer un mélange
3- La récolte
La récolte s’effectue 120 à 140 jours après le semis. Les fruits sont arrachés à leurs tiges et mis en tas, puis on coupe en deux avec une machette exposant ainsi le fruit aux effets du soleil et de la pluie, ce qui accélère le pourrissement des fruits. Une semaine plus tard vider complètement les fruits pourris de leurs graines que vous lavez à plusieurs eaux, puis les étaler sur une bâche, sur des sacs ou à un endroit sec et propre où elles seront séchées par soleil. Le séchage peut durer 6 à 10 jours. Dans une production intensive et très grande, les graines récoltées et lavées sont séchées à l’aide des séchoirs électriques à cacao.
Toutefois, il est préférable de sécher au soleilles graines destinées à la culture, afin de préserver leur capacité germinatrice.
Rendement escompté
Si la culture est bien menée, on peut escompter à partir de 40 tonnes de fruits à l’hectare (50 000 fruits) ou environ 4,5 tonnes de graines à l’hectare.
4- Conservation et transformation
Les graines de concombre se conservent séchées. Elles peuvent être décortiquées (ce qui réduit le travail au moment de l’utilisation). Mais il vaut mieux les conserver dans leurs coques. Lorsqu’elles sont séchées et conservées, à l’abri de l’humidité, ces graines peuvent être conservées 3 à4 ans sans perdre leur valeur.
Les graines peuvent être décortiquées, écrasées et préparées directement dans les sauces pistache, en boule ou en émulsion comme l’arachide et le soja, ou encore mélangées) divers légumes. La pate (mets) de pistache ‘’Nkono Ngond’’, ‘’Nam Ngon’’ (béti) est très prisée au Cameroun.
On peut extraire de l’huile de pistaches laquelle huile facilitera la circulation du sang.
4-1 Préparation de la purée de concombre
Ingrédients : concombre, beurre (2cuillères à soupe), lait (1 verre ordinaire), sel.
-prendre un fruit moyen de concombre, le laver, couper en quatre et enlever les graines.
-faire cuire dans une eau salée. En fin de cuisson, peler la peau légère.
-écraser soigneusement et ajouter le verre de lait chaud et les 2 cuillères à soupe de beurre.
-saler légèrement et tourner jusqu’à obtenir une pate homogène.
Dans cette purées pour nourrisson), l’âge du sevrage, ajouter un œuf cuit, un morceau de poisson frais cuit, ou un morceau de foie cuit et bien sur écraser. Homogénéiser le tout.
4-2 Préparation du concombre sauté
Ingrédients : Concombre, oignon, sel et cube
-laver le fruit, le fendre et 4 et couper chaque morceau en 2
-disposer dans une marmite d’eau salée et faire cuire à feu doux.
-En fin de cuisson épucer et nettoyer l’oignon, le tailler en lamelles et le chauffer dans une cocotte.
-Ajouter de l’huile d’arachide, saler e mettre le cube à l’oignon
-Eplucher le concombre, le couper dans l’huile chaude, tourner légèrement sans écraser.
Le concombre ainsi sauté peut être consommé tel quel ou accompagné de viande grillé ou d’une quelconque sauce
4-3 Traitement du Ténia
-Après avoir épluché les graines de concombre, les écraser et ajouter de la purée d’ananas (fruit fibreux).
-Manger à jeun le matin
-Deux heures plus tard, prendre de l’huile de ricin (2 cuillères à soupe).
5- Maladies du concombre et méthodes de lutte
MALADIE SYMPTOMES METHODE DE LUTTE
Oïdium
Erysiphe cichoracearum -Apparition d’un feutre blanc d’aspect farineux sur les feuilles, et la tige.
-Dessèchement des organes
-Perturbation de la connaissance des tissus végétaux. - Utilisation des Fongicides ès les premières manifestations
Sclerotimiose
Sclerotinia sclerotiorum -Apparition de coques sombres et circulaires à la surface de la tige ou de la feuille -Traitement du sol avec un fongicide (Mejam-Sodium ou Dazome)
-Traitement des plantes avec Benomyl
Anthracnose
Colletotrichum spp -Apparition de nécroses la surface de la feuille
-Les nécroses forment des pustules (acervules) -Pulvérisation de fongicide (Manbe, Mancozebe…)
Autres Ennemis
Nématodes -Flétrissement brusque des feuilles
-Nécrose et mort des feuilles -Pulvérisation au némacides
-Semences saines
Acarien, pucérons, Noetuelles Insecticide (Actellic)
Cercosponiose -Taches arrondies brunes sur les feuilles dont le centre devient gris
-Les feuilles brunissent et se dessèchent -Benalte (25ml/10 litres)
-Mancozan (25 g.10 litres d’eau)
Mildiou -Taches jaunâtres sur les feuilles par temps humide, ces taches se couvrent d’un feutre blanchâtre. La végétation prend un aspect grillé. -Mancozan
-Pelt (10 ml/10 litres d’eau)
Viroses -Dessèchement du contour des feuilles qui prend une coloration brune. Les feuilles deviennent jaunes et le plant flétrit en 03 semaines -Dimetalm
-Endofalm (30 ml/10 litres)
Thrips : Petits insectes piqueurs suceurs qui s’attaquent aux bourgeons -Déformations des bourgeons terminaux et inhibition de leur croissance
-Très importants en saison de pluies -Dimetalm
-Dianizon (20 ml/1à litres d’eau)
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 Hectare
A Tableau d’amortissement des investissements
Equipements/Investissement Cout F CFA Nombre de campagnes d’usage Amortissement par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Plantoirs 5000 4 1250
Cordeau 4500 3 1500
Pelles 2500 3 833
Limes 1500 2 750
Pulvérisateur 47000 6 7833
A- Compte d’exploitation prévisionnel (1 campagne)
B- B-1 Equipement /investissement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 4 625 2500
Plantoirs 3 1250 3750
Cordeau 1 1500 1500
Pelles 3 833 2499
Limes 4 750 3000
Pulvérisateur 1 7833 7833
TOTAL 21 082
B-2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 40 h/j 1500 60000
Piquetage 4 h/j 1500 6000
Trouaison 4000 25 100000
Semences 40 kg 1500 60000
Semis 10 h/j 1500 15000
Epandage compost 2 h/j 1500 3000
Urée 1 sac 9100 9100
Phosphate bicalcique 1 sac 12000 12000
Sulfate de potasse 2 sacs 12000 24000
Sarclage/binage 20 h/j 1500 30000
Insecticides (cypercal) 15 l 8000 120000
Fongicides (Manèbe) 2 sacs 55000 110000
Traitements divers 4 h/j 1500 6000
Récolte 30 h/j 1500 45000
Ecabossage 30 h/j 1500 45000
Conditionnement 80 sacs 500 40000
Transports divers 80 sacs 1000 80000
Imprévus 40000 40000
TOTAL 805100
PRODUCTION
Graines : 11,5% de fruits : 4600kg
Recettes : 4600kg X 400F = 1 840 000F
Dépenses : 805 100F + 21082 = 826182F
Bénéfice : 1 840 000 – 826182 = 1 013818F
GOMBO
Le gombo (hibiscus esculentus) appartient à la famille des malvacées. C’est une culture maraichère dont les fruits récoltés jeunes sont très appréciés dans les potages et les sauces dans plusieurs pays africains. De plus, pratiqué en contre- saison, le gombo procure d’importants revenus aux producteurs.
1- Conditions favorables à la culture du gombo
Le gombo est une plante qui résiste à la chaleur. Il aime la pleine lumière et le soleil. Le gombo se développe bien dans les sols profonds, bien drainés et riches en matière organiques, car il a un système racinaire pivotant. Pour cela, il n’est pas conseillé de cultiver sur un terrain fortement marécageux où l’eau stagne souvent. Le gombo pousse bien dans les bas fonds et dans toute zone où l’approvisionnement en eau est suffisant.
Quelle est la durée du cycle du gombo ?
Le gombo est près à partir de 2 mois après le semis pour les variétés précoces et à partir de 5-6 mois pour les variétés tardives.
2- Etapes de la culture du gombo
2-1 Préparation du sol
La préparation du sol doit se faire au moins 2 semaines avant le semis. Pour cela, il faut labourer le sol à plat ou en formant les billons. Après le labour, il faut procéder au piquetage en respectant les écartements suivants :
- 80cm entre les lignes et 30cm sur la ligne pour les variétés précoces.
- 100cm entre les lignes et 50cm sur la ligne pour les variétés tardives.
- Après le piquetage, il faut confectionner des poquets de 40 à 50cm de diamètre et de 20 à 30cm de profondeur.
- Si vous avez formé des billons, ces billons doivent avoir environ 120cm de large et être espacés les uns des autres de 80cm, avec 30 à 40cm de hauteur.
- Si possible, vous apportez 1kg de compost ou de fiente bien décomposée dans chaque poquet, comme fumure de fond.
NB : Si le fumier n’est pas bien décomposé, les graines peuvent pourrir au sol.
2-2 Comment s’effectue le semis ?
- Attention : la germination des semences de gombo est très capricieuse, surtout lorsqu’elles viennent d’être récoltées. Il est toujours préférable de passer par la pépinière, mais comme les graines sont assez grosses, vous pouvez semer directement. Mais avant cela, il faudra tremper les graines dans de l’eau pendant 24 heures.
- Quelle quantité de semences pour 1 hectare ?
- Il faut 5kg de semences pour à 7 jours ensemencer un hectare.
Comment semer le gombo ?
Vous mettez 3 à 4 graines par poquet, ce qui fera une densité de 30 à 40 000 plants par hectare ou 300 à 400 plants par 100m2 (10 m x10 m pour les variétés précoces. Pour cela, il faut respecter l’écartement de 80cm x 30 cm (80cm entre les lignes et 30cm entre les plants) et 10 à 15 000 plants à l’hectare ou 100 à 150 plants par 100m2 pour les variétés tardives. Pour cela, il faut respecter l’écartement de 100cm x 50 cm (100 cm entre les lignes et 50 cm entre les plants).
La levée a lieu 5 à 7 jours après le semis (démarier lorsque les plants ont 5 cm de hauteur, pour ne conserver que le plant le plus robuste.)
2-3 Quelles sont les opérations d’entretien de la parcelle ?
L’entretien de la parcelle consiste à :
-Démarier les plants : on enlève certains plants pour ne conserver que 1 à 2 plants (les plus vigoureux) par poquet. Cette opération a lieu lorsque les plants ont 5 à 10 cm de hauteur.
NB : si vous êtes passés par la pépinière, le repiquage doit se faire en conservant la motte de terre autour du plant, 15 à 20 jours après le semis, lorsque les plants ont 3 à 4 feuilles.
-arroser : régulièrement au moins 3 fois par semaine en saison sèche avec un arrosoir de 15L, vous pouvez arroser 30 à 35 poquets à raison de ½ L d’eau par poquet ou semis au stade de 4 feuilles. Ensuite vous devez augmenter progressivement la quantité d’eau jusqu’à 1,5 L par poquet dès le début de la floraison jusqu’à la récolte.
-sarcler et butter : le premier sarclage doit se faire 1 mois après le semis et le 2ème ; un mois après le premier. Lorsque la plante a 50 cm de hauteur, il faut faire un buttage en ramenant la terre autour du plant.
Ensuite, il faut faire le mulchiéng (c’est-à-dire étendre une litière de paille de feuilles ou de débris végétaux sur le sol) si possible pour réduire les travaux d’entretien et conserver l’humidité du sol.
Quelle fumure pour le gombo ?
Il est conseillé d’enfouir 3 à 4 kg de fumier, de compost ou de fiente de poules bien décomposées au m2 au moment de la formation des billons. Ou (1 kg de fientes par poquet). Si le fumier n’est pas bien décomposé, les graines risquent de pourrir au sol.
Apporter si possible et directement dans les poquets de plantation un engrais riche en potasse comme le NPK +mg (12-14-19-5) ou le 6-12-26 en évitant que l’engrais ne touche la plante (dose de 3 cuillerées à café par poquet).
1- Quand récolter le gombo ?
La récolte intervient 2 à 3 mois après le semis pour les variétés précoces et peut s’étendre sur un mois. Elle commence 5 à 6 mois après le semis pour les variétés tardives (qui occupent le terrain pendant 12 à 24 mois) et peut s’étaler sur 2 à 3 mois.
Il est préférable de récolter les fruits longtemps avant la maturité, car pour la consommation, les fruits tendres sont les plus appréciés. Pour cela, il faut effectuer un passage tous les 2 jours.
Quel est le rendement du gombo ?
Le rendement moyen est de 5 à 8 tonnes par hectare pour la variété précoce et de 15 à 20 tonnes par hectare pour la variété tardive.
I- MALADIES ET ENNEMIS DU GOMBO ET METHODES DE LUTTE
Nature Symptômes et dégâts Méthodes de lutte
Oïdium et cercosporiose champignon -Taches poudreuses blanches qui apparaissent sur les 2 faces des feuilles
-Le feutrage blanc recouvre progressivement la totalité de la surface foliaire
-Dessèchement et chute des feuilles -Utiliser les variétés tolérantes (Emerald, puso),
-Une parcelle qui vient de recevoir gombo, concombre, tabac, tomate, épinard etc.
-Faire des traitements fongicides à l’aide du Beniate (25 g/10 litres d’eau)
Le flétrissement (due à un champignon vivant dans le sol (la fusariose)) -Feuilles chlorotiques et croissance ralentie
-On constate des stries brunes en sectionnant obliquement les tiges
-Flétrissement des feuilles, parfois d’un seul coté de la tige -Pratiquer une rotation culturale appropriée (excluant le gombo et l’oseille d’au moins 3 ans)
Ennemis
Jassides (insectes piqueurs suceurs que l’on trouve à la face inférieure des feuilles) -Jaunissement des feuilles et enroulement du Limbe vers le haut (en forme de cuillère)
-Le feuillage brunit et meurt en cas de forte attaque -Traiter la culture avec du callidim (10 ml/10 litres d’eau) en veillant à bien mouiller la face inférieure de la feuille
Altises (petits coléoptères de forme elliptique et de couleur brun clair présents à la face des feuilles -Multiples petits trous au milieu des feuilles
-Les dégâts sont surtout à craindre sur les jeunes plantes -Traiter la culture à l’aide d’un insecticide tel que :
1. Callidium (10 ml/ 10 litres d’eau)
2. Ultracide 40 EC (15ml/10 litres d’eau)
3. Dursban 4 E (15 ml/10 litres d’eau) en veillant à bien mouiller la face inférieure des feuilles
Nématodes (petits vers invisibles à l’œil nu qui attaquent et parasitent les racines) -On observe des nodosités au niveau des racines
-Jaunissement progressif des feuilles
-Affaiblissement des plantes -Pratiquer une rotation culturale appropriée
II- Conservation du gombo
La meilleure façon de conserver le gombo, c’est de le récolter à son jeune âge, le découper et le sécher au soleil pendant une à deux semaines. Ensuite, il faut le conditionner dans un sac en jute ou dans de vieilles dames-jeannes.
3- Informations générales
Avec l’évolution de la recherche, il existe plusieurs variétés de gombo sur les marchés, qui présentent chacune, de bons rendements et de bonnes caractéristiques. Voici quelques unes :
Eviter de cultiver le gombo après une culture de gombo, tomate, aubergine, épinard, tabac, oseille. Par contre la culture du mais, haricot, soja peut être effectuée à la suite de la culture de gombo. En cas de maladie fongicide, faire une rotation d’au moins 3 ans avant de ressemer sur la parcelle atteinte.
Variété Rendement (100 m) Longueur de fruits Couleur des fruits Section des fruits
Emerald pop 12 puso 50kg
70g
60g 17 à 22 cm
16 à 20 cm
12 à 16 cm vert foncé
vert pale
vert pale ronde
anguleuse
ronde
CEP Gombo (1ha)
Tableau d’amortissement des investissements
Equipements/
Investissements Cout
(F CFA) Nombre d’année d’usage Amortissement par an
(F CFA) QTE Amort.par année de production
(F CFA)
Machettes 2500 4 625 10 6250
Limes 2000 3 670 5 3350
Houes 1500 3 500 10 5000
Pioches 5300 5 1000 3 3180
Pelles 2500 4 625 3 1875
Pulvérisateur 37500 5 7500 1 7500
Brouette 25000 5 5000 1 5000
Total amortissement des investissements 32155
Commentaire : En supposant que le paysan dispose déjà d’un terrain facilement accessible (situé près d’une route), et que le terrain présente les caractéristiques agroclimatiques favorables à la culture du gombo, il devra
-avoir un somme moyenne de 626250 F CFA pour lancer son hectare de culture : 135 900 F CFA serviront à acheter les outils (équipements) et 490 350 pour le fonctionnement de son exploitation
-comme les outils s’usent avec le temps, il devra épargner à la fin de chaque campagne une somme de 32 155 F CFA pour les renouveler (total amortissement)
-Si l’exploitation est bien suivie, il devra récolter au minimum 50 sacs de gombo par campagne. S’il distribue 2 sacs, soit une recette de 720 000 F CFA par campagne.
- Lorsqu’il enlève toutes les dépenses faites pour produire, il lui reste comme bénéfice net :
-campagne 1 : 93 750 F CFA
-campagne 2 : 197 495 F CFA
-campagne 3 : 197 495 F CFA
Ce qui lui fait un bénéfice total de 488 740 F CFA
Tableau C.E.P. Gombo (1ha)
DESIGNATION DEPENSES ANNEE
CAMP.1 ANNEE CAMP.2 ANNEE
CAMP.3
UNITE QTE P .U
(F CFA) P .T.
(F CFA)
1. Equipements/Investissements
- Machettes Machette 10 2500 25000
- Limes Lime 5 2000 10000
- Houes Houe 10 1500 15000
- Pioches Pioche 3 5300 15900
-Pelles Pelle 3 2500 7500
-Pulvérisateur Pulvéris. 1 37500 37500
-Brouette Brouette 1 25000 25000
Total investissement (1) 135900 135900 32155 32155
2. Fonctionnement
1) Préparation du sol
-Défrichage H/J 35 1000 35000
-Labour H/J 40 1000 40000
-Piquetage H/J 5 1000 5000
-Trouaison H/J 10 1000 10000
2) Mise en place
-Achat semences Kg 30 1500 45000
-Achat fientes de poules Sacs 150 1200 180000
-Achat produits phytosanitaires Forfait 1 30000 30000
-Semis H/J 10 1000 10000
-Traitement phytosanitaire H/J 2 1000 2000
-Epandage fientes H/J 5 1000 5000
-Sarclage/buttage H/J 25 1000 25000
3. Commercialisation
-Achats sacs vides Sacs 50 200 10000
- Récoltes H/J 20 1000 20000
4. Transports divers Forfait 1 50000 50000
Imprévus (5%) 23350 23350 23350 23350
Total fonctionnement (F) 490350 490350 490350 490350
Total dépenses (D=I+F) 626250 626250 522505 522505
Récoltes (R) VENTE GOMBO Sacs 50 kg 48 15000 720000 720000 720000
Bilan de production (B=R-D) 93750 197495 197495
Bilan cumulé 93750 291245 488740
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 hectare
A- Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/Investissements Cout F CFA Nombre des campagnes d’usage Amortissement par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Brouettes 25000 5 5000
Pioche 6500 4 1500
Pulvérisateur 47500 6 7833
Houes 3000 4 750
Limes 1500 2 750
B- Compte d’exploitation prévisionnel (1 campagne)
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 4 625 2500
Brouettes 1 5000 5000
Pioche 3 1500 4500
Pulvérisateur 1 7833 7833
Houes 4 750 3000
Limes 4 750 3000
TOTAL 25833
B.2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 40 H/J 1500 60000
Piquetage 5 H/J 1500 4500
Labour 70 H/J 1500 45000
Semences 5000 g 600 48000
Engrais NPK 15 sacs 1500 15000
Fientes de poules 250 sacs 1500 375000
Pesticides 15 litres 8000 120000
Sarclage/Buttage 50 H/J 1500 75000
Epandage fertilisation 4 H/J 1500 6000
Traitement divers 4 H/J 1500 6000
Récolte 25 H/J 1500 37500
Conditionnement 60 sacs 500 30000
Transports divers 60 sacs 1000 60000
Imprévus 40000
TOTAL 922000
Production Totale : 6000 kg
Recettes : 6000 kg x500 F = 3 000 000 F
Dépenses : 922 000 + 25835 = 947 835 F
Bénéfice : 3 000 000 – 947 835 = 2 052 165 F CFA
GRENADILLE (Fruit de la passion)
La grenadille ou passiflore, communément appelée « fruit de la passion » a pour nom scientifique Passiflora sp. Elle appartient à la famille des passifloracées. Cette plante est une longue liane grimpante pouvant atteindre 50 à 80 m de long. Elle est surtout cultivée pour ses fruits (fruit de la passion). Ces fruits sont consommés en frais, transformés en jus ou en sirop, simple ou en mélange avec le jus d’autres fruits, en glace, en cocktail ou pâtisserie.
La grenadille est de plus en plus demandée dans les grands hôtels restaurants et super- marchés.
I- Conditions favorables à la culture de la grenadille
Il existe plusieurs variétés de passiflores, mais les plus répandues et les plus cultivées sont :
- La variété Edulis ( Passiflora Edulis), et
- La variété Flavocarpa (passiflora flavocarpa)
Ces variétés ont presque les mêmes exigences agroclimatiques. Les passiflores poussent bien dans les régions qui conviennent aux avocatiers et aux bananiers, c’est –à dire une altitude moyenne de 1100 m. Elles se développent mal à moins de 400 m d’altitude. Elles supportent les températures comprises entre 18° et 35°C, mais les températures idéales sont celles comprises entre 26 et 27°C. Une pluviométrie moyenne annuelle de 800 mm est acceptable, mails l’idéal se situe autour de 1500mm, bien répartie dans l’année. Elles aiment les sols argileux, à faible teneur en azote en phosphore.
NB : La grenadille est très sensible à la stagnation d’eau. Par contre, sur un sol bien drainé, elle produit bien, même à plus de 3000mm d’eau par an. La durée du cycle est de 3 à 4 ans.
2- Etapes de la production de la grenadille
2-1 Multiplication
La grenadille peut être multipliée par graines ou par boutures
2.1.1 Pour obtenir les graines, il suffit de ramasser les fruits bien mures qui sont tombés. (Ne jamais cueillir les fruits sur les lianes). En extraire les pépins recouverts de mucilage et les tremper dans l’eau pendant 24 heures. Après cela, laver les graines et sécher les au soleil. Vous avez alors les semences qui peuvent se conserver à 13° C pendant 2 à 3 ans.
Comment semer la pépinière ?
Vous défrichez la parcelle. Vous mélangez la terre meuble avec de la fumure organique bien décomposée (compost ou fiente de volailles), puis vous remplissez les sachets pépinière avec cette terre. Vous disposez ces sachets sous une ombrière construite à cet effet. Vous arrosez les sachets la veille. Puis vous semez, à raison de 3 graines par sachet. La germination a lieu 20 jours après le semis. Mais il faut laisser les plants en pépinière pendant 3 à 4 mois ; entre-temps, vous démariez pour ne laisser qu’un plant par sachet.
2.1.2 Multiplication par boutures
Il s’agit de prélever les boutures sur les plants qui sont en champ, de préférence les prélever vers l’extrémité des lianes. Chaque bouture doit mesurer 25 à 40 cm de long et avoir au moins 3 nœuds. Les boutures devront être placées en pépinière.
2.2 Quelles sont les différentes techniques de culture ?
2.2.1 Plantes associées à d’autres cultures ou aux tuteurs vivants
Ici, la grenadille est plantée entre les lignes d’arbres fruitiers ou de bananier plantain. Ces derniers lui servent de tuteur. Cette technique est à déconseiller car, elle ne permet pas de contrôler les maladies et de récolter facilement. En plus, les lianes de grenadille étouffent les bananiers plantains ou les arbres fruitiers. Enfin, les écartements de semis ne sont définis et le rendement moins bon.
2.2.2 Culture en escalier avec fil unique
Avec un tuteur on amène la plante à rejoindre du fil de fer fixé à 2,20 m du sol. Dans ce cas la distance des plantes sur la rangée est de 4-6 m. En peut de temps il ya une masse de végétation imposante. Ce système est peu rationnel et il est fréquent que les fils se cassent et les tuteurs tombent à cause de charge excessive.
2.2.3 Culture en escaliers avec 2 ou 3 fils
Surtout appliqué en monoculture. Ici, les tuteurs ont 2,50 m au dessus du sol et sont espacés de 5 à 10 m sur la même ligne. Ensuite, on tend les fils de fer d’un tuteur à l’autre, à des hauteurs de 1,50 m- 2,00 m (2 fils) ou 1,50 m : 2,00 m et 2,50 m (3 fils). Ainsi, la plante va grimper dessus en formant un rideau fructifiant avec sarments éloignés de 20 à 40 cm
2.2.4 Culture entreille à T
Elle est toujours utilisée en culture pure : ici, les poteaux sont fixés à 2 m au dessus du sol, avec des tuteurs appropriés. Ensuite, on tend 2 fils horizontaux et parallèles, à une distance de 50 cm l’un de l’autre. Les lianes principales s’élèvent vers ces fils, aidées par le tuteur qui suivent horizontalement les fils. Les lianes secondaires retombent verticalement au sol.
3- Mise en place des plants de grenadille
3.1 Préparation du sol
La préparation du sol consiste en un défrichement de la parcelle.
-Si le terrain n’est pas meuble, vous procédez ensuite à un labour peu profond, en enfouissant les résidus de récolte dans le sol
Si le terrain est meuble, vous pouvez directement passer au piquetage.
Piqueter avec des écartements de 4 m x 3 m (4 m entre les lignes et 3 m sur la ligne). Cela donne environ 834 plants à hectare.
3.2 Quand et comment planter ?
Il faut planter au début de la saison des pluies pour que la plante profite de la longue pluie pour bien s’enraciner. Mais si vous disposez d’un système d’irrigation, vous pouvez planter à tout moment de l’année. Ceci veut dire que les trous doivent être creusés avant le début des pluies. Chaque trou doit avoir une dimension de 40 cm 40 cm (longueur, profondeur).
Avant de planter, vous enlevez le sachet autour de la motte de terre sans casser le plant. Placez les plants dans le trou et remplissez-les avec la terre noire de surface, puis vous tassez légèrement.
NB : La replantation est à déconseiller car en replantant, la plante se fatigue et ne pousse plus bien.
-Si vous êtes dans une zone où le vent est violent, il faut envisager de mettre en place des brise- vents. Vous pouvez le faire en plantant par exemple des arbres fruitiers en ligne, bien avant le début de la plantation.
-Pour renouveler la plantation, mettez de nouveaux plants entre les anciens pour exploiter les tuteurs pendant 2 cycles productifs de 3-4 ans chacun. L’opération de replantation doit être effectuée avant l’arrêt économique de plants (1 an avant la fin de la production.)
3.3 Entretien de la plantation
- Il faut garder la plantation toujours propre. Pour cela, il faut désherber régulièrement (à la machette). Eviter au maximum le désherbage chimique car les passiflores sont très sensibles aux produits desséchants.
-Eviter de faire stagner l’eau au pied des plants, même l’eau d’arrosage. Pour cela il faut :
-butter avant d’arroser, facilite le drainage et l’écoulement des eaux
-Fertiliser les plants, pour cela, donner :
. 50 g d’urée/plant/mois de la plantation jusqu’à 6 mois
. 50 g d’urée + 50 g de 10-10-20/plant/mois de 6 à 12
Maladies Symptômes et dégâts Méthode de lutte
Maladies fongiques causées par des champignons -Apparition d’un feutre blanc d’aspect farineux sur les feuilles et la tige
-Dessèchement des organes
-Perturbation de la croissance -Utiliser les fongicides dès les premières manifestations
Ennemis
Nématodes -Flétrissement brusque des feuilles
-Nécrose et mort des feuilles, baisse de production -Utiliser les Nématicides pour pulvériser le sol.
-Utiliser les semences saines
Termites, pucerons -Mangent les fruits, les feuilles et les tiges -Eviter de laisser ramper les lianes au sol
-Utiliser les insecticides
V- Informations générales
La variété ligularis s’adapte mieux à moins de 1800 m d’altitude. La variété qu’on trouve facilement dans les forets humides jusqu’à 500 m d’altitude s’appelle « variété tropicale ». Cette variété présente une grande résistance aux déchets organiques, étant donné qu’on trouve de vieilles plantes en milieu presque marécageux, en bon état de production. Actuellement, cette variété est en multiplication pour être étudiée comme porte –greffe.
Des possibilités d’hybridation entre différentes variétés existent et actuellement en Australie et aux iles Hawaï, on a obtenu des hybrides entre les variétés Edulis et Flavocarpa pour réunir les qualités productives de Edulis et sa couleur attrayante avec résistance à la fusariose de Flavocarpa et sa grande teneur en acides.
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
(1Hectare)
1 Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/Investissements Cout F CFA Nombre des campagnes d’usage Amortissement par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Brouettes 25000 5 5000
Pioche 5300 5 1060
Cordeau (100 m) 5000 2 2500
Pelles 2500 4 625
Limes 2000 2 1000
Haches 4500 5 900
2 Tableau Compte d’Exploitation Prévisionnel
2.1 Equipement
DESIGNATION UNITE QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes VALEURS AMORTIES 4 625 2500
Brouettes 1 5000 5000
Pioche 3 1060 3180
Cordeau (100 m) 1 2500 2500
Pelles 4 625 2500
Limes 4 1000 4000
Haches 1 900 900
TOTAL 20580
2-2 Fonctionnement
DESIGNATION UNITE QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage H/J 15 1500 22500
Piquetage H/J 6 1500 9000
Trouaison TROU 834 100 83400
Pépinière H/J 1 1500 1500
Ombrière H/J 1 1500 1500
Sachets SACHETS 850 35 29750
Boutures ---------- 850 100 85000
Bourrage sachets ---------- 850 10 8500
Mise en place H/J 4 1500 6000
Engrais SACS 5 12000 60000
Epandage engrais H/J 3 1500 4500
Produits phytosanitaire FORFAIT 1 10000 10000
Traitements phytosanitaires H/J 2 1500 3000
Sarclage H/J 8 1500 12000
Sacs vides SACS 140 300 42000
Récolte H/J 10 1500 15000
Transport FORFAIT --------- 30000 30000
Imprévus 42365
TOTAL 466015
Dépenses totales : 466 015 + 20580 = 486 595F
Production moyenne : 14 tonnes = 14000 kg
Prix Unitaire : 200 F le kg
RECETTE TOTALE 14000 kg x 200 F = 2 800 000 F
Résultat : 2 800 000 – 486 595 =2 313 405 F
HARICOT VERT
Plante herbacée de la famille des légumineuses, le haricot vert est une variété de l’espèce Phasecolus Vulgaris. Il est cultivé pour ses gousses, dont la couleur varie selon les cultivas, du vert pâle ou du jaune (haricot beurre) au vert foncé. Ses feuilles sont aussi consommées dans l’alimentation humaine comme épinard dans les sauces. Récoltées avant la maturité physiologique complète, ses gousses sont découpées en morceau dans les potages et les soupes, ou cuites comme salade ou dans le riz ou d’autres mets.
Sur le plan agronomique, la culture du haricot vert est enrichissante pour le sol à l’intérieur duquel elle fixe l’azote atmosphérique à travers ses nodosités.
Sur le plan nutritionnel, le haricot vert, comme toutes les légumineuses, procure une quantité importante de protéines à son consommateur. Elle possède en outre de très bonnes propriétés organoleptiques, ce qui en fait une culture de plus en plus prisée dans les ménages et sur les marchés.
Cela lui confère une bonne rentabilité économique, à condition bien entendu, que la culture soit bien suivie et les récoltes effectuées à temps.
I- Conditions favorables à la culture
Le haricot vert pousse très bien à des altitudes allant de 660 à 1200 m. il supporte mal les fortes chaleurs, l’excès d’humidité et de vent. Mais cependant, il affectionne les zones à forte variation de température entre la nuit et le jour. Des températures de l’ordre de 30°C le jour, alternées par des températures de 18°C la nuit sont idéales pour sa culture.
Le haricot vert a besoin d’une alimentation régulière en eau, particulièrement lors de la levée, à la floraison et dès la formation des premières gousses et des filets.
Il supporte mal les sols lourds et inondés, le tassement, le mauvais travail du sol et les sols légers et bien travaillés, riches en humus (matière organique), en phosphore et en potasse.
Le cycle végétatif du haricot vert varie entre 68 et 70 jours. La récolte débute entre le 45ème jour et le 50ème jour après le semis et s’étend sur 22 à 23 jours.
II- Etapes de la production du haricot vert
2.1 La préparation des semences
Il existe plusieurs variétés de haricot vert : les variétés naines et les variétés à rames. Les plus recommandées sont : Morel,Afrio, Royalnel, Vademel, Morgan, Molière. Les variétés naines Morel et Afrio sont les plus recherchées sur le marché.
-Choisir de préférence les semences dans des structures spécialisées locales ou étrangères.
-Traiter les semences dans à l’insecticide Marshall ou à l’Actellic 50 g ou 40 ml 100kg de semences). On peut aussi les traiter au Thirame 1,5G/kg de semences) ou au captane (0,75G/kg de semences).
Préparer 70 à120 kg de semences par hectare.
2-2 Préparation du terrain
-Défricher votre champ 1,5 à 1 mois avant le semis. Le nettoyer 4 à 2 semaines avant le semis.
-Effectuer un labour manuel, attelé ou mécanique à la profondeur de 25 à 30 cm, 3 à 2 semaines avant le semis.
-confectionner des planches de 1,20 m de largeur et désinfecter avec du rugby (2 à 4 kg/ha)
2.3 Le semis
Il est préférable de semer sur un sol bien ressuyé 24 à 48 heures après une bonne pluie ou une irrigation par aspersion.
-Semer 3 à4 graines par poquet pour les variétés naines et 4 à 6 graines pour les variétés à rames. La profondeur de semis doit se situer entre 3 et 4 cm.
-Dans le cas d’une production intensive à but commercial, prévoir plusieurs parcelles sur lesquelles on sèmera à l’intervalle de 2 à 3 semaines, compte tenu des pics de production et pour un approvisionnement du marché.
Les densités de semis recommandées sont :
-83 000 plants/hectare soit les écartements de 40 cm entre les lignes et de 30 cm entre les poquets sur une même ligne, pour les variétés naines.
-Pour les variétés à rames, faire des lignes jumelées espacées de 75 cm et espacées entre elles de 1m. Les poquets doivent être espacés de 50 cm sur les lignes, ce qui nous donne une densité de 1440 plants/100m2 (10 m x10 m) ou 14 4000 plants/hectare
Selon les débouchés, prévoir 2 à 3 campagnes :
-1ère campagne : semer entre aout et septembre (culture de saison de pluies)
-2ème campagne : semer de janvier à février (culture de saison sèche)
- le semis pour la 3ème campagne se fait entre mars et avril pour une culture de saison des pluies
2-4 L’entretien des cultures
-Remplacer les manquants (graines n’ayant pas germé au 14ème jour).
-Exécuter 2 sarclage :
-1er sarclage 15 jours après le semis
-2nd sarclage 2 à 3 semaines après le 1er
-Faire le buttage après le second sarclage afin de favoriser l’évaporation de l’excès d’eau le développement des racines l’aération du sol.
-Faire un paillage dans les interlignes (recouvrir le sol de feuilles ou d’herbes sèches) afin de conserver l’eau du sol et de réduire la croissance des mauvaises herbes. Mais ceci, n’est possible que si la parcelle cultivée n’est pas grande et la culture de saison sèche.
-Procéder à un démariage 8 à 10 jours après le semis, en ne laissant que 2 plants par poquet.
-Mettre en place des rames (tuteurs) pour les variétés à rames. Il s’agit dès le 15ème jour après le semis, de piquer obliquement des tuteurs de 2 à 3 m de haut à 5 cm des tiges, et de les relier entre eux par une perche horizontale.
-Arroser abondamment aussi souvent que possible en saison sèche (une fois tous les 3 jours à la levée et une fois tous les 2 jours dès la formation des gousses). Toujours arroser au coucher ou au lever du soleil.
Quelle fumure pour le haricot vert ?
Il est recommandé de ne jamais appliquer d’engrais organique comme fumure de fond avant le semis du haricot vert.
En zone tropicale, la fumure de fond standard préconisée est le 12-6-20 au semis (3 kg/100m2) et l’urée à la floraison vers le 30ème jour après le semis (1 kg/100m2)
La récolte
Elle débute entre 45 et 50 jours après le semis et s’étale sur 22 jours. Elle doit se faire tous les jours par passages alternés (une planche sur deux), de façon à récolter tous les jours pendant 22 à 23 jours.
Récolter de bonne heure les gousses ayant la grosseur indiquée. Eviter de les casser ou de casser les filets en cours.
Le haricot vert doit être trié et calibré au champ. Mettre les gousses dans les paniers ou des sacs, les recouvrir de toile, et les conserver à l’ombre.
Le rendement attendu est de 11 tonnes à l’hectare.
MALADIES ET METHODES DE LUTTE
MALADIE SYMPTOMES METHODES DE LUTTE
Fonte de semis -Dessèchement des plants de la levée -Choix de semences saines
-Traiter les semences au Captane, ou au viri cuivre (0,75/kg de semences)
Graisse de haricot -Tâches vert foncé sur les feuilles et les gousses -Rotation de cultures
-Irrigation régulière
-Traiter des semences avec du cuivre ou du Manesan (150 à 200/kg de semences)
Anthracnose -Tâches noires sur feuilles -Traiter des semences
-Pulvérisation des plants au Manesan (1 boîte de tomate par pulvérisateur de 15 l)
Rouille du haricot -Dessèchement des feuilles -Variétés résistantes
-Pulvérisation du Mancozan, du Polyran ou du Benomyl (1,5 boîte par pulvérisateur)
Blanc du haricot -Tâches blanches au dessus des feuilles -Désinfecter au : Karathane (175g/ha ou 1 boîte de tomate par pulvérisateur)
COMPTE D’EXLPOITATION PREVISIONNEL HARICOT VERT
1000 M
A- Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/Investissements Cout F CFA Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Houes 3000 4 750
Limes 1500 2 750
Pointe de semis 1500 3 500
Paniers 400 1 400
Arrosoir 5500 6 917
Pulvérisateurs 47000 6 7834
Compte d’exploitation prévisionnel ( 1 campagne)
B.1 Equipement /Investissement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 2 625 1250
Houes 3 750 2250
Limes 2 750 1500
Pointe de semis 3 500 1500
Paniers 20 400 8000
Arrosoir 1 917 917
Pulvérisateurs 1 7834 7834
TOTAL 23251
B.2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 3h/j 1500 4500
Labour 4h/j 1500 6000
Semences 10 kg 400 4000
Semis 2h/j 1500 3000
Sarclage/Buttage 8h/j 1500 12000
Arrosage 5h/j 1500 8000
Pesticides 1 L 8000 8000
Traitement divers 1h/j 1500 1500
Urée 0,5 sac 9100 4550
12-6-20 0,5 sac 12000 6000
Epandage engrais 1h/j 1500 1500
Récolte 4h/j 1500 6000
Transports 10000
Imprévus 10000
TOTAL 84550
Production : 1 100kg
Recettes : 1 100 x200 =220 000 F
Dépenses : 84 550+ 23251 =107 801 F
Bénéfice : 220 000 – 107 790 = 112 199 F
IGNAME SUCREE
Appelée discoréa dumetoum par les hommes de science et sweet yam ou sugar yam dans la zone anglophone du Cameroun, l’igname sucrée appartient à la famille des dioscoreacées. Elle joue un rôle essentiel dans l’économie des agriculteurs : grâce à ses tubercules souterrains riches en amidon, l’igname sucrée constitue l’aliment par excellence pour combler le déficit en énergie dans de nombreux ménages. Sa farine peut substituer la farine de blé dans les boulangeries. Les résidus de récolte d’igname constituent d’excellents fourrages pour les animaux, ou alors, sont utilisés comme fumure organique.
I- Conditions favorables à la culture
L’igname sucrée se développe sans problème dans l’intervalle de 0 à 1500 m d’altitude et à une température moyenne de 23 à 25°C. C’est une plante exigeante en eau dans les 5 premiers mois de sa culture mais ne supporte pas les inondations et l’accumulation d’eau : une pluviométrie annuelle supérieure à 1500 mm convient pour sa culture. L’igname sucrée aime les sols profonds, bien meublés, riches en matières organiques et en potassium. La limite de la forêt tropicale et de la savane constitue le milieu le plus favorable pour sa production. Au Cameroun, sa zone de prédilection est le Nord, le Sud-ouest, une partie de l’Ouest, le Centre (Mbam). La durée du cycle de l’igname sucrée varie entre 7 et 10 mois.
II – Opérations culturales de l’igname sucrée
2.1 Préparation du sol :
Elle consiste à :
-Défricher la parcelle
-Labourer le sol et former les billons ou les crêtes buttes). Les buttes peuvent avoir 20 à 40 cm de hauteur et 1,2 à 1,5 m de diamètre.
-Enrichir si possible les billons ou les buttes en fumure organique bien décomposée (résidus de récolte, fiente de volaille…)
NB : La préparation du sol doit se faire avant les premières pluies (au mois de novembre –janvier), et de préférence sur un terrai en jachère ou ayant supporté la culture des céréales.
2.2 Semis :
2.2.1 Semences
Les semences d’igname sucrée sont des tubercules entiers ou des fragments de tubercules. Au cas où vous voulez utiliser des fragments de tubercules, il faudra la découper en 4 ou 6 morceaux selon la taille du tubercule mère, en laissant sur chaque morceau une partie de la section extérieure apicale (tète).
2.2.2 Comment traiter les semenceaux ?
En les trempant dans une solution d’eau + fongicide (le Manèbe ou le Beniate, par exemple) et sécher (pendant 24 à 48 heures) à l’ombre avant de semer. La solution peut être constituée de 4 poignées de centre + 10 g de Beniate dans 5 litres d’eau.
2.2.3 Quand et comment semer ?
Le semis peut avoir lieu avant, ou en début de la saison des pluies. Plus on plante tôt, plus les rendements sont bons. Vous semer à des écartements de 1 m x1 m (1 m entre les lignes et 1 m entre les plants sur la même ligne) ce qui donne une densité moyenne de 10 000 plants à l’hectare.
2.2.4 Quelles sont les opérations d’entretien de la parcelle ?
- Le désherbage : le désherbage de la parcelle est très important pendant les 3 premiers mois après la plantation. Cela doit se faire par le sarclage. Il faut 3 à 4 sarclages pendant l’année.
- Le buttage : le buttage consiste à ramener de la terre au pied des plants pour favoriser le bon développement des tubercules. Cette opération est très importante pour la culture de l’igname. Elle intervient juste après la levée et peut se faire au même moment que le sarclage (2 à 3 mois après la plantation).
- Le tuteurage : contrairement à d’autres variétés d’ignames, le tuteur est facultatif pour l’igname sucrée, mais il est conseillé de le faire car, cela supporte la plante, augmente le rendement et facilite les opérations d’entretien de la parcelle.
- Apport de fumure : Afin d’avoir de bons rendements, il est conseillé d’apporter au sol de la fumure (organique ou minérale) comme toutes les plantes à tubercule, l’igname sucrée a besoin de beaucoup de potassium. Vous pouvez par exemple utiliser l’engrais ‘’spécial tubercules’ disponible dans les magasins spécialisés, ou encore le 12-6-20 à raison de 200kg par hectare.
- NB : Cet apport devra se faire au moment du buttage
III- Quand et comment récolter l’igname sucrée ?
L’igname sucrée est une plante délicate. Vous pouvez perdre la production si la récolte est effectuée très tardivement. Ainsi, la récolte a lieu 8 à 10 mois après le semis (à partir du mois d’aout).
- La récolte consiste à ouvrir le sol lorsque la partie aérienne (feuilles) jaunit et se dessèche, pour récupérer les gros tubercules. Il faut prendre la précaution de ne pas blesser les tubercules lors de la récolte, car les tubercules blessés se conservent difficilement et se vendent mal. Les petits tubercules sont remis dans le sol et constitueront des semences pour la prochaine campagne.
Quel est le rendement escompté ?
- On peut obtenir 5 à 12 tonnes d’igname sucrée à l’hectare. Cependant, ce rendement peu atteindre 20 tonnes à l’hectare avec l’emploi de l’engrais minéral.
IV- Conservation de l’igname sucrée
L’igname sucrée se conserve difficilement après la récolte. En effet, quelques jours seulement après la récolte, la paroi cellulaire durcit et ne peut plus être consommé ; surtout si les tubercules sont blessés lors de la récolte.
V- Informations générales
En culture traditionnelle de subsistance, l’igname sucrée peut être associée à la culture de mais qui lui sert de support, mais se développe bien lorsqu’elle est produite en culture pure.
Il existe aujourd’hui des semenceaux de bonnes qualités mis au point par le chercheur de l’IITA (Institut International d »Agronomie Tropicale) d’Ibadan, et l’IRAD. La variété améliorée actuellement conseillée est le ‘’Jakin’’ qui donne de bons rendements en haute altitude mais qui durcit rapidement après la récolte, et le ‘’Muyuka qui s’adapte mieux en basse altitude et qui a l’avantage de durcir très lentement après la récolte.
VI - MALADIES ET ENNEMIS DE L’IGNAME SUCREE ET METHODES DE LUTTE
MALADIE SYMPTOMES METHODES DE LUTTE
Nématodes -Pourriture des tubercules et des racines sur pieds
-Un dessèchement des tiges gales prononcées sur racines de tubercules et nodosités
-Rabougrissement des tiges
-Déformation des feuilles -Utiliser des tubercules sains, non-infestés (semence)
-Eliminer et brûler tous les tubercules infestés
-Traiter les semences avec une solution de fongicide avant plantation
Heteroligus Ils creusent des trous sur les tubercules, déprécient ainsi leur valeur marchande -Traiter les cultures de la plantation avec des insecticides tels le Thiodan, l’Actellic, le Carbofuran
Coléoptères Tubercules rongés -Eviter de blesser les tubercules lors de la récolte
-Rotation des cultures, jachères, plantation des tubercules sains
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 hectare
1 Amortissement des investissements
Equipement/Investissements Cout F CFA Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par campagne
(F CFA)
Machettes 2500 4 625
Houes 1500 4 375
Limes 2000 2 1000
Pelle 2500 4 625
Brouette 30000 5 6000
2 COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
2-1 Equipement
Equipement Unité Quantité Prix unitaire PRIX TOTAL
Machettes 10 625 6250
Limes 3 1000 3000
Houes 10 375 3750
Pelles 5 625 3125
Brouettes 2 6000 12000
TOTAUX 28125
2-2 Fonctionnement
Equipement Unité Quantité Prix unitaire PRIX TOTAL
Mise en champ
Défrichage h/j 25 1000 25000
Achat des boutures Kg 1500 150 225000
Labour h/j 30 1000 30000
Réalisation des billons h/j 60 1000 60000
Piquetage et plantation h/j 20 1000 20000
Entretien
Achat engrais Sac 5 12000 60000
Achat fumier Sac 200 1000 200000
Achat produits pytto Forfait 1 15000 15000
Sarclo-binage (2 fois) h/j 30 1000 30000
Tuteurage h/j 30 1000 30000
Fertilisation h/j 10 1000 10000
Traitement phytosanitaire h/j 2 1000 2000
Achats sacs vides Sac 200 250 50000
Récolte h/j 50 1000 50000
Transport Forfait 1 150000 150000
Imprévus (10%) 95700
TOTAUX 1052700
Dépenses totales
Equipement 28125
-Fonctionnement : 1 052 700
Total : 1 080 825
RECETTES :
-Production moyenne : 15 tonnes =15 000kg
-Prix de vente : 150 F/kg
Recette totale: 150 x 15 000 =2 250 000 F CFA
BENEFICE: 2 250 000 – 1080825 =1 169 175 F CFA
LAITUE
La laitue (Lactuca Sativa), communément appelée salade appartient à la famille des composées. C’est une herbe saisonnière cultivée essentiellement pour ses feuilles. Ses feuilles sont utilisées et très appréciées dans les salades. Elles sont aussi consommées sous forme cuite.
I- Conditions favorables à la culture de la laitue
La laitue est une herbe qui peut pousser jusqu’à 2000 m d’altitude. Elle tolère difficilement les températures élevées et les basses températures. La laitue ne supporte pas les sols sableux et se développe bien sur des sols légers, riches en matières organiques et qui gardent une bonne humidité. Elle supporte mal l’ombrage et préfère-le plein soleil, mais avec une chaleur modérée. Les zones marécageuses et les bas fonds se prêtent à la culture de la laitue
Quelle est la durée du cycle de la laitue ?
La laitue est prête à la récolte à partir du 50ème jour après la mise en pépinière.
II- Quelles sont les opérations de culture de la laitue ?
III- La culture de la laitue comprend 2 phases : la pépinière et le repiquage.
2.1 La pépinière
Choisir une portion (de préférence à une extrémité) de la parcelle et la préparer pour la pépinière (400 m2 de pépinière pour un hectare de culture).
2.1.1 Préparation du sol
Elle consiste à défricher la parcelle avec la machette, à la labourer avec la pioche et la houe. Ensuite, il faut confectionner les billons et y apporter une fumure de fond (compost ou fiente de poule) bien décomposée. Bien casser les mottes et aplanir le sol avec un râteau.
2.1.2 Quelle quantité de fumure faut-il apporter ?
1 seau de 10 l de compost ou de fiente de poule suffit pour 5 m2 (1 m x 5 m).
2.2 Semis
Les variétés de semences de laitue qu’on cultive sont :
Batavia blonde, blonde de paris, le bon jardinier, la reine de mai et il faut 800 g à 1 kg de semences pour un hectare et 400 m2 de pépinière permettant de repiquer un hectare de plantation.
2.2.1 Comment semer ?
Il faut semer en lignes avec des écartements de 2 à 3 cm entre les graines et de 5 à 10 cm entre les lignes. Ensuite, il faut couvrir la planche avec la paille pour la protéger contre le vent, la pluie et dessèchement. Enfin bien, arroser (matin et soir), surtout en saison sèche.
2.2.2 Quand a lieu la levée ?
La levée a lieu 5 à 10 jours après le semis. Dès que les premiers plants ont levé, il faut enlever la paille et continuer à entretenir la pépinière (par sarclage, l’arrosage et le traitement phytosanitaire) jusqu’au repiquage qui a lieu 21 jours à 1 mois après le semis.
2.3 Le repiquage
Après la mise en place de la pépinière, il faut commencer immédiatement à préparer les planches de repiquage.
2.3.1 Comment préparer les planches ?
Il faut piocher la parcelle avec la pioche ou la houe et y enfouir la fumure organique (1 seau de 10 l pour 5 m2). Ensuite, il faut faire des planches de 1 m de large. La longueur varie suivant la longueur de la parcelle. Bien casser les mottes et aplanir le sol avec le râteau
2.3.2 Quand et comment repiquer ?
Le repiquage a lieu lorsque la plante a 4 feuilles (c'est-à-dire après 3 semaines à 1 mois de séjour dans la pépinière). Le repiquage doit se faire de préférence en fin d’après midi pour que le plant bénéficie de l’humidité de la nuit. Arroser la pépinière et enlever les plants avec leurs mottes de terre et allez les mettre dans les poquets. Les poquets doivent être distants de 20 à 25 cm les uns des autres sur la ligne et 20 à 25 cm entre les lignes. Les mettre à raison de 1 plant par poquet.
2.4 Quelles sont les opérations d’entretien de la laitue?
- Après le repiquage, il faut arroser la parcelle tous les jours en saison sèche et 3 fois par semaine en saison pluvieuse.
- Enlever régulièrement les mauvaises herbes et biner le sol une fois par semaine à partir de la 2ème semaine de repiquage.
-ce premier binage peut être accompagné si possible d’un apport d’engrais foliaire.
- En cas d’attaque, pulvériser les plants avec une solution d’insecticide-fongicide.
NB : Ce traitement doit se faire au plus tard 10 jours après le repiquage car la laitue se consomme crue et ne devrait pas contenir de produit de traitement.
Quelle fumure pour la culture ?
Il faut enfouir du fumier ou du compost bien décomposé lors de la préparation du sol par houage léger à une profondeur de 10 à 15 cm.
En ce qui concerne la fumure minérale, il faut épandre à la volée avant le repiquage au m2 mesure de cuillerée à soupe (30g) d’urée.
IV- Récolte
Dès le 25ème jour après le repiquage, la laitue peut être récoltée. Cette récolte doit se faire très tôt le matin ou en fin d’après midi. Pour récolter, il suffit d’arracher les plants avec les racines. La récolte peut s’étaler sur 10 jours.
Quel rendement peut-on obtenir ?
On peut obtenir 8 à 15 tonnes de laitue à l’hectare, soit 80 à 150 kg sur 100 m2.
V- Informations générales
La laitue se conserve difficilement après la récolte, il est donc recommandé de la cultiver sur de petites surfaces (1000 m2 maximum). Mais avant cela, il faut s’assurer de sa commercialisation.
La laitue est une plante qui atteint la maturité dès 50 jours. Puisque les produits phytosanitaires ont une rémanence d’au moins 2 semaines pour la plupart, il est conseillé d’arrêter tout traitement au moins 2 semaines avant le début de la récolte, c’est-à-dire 30 après le repiquage.
L’engrais minéral rend la laitue fade. Il est donc préférable de n’apporter que de la fumure organique (fiente de volaille, compost) lors de la préparation du sol
VI- Maladies et ennemis de la laitue et méthodes de lutte
Nature maladies Symptômes et dégâts Méthodes de lutte
Cercosporiose (due à un champignon) -Apparition des taches grises, arrondies avec le centre blanc et entouré d’un halo jaune
-Les feuilles brunissent et se dessèchent -Utiliser les semences saines
-Traiter avec un fongicide tel :
1. Le mangozan (25 g/10 l d’eau)
2. Pelt 44 (25 g /10 l d’eau)
3. Beniate (10 g /10 l d’eau)
Septoriose (due à un champignon) -Pourriture des plants
- Les feuilles sont rabougries -Arracher et bruler les plants atteints
-Utiliser un fongicide exemple : le Manesan : 1 cuillerée à soupe dans 15 litres d’eau
-Utiliser un fongicide exemple : le Manesan : 1 cuillerée à soupe dans 15 litres d’eau
Ennemis
-Chenilles -Elles coupent la plante au ras du sol,
- Les feuilles sont rongées,
Le cœur de la plante est détruit -Utiliser un insecticide tel que :
L’Endosulfan, le Dursban ou Acéphate (1 cuillerée à soupe dans un pulvérisateur de 15 litres)
Mouche mineuse La larve creuse de petites galeries jaunes dans la feuille qui finit par jaunir et se dessécher -Utiliser le Dimetalmou le Dipterex
Nématodes -Mauvais développement de la plante
-Apparition de la gale sur les racines -Apporter beaucoup de matières organiques
-arroser chaque jour
-Faire la rotation des cultures
Compte d’exploitation Prévisionnel
Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/
Investissement Coût
(F CFA) Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par année
(F CFA) Quantité Amortissement par année de production
(F CFA)
Machettes 2500 4 625 1 625
Limes 1700 3 570 1 570
Houes 1500 3 500 2 1000
Pelles 2500 4 625 1 625
Râteaux 3000 5 600 1 600
Binette 2500 4 625 1 625
Arrosoir 6000 5 1200 1 1200
Pulvérisateur 37500 5 7500 1 7500
Paniers 400 1 400 5 2000
Total des amortissements équipement/investissement (A) 14745
Commentaires : Ce compte est établi en supposant que :
- L’exploitant dispose d’un terrain avec une source d’eau (puits, source, ruisseau, eau du robinet).
- Ensuite, il devra disposer d’au moins 133 750 F CFA au début de son activité : 60 700 F CFA pour l’achat du matériel d’équipement (investissement) et 72 870 F CFA pour le fonctionnement de l’exploitation pour chaque campagne.
- A la fin de chaque campagne, il doit épargner 14 745 F CFA pour le renouvellement du matériel qu’il a acheté au départ. En faisant tout cela, et si l’exploitation est bien suivie, il gagne exactement :
- 221 685 F CFA à la première campagne
- 257 640 F CFA à la deuxième campagne
- 257 640 F CFZ à la troisième campagne
Tableau compte d’exploitation prévisionnelle (3 campagnes)
Désignation Dépenses Camp.1 Camp.2 Camp.3
Unité Quantité P.U.
(F CFA) P.T.
(F CFA)
I. Equipement/
Investissement
Machettes Machette 1 2500 2500
Pelles Lime 1 1700 1700
Houes Houe 2 1500 3000
Pelle Pelle 1 2500 2500
Râteau Râteau 1 3000 3000
Binette Binette 1 2500 2500
Arrosoir Arrosoir 1 6000 6000
Panier Panier 5 400 2000
Total investissement (1) 60700 60700 14745 14745
II. Fonctionnement (F)
Défrichage h/j 2 1000 2000
Labour h/j 3 1000 3000
Mise en planche + pépinière h/j 3 1000 3000
Achat semence Sachet 1 6400 6400
Piquetage h/j 3 1000 3000
2) Entretien de la parcelle
Sarclage h/j 3 1000 3000
Arrosage h/j 1 1000 1000
Achat fientes de poule Sacs 20 1500 30000
Achat pesticides Forfait 1 10000 10000
Epandage pesticides h/j 1 1000 1000
3) Commercialisation
Récoltes h/j 2 1000 2000
4) Transports divers Forfait 1 5000 5000
Imprévus (5%) 3470 3470 3470 3470
Total fonctionnement (F) 72870 72870 72870 72870
Total dépenses (I+F) 133570 133570 87615 87615
Récolte (R) Vente Laitue Pied plant 12000 30 360000 360000 360000
Bilan de production (R-D)=B 226430 272385 272385
Bénéfice net (B-A) 211685 257640 257640
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1000 m2
A- Tableau d’amortissement et d’investissements
Equipement/Investissements Cout
(F CFA) Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par campagne
(F CFA)
Machettes 2500 4 625
Houes 3000 4 750
Pelles 2500 3 834
Râteaux 2000 3 666
Paniers 400 1 400
Binette 2500 4 625
Arrosoir 5500 6 917
Trident 4500 4 1125
Pulvérisateurs 47000 6 7834
Limes 1500 2 750
B-Compte d’exploitation prévisionnel (1 campagne)
B.1 Equipement/Investissement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 2 625 1250
Houes 2 750 1500
Pelles 2 834 1667
Râteaux 2 667 1334
Paniers 20 400 8000
Binette 2 625 1250
Arrosoir 1 917 917
Trident 1 1125 1125
Pulvérisateurs 1 7834 7834
Limes 2 750 1500
TOTAL 26378
B-2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITES PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 3h/j 1500 4500
Labour 4h/j 1500 6000
Mise en planches 3h/j 1500 4500
Confection pépinière 0,5h/j 1500 750
Semences 80 kg 80 6400
Sarclage/Buttage 4h/j 1500 6000
Arrosage 5h/j 1500 7500
Fientes de poules 20 sacs 1500 30000
Urée 0,5 sac 9100 4550
Epandage urée 0,5h/j 1500 750
Pesticides 1 L 8000 8000
Traitement divers 1h/j 1500 1500
Récolte 4h/j 1500 6000
Transports divers 20000
Imprévus 20000
TOTAL 133950
Production : 13 000 pieds
Recettes : 13 000 X 30 F = 390 000 F
Dépenses : 133 950 +26 378 = 160 328 F
Bénéfice : 390 000 – 160 328 = 229 672 F
MACABO/TARO
Le Macabo (Xanthosoma Sagiitifoluim) et le taro (Colocasa Antiquoruim) sont 2 plantes de la famille des aracées. Le taro et le macabo sont cultivés pour leurs tubercules et leurs feuilles qui sont consommées sous forme de légume cuit.
En plus de ce rôle nutritionnel, ces tubercules, particulièrement le taro, sont réputées être un remède efficace contre le panaris.
I- Conditions favorables à la culture du macabo/taro
Le macabo et le taro sont des plantes de zone côtière qui aiment l’ombrage. Elles supportent les températures comprises entre 18 et 25°C et altitude comprise entre 0 et 1500 m. le taro supporte l’inondation et pousse bien dans les zones à fortes pluviométrie. Les sols des bas-fonds et des marécages, les sols humides, légers et frais sont propices à la culture du taro. Le macabo supporte moins la sécheresse que le taro. Leur cycle de production varie entre 9 et 12 mois.
II- Différentes opérations culturales du macabo et du taro
2.1 Préparation de sol
La préparation du sol doit se faire longtemps avant le début de la saison des pluies (au moins 1 mois à l’avance). Cette préparation consiste à :
-Défricher la parcelle,
-Former les billons ou les buttes (billons en terrain humide de bas fonds et des buttes sur terrain simple)
2.2 Choix et Préparation des semences
Les semences de macabo et de taro (rejets ou fragments de rhizomes comportant des bourgeons dominants) peuvent être des tubercules entiers, des fragments de tubercules ou alors des morceaux de tiges. Les tubercules ou fragments de tubercules doivent peser au moins 150 g chacune. Si vous utilisez les morceaux de tiges, chaque morceau doit mesurer au moins 10 à 15 cm de long.
NB : Avant de mettre en place, il est recommandé de traiter vos semences comme suit :
- En les séchant pendant 24 heures au soleil
- En les enrobant avec de la cendre
- En les trempant dans une solution insecticide-fongicide puis en séchant 24 heures avant de semer
2.3 Plantation
Il faut environ 2 à 3 tonnes de semences à l’hectare pour le macabo et 1,5 à 2 tonnes pour le taro.
La multiplication se fait en général au moyen de petites tubercules ou morceaux de tubercules de 10 à 15 cm de long. La plantation se fait se fait au début de la saison des pluies dans de petits trous espacés de 60 cm.
Comment mettre en place ?
Il faut mettre en place sur les billons ou sur les buttes en respectant les écartements de 1 m x 0,5 m pour le taro (1 m entre et 0,5 m entre les plants de même ligne) et de (1 m x 1 m pour le macabo. Ceci donne une densité de 20 000 plants à l’hectare pour le taro et 10 000 plants à l’hectare pour le macabo.
Les trous de plantation doivent avoir 5 à 12 cm de profondeur. Vous pouvez si possible faire un paillage juste après le semis pour limiter la perte d’eau du sol.
2.4 Entretien de la parcelle
La principale opération d’entretien se résume en 3 ou 4 sarclo-buttages. Cette opération est très importante, surtout pendant les 2 premiers mois après le semis. Le sarclage doit être suivi d’un buttage pour favoriser le bon développement des tubercules. Le deuxième sarclo-buttage peut être fait 2 mois après le premier. Le macabo et le taro sont très sensibles à un manque de potassium et de calcium dans le sol. Si c’est possible l’apport d’une fumure minérale riche en potassium peut permettre d’obtenir un bon rendement.
III- Récolte
La récolte peut commencer lorsque les feuilles les plus âgées commencent à se dessécher, c’est-à-dire 9 mois après la plantation pour le macabo et 6 à 8 mois pour le taro.
Cependant, la récolte peut intervenir un peu tardivement (jusqu’à 9 mois voire 12 mois après la plantation), d’ailleurs cette récolte tardive permet d’obtenir de bons rendements
3.1 Comment récolter ?
Pour récolter, vous creusez le sol avec une houe ou un plantoir et vous récupérez les plus gros tubercules, les plus petits sont remis en terre et constituent des semences pour la prochaine campagne.
Attention : lors de la récolte, éviter de blesser les tubercules car les tubercules blessés se conservent difficilement et se vendent mal sur le marché.
3.2 Quel rendement obtient-on ?
Le rendement du macabo est généralement un peu plus élevé que celui du taro. Ainsi, on peut obtenir en culture traditionnelle 5 à 7 tonnes de taro à l’hectare et 7 à 8 tonnes de macabo à l’hectare.
IV- Maladies du macabo/taro et moyens de lutte
MALADIE SYMPTOMES METHODES DE LUTTE
Root-rot disease due à un champignon Pythium Myriotilum, Pourriture racinaire -Pourriture des racines et jaunissement des feuilles 3-4 mois après plantation
-Baisse de la production
-Utiliser les semences saines
-Augmenter les écartements de semis (1,5x1,5 ,)
-Traiter les semences avec une solution de fongicides avant de semer
Termites -Trous et galeries au niveau des tubercules
-Flétrissement et mort de la plante. Baisse de la production -Désinfecter les semences avec une solution insecticide avant de semer.
NB : le taro résiste à la pourriture racinaire
V- Conservation du macabo et du taro
L’une des méthodes de conservation des tubercules consiste à creuser un trou dans le champ, de préférence au pied d’un arbre ou d’un bananier, mais où l’eau ne stagne pas. Le trou peut avoir 60 à 70 cm de profondeur, de largeur et de longueur variables en fonction de la quantité de tubercules à stocker. Après avoir creusé le trou, on met au fond une couche de feuilles de bananier, on y verse les tubercules, on revêt ces tubercules avec une nouvelle couche de feuilles et on recouvre tout avec une couche de terre. De cette manière, les tubercules peuvent se conserver 2 à 3 mois.
- Une autre méthode de conservation consiste à étaler les tubercules en couches minces dans un local bien aéré, bien ventilé et sec, en faisant attention aux rongeurs.
- Vous pouvez aussi laisser vos tubercules en champ et récolter progressivement juste la quantité dont vous avez besoin.
VI- Informations générales
Les aracées (macabo et taro) sont des plantes qui aiment l’ombrage ; on peut donc les associer aux cultures de soleil telles que le mais. On peut les semer en intercalaires entre les rangées d’arbres fruitiers ou des bananiers.
En plus il faut respecter ceci :
-Une année de culture suivie d’une rotation
-traitement de semences avant plantation
-Labour minimum
-Plantation sans ombrage
-Plantation en association pour limiter la propagation de la maladie (spore du champignon).
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 – TABLEAU D’AMORTISSEMENT
Nombre d’années ou de Amortissement
Equipement Cout (F CFA) Campagnes d’usage par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Limes 2000 2 1000
Pioches 5300 5 1060
Houes 1500 4 375
Porte-Tout 66000 7 9429
Seaux 1500 2 750
Pulvérisateurs 47000 5 9400
2- TABLEAU COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
2.1 Equipement
Libellé Unité Quantité Prix Unitaire Prix Total
Machettes Valeur Amortie 4 625 2500
Limes 4 1000 4000
Pioches 1 1060 1060
Houes 6 375 1950
Porte-Tout 1 9428 9428
Seaux 4 750 3000
Pulvérisateurs 1 9400 9400
TOTAL 31839
2-2 Fonctionnement
Libellé Unité Quantité Prix Unitaire Prix Total
Défrichage h/j 15 1500 22500
Piquetage h/j 8 1500 12000
Trouaison Trous 10000 8 80000
Formation buttes h/j 8 1500 12000
Semences Semenceaux 10000 30 300000
Mise en place engrais h/j 6 1500 9000
Engrais
Urée sacs 4 9100 36400
NPK sacs 4 12000 48000
Epandage fumier h/j 4 1500 6000
Epandage engrais h/j 4 1500 6000
Produits phyto Forfait 0
Traitement de phyto h/j 1 1500 1500
Sarclage/buttage h/j 30 1500 45000
Récolte h/j 30 1500 60000
Conditionnement sacs 200 300 60000
Transports divers 60000
Imprévus 39250
TOTAL 782650
Dépenses Totales : 782 650 F 313 839 F 814039 F
Production moyenne : 300 filets
Prix unitaire : 3500 F
Recette Totale : 300 3500 1 050 000F CFA
Bénéfice : 1 050 000F 814 039 236 061 F CFA
MANIOC
De son nom scientifique Manihot Utilisima, le manioc est une Euphorbiacée originaire d’Amérique Latine et très prisée par les populations africaines. Il est cultivé pour ses tubercules et ses feuilles, consommés tant dans l’alimentation des humaine que celle des animaux.ses racines sont très riches en amidon (plante amylacée), lequel est utilisé dans l’industrie textile, alimentaire (préparation de biscuit, de tapioca, pates alimentaires, de colle, glucose), et aussi dans la production d’alcool.
En Afrique Centrale, le manioc est consommé dans toutes les régions, ce qui en fait un aliment très demandé sur le marché et qui peut constituer une importante source de revenus.
Le manioc doux peut être récolté 8 à 10 mois après la plantation alors que les variétés amères ne peuvent être récoltées qu’à partir du douzième mois. Cependant, plus le manioc dur en terre et plus gros seront ses tubercules.
I- CONDITIONS AGROCLIMATIQUES
Généralement, le manioc se cultive dans toutes les zones proches de l’Equateur, où l’altitude est inférieure à 1500 m, la pluviométrie se situant entre 1000 et 2000 mm et une température oscillant comprise entre 23-25°c. La zone forestière offre des conditions favorables de culture du manioc grâce à sa pluviométrie qui est d’environ 1500 mm, son altitude (environ 700 m) et ses sols pour la plupart légers et humides bien que le niveau de fertilité est essentiellement moyen. Il aime les sols légers, bien drainés, profonds et riches en matière organique. Il peut développer sur tous les sols, hors mis ceux inondés et lourds. Le manioc préfère un climat chaud et humide, et est très exigeant en ce qui concerne l’ensoleillement. Il peut tolérer de longues saisons sèches (6-7 mois) et des précipitations réduites. Cependant, le rendement optimal est obtenu sous 1200 à 1500 mm de pluies, à température moyenne de 23 à 24°c, avec 3 mois de saison sèche.
Le manioc est très adapté à la zone forestière, à la plaine côtière et au plateau de l’Adamaoua.
ETAPES DE PRODUCTION
Préparation du terrain
La préparation du terrain peut varier selon le climat, la nature du sol, la végétation et du relief. Les variétés améliorées s’adaptent sur une gamme variée d’environnement. Il s’agit d’ameublir la surface du sol, d’enrichir le sol en matière organique et de réduire le développement des mauvaises herbes. Pour cela, il faut procéder dès les premières pluies à un défrichement complet de la parcelle. Enfouir les débris végétaux et les recouvrir d’une bonne couche de terre. La réalisation des billons n’améliore pas de façon significative la production du manioc, à moins que l’on soit dans une région inondée. Faire des buttes la semaine précédant la plantation.
Choix et préparation des semences
Les semences du manioc sont les boutures. Celles-ci doivent être prélevées à partir des tiges vigoureuses et ne présentant aucun symptôme d’une quelconque maladie du manioc et âgée de près de 12 mois. Si la plantation n’a pas lieu immédiatement, ces boutures peuvent être conservées 10 jours au plus sous ombrage, de peur de voir les rendements baisser. Les boutures doivent avoir 20 à 23 cm de long ou porter 5 à 7 nœuds. Un bon pied de manioc peut donner 10 à 15 boutures.
La mise en place
Trois facteurs sont importants pour la plantation. Il s’agit de l’époque de plantation, de la position des boutures, et de la densité de la plantation.
-L’époque de plantation varie en fonction des régions, mais la plus favorable se situe immédiatement après les premières pluies.
-Les boutures doivent être inclinées de 45°, les nœuds étant dirigés vers le haut. Placer les boutures à l’envers risque de réduire la production de l’ordre de 30%. Enterrer les 2/3 de la bouture dans le sol.
-Il est recommandé de planter à une densité variant de 6000 à 10 000 plants à l’hectare, soit des écartements de 1 X 1,5 m à 1 m x 1 m en culture pure et de 2 m x 2 m en culture associée, soit 2500 plants/ha.
Association avec d’autres cultures
Le manioc eut bien s’associer à d’autres cultures surtout dans les régions à faible disponibilité de terre. Les meilleures associations donnant de bons résultats sont avec macabo et taro ou mais à la fois. Le rendement du manioc baisse quand il est associé avec soit le mais seul, le haricot seul ou le tout à la fois
L’association manioc/mais accroit la production du mais pour une densité de mais de 40 000 pieds/ha.
Densité de plantation pour ces associations :
- Manioc –mais : 2 tiges de mais alternées à 2 tiges de manioc
- Manioc-haricot : 3 pieds de haricot entre 4 tiges de manioc
- Manioc- taro : 1 tige de taro entre 4 tiges de manioc
- Manioc /macabo : 1 tige de macabo ou de taro entre 2 tiges de manioc
Entretien des cultures
Les opérations d’entretien de la culture consiste à :
-Remplacer les plants manquants au fur et à mesure
-Lutter contre les mauvaises herbes en procédant à 2 voire sarclages :
.1er sarclage : 3 à 4 semaines après la plantation
-2ème sarclage : 1 à 2 mois après le premier sarclage
-3ème sarclage : au début de la 2ème année
Enlever (fin du 3ème mois) les pousses faibles et ne conserver que les plus vigoureuses
Butter sur une hauteur de 10 cm 5 à 6 semaines après la plantation
Fumure
Il est recommandé d’enfouir les débris végétaux ou le fumier de ferme bien décomposé avant la culture. La fumure minérale, surtout potassique, ne doit intervenir que pour compenser les exportations des éléments minéraux par les plantes. Appliquer l’engrais dans une raie circulaire à 20 cm autour du plant avec une profondeur de 2 cm. Recouvrir l’engrais après l’application. Cette application doit être faite juste après le 2ème sarclage. 200 kg d’engrais minéral ou spécial tubercules à l’hectare
La récolte :
Les opérations de récolte comportent :
-La coupe des tiges à utiliser comme bouture
-L’arrachage des tubercules (veuillez à ne pas blesser les tubercules)
Le transport
La récolte se fait 12 mois après la plantation. Les tubercules doivent être consommées dès que possible ; ceci étant du à la courte durée de leur conservation (2 à 4 jours) après la récolte, surtout si les tubercules ont été blessés au cou de la récolte.
Le rendement varie de 20 à 30 t/ha pour les variétés locales et de 25 à 70 t/ha pour les variétés améliorées.
CONSERVATION ET TRANSFORMATION :
Conservation
Dès qu’on le récolte, le tubercule de manioc est très périssable. Il est conseillé de le consommer immédiatement ou dans la semaine qui suit la récolte.
Dans certaines régions au Cameroun, les tubercules récoltés sont conservés dans des fosses creusées dans le champ. Pour cela, le principe est le suivant :
-Creuser une fosse de 1 m de long sur 60 cm de large et de 60 cm de profondeur
-Classer les tubercules sur une couche de feuilles, verser de la terre
-Classer une couche de tubercule et ainsi de suite jusqu’à la surface du sol
-Recouvrir le tout d’herbes
Le manioc peut-être conservé de cette façon pendant 2 semaines.
Transformation
Les feuilles de manioc peuvent être préparées comme légumes
Les tubercules peuvent être cuits ou rôtis, ou même consommés immédiatement, dans le cas des variétés douces. Le manioc peut être conservé sous forme de cossette ou de farine, ou peut être fermenté pour la fabrication de tapioca (gari), de bâtons de manioc, d’Atiéké…
Production des cossettes de manioc :
a) Sans fermentation
-Eplucher les tubercules
-les laver
Les découper en petites tranches
Faire sécher ces tranches au soleil pendant 2 à 5 jours
b) Manioc fermenté
-Eplucher les tubercules et les laver
-Tremper les tubercules dans un grand récipient pendant au moins 3 jours
-Presser pendant 5 à 6 jours (la fermentation se poursuit)
-Faire sécher le produit obtenu pendant 1 à 3 jours
- La pulpe ainsi séchée sera écrasée pour obtenir de la farine de manioc.
Fabrication artisanale du gari
-Eplucher les tubercules et les laver
-Râper au grattoir
-Presser (le pressage-fermentation) pendant 3 jours
-Tamiser pour éliminer les fibres et les morceaux mal râpés
-Faire cuire à feu doux en retournant continuellement à l’aide de la spatule
-Ajouter un peu d’huile de palme
-Etaler en couches minces pour favoriser le refroidissement
-Tamiser pour obtenir un gari à grains homogènes.
Production d’amidon
-Eplucher les tubercules, les laver, les râper et les mettre dans un sac.
-Presser et récolter le liquide qui s’écoule
-Laisser sédimenter le liquide (l’eau se sépare de l’amidon)
-enlever l’eau
-Faire sécher au soleil pendant 2 à 4 jours.
La poudre obtenue est blanche et c’est de l’amidon.
MALADIES ET METHODES DE LUTTE
Maladies Symptômes et dégâts Propagation Méthodes de lutte
1) Mosaïque africaine -Grosses tâches sur feuilles
-Réduction et froncement des folioles
-Déformation généralisée
-Pertes en tubercule -Boutures infectées
-Mouche blanche -Boutures saines
-Variétés améliorées
-Sanitation
2) Bactériose -Tâches sur feuilles
-Flétrissement et chute des feuilles
-Brunissement du système vasculaire
-Défoliation
-Pertes en tubercules -Boutures infectées
-insecte vecteur
-Goutte d’eau de pluie -Boutures saines
-Variétés améliorées
-Sanitation
3) Anthracnose -Lésion sur jeune tige
-Chancre profond sur tige âgée
-Casse des tiges -Boutures infectées
-Insecte vecteur -Boutures saines
-Variétés améliorées
4) Pourriture des tubercules -Destruction et pourriture des tubercules
-Flétrissement
-Défoliation et mort de la plante
-Pertes en tubercules -Eaux du sol
-Débris végétaux -Destruction des débris végétaux
Amélioration du drainage
-Désinfection du matériel de travail
5) Maladies des tâches -Présence des tâches blanches, brunes ou anguleuses sur feuilles âgées
-Pertes minimes -Boutures infectées
-Goutte d’eau de pluie -Boutures saines
-Variétés améliorées
AUTRES RAVAGEURS DU MANIOC
1- Cochenilles des racines -Non tubérisation
-Retard de croissance -Boutures infectées
-Sols infectés -Boutures saines
2- Cochenille farineuse -Enroulement des feuilles
-Formation des sommets buissonnants
-Pertes en tubercules -Vent
-Boutures infectées
Animaux -Boutures saines
-Variétés améliorées
3- Criquet puant -Destruction des feuilles
-Destruction des pétioles
-Destruction des jeunes tiges -Mauvaises herbes
-Brousse aux alentours des champs -Champs et alentours propres
-Destruction des insectes au 1er stade
4- Termites -Galeries sur tiges, sur boutures -Boutures infectées
-Mouvement de l’insecte -Boutures saines
INFORMATION GENERALES
La recherche agronomique met à la disposition des planteurs des variétés améliorées de manioc correspondant à chaque zone écologique. Le tableau suivant énumère les différentes variétés disponibles dans les stations IRAD
ZONE VARIETES
1. Région du Nord-Ouest et Ouest 7930-8, 7619, 7621
2. Région du Sud-Ouest, Littoral et quelques localités du Sud 8017, 8034, 8061
3. Région du Centre, Sud, Est 1005, 1171, 1285, 1334, 8017, 8034, 8061
4. Région de l’Adamaoua 0644, 0140, 0064, 0229, 0658
5. Région du Nord 0844, 0140, 0648, 0532, 0036
6. Extrême-Nord Pas encore disponible, mais on y cultive intensément la variété locale
NB : il vaut mieux utiliser dans chaque zone les clones qui lui sont appropriés.
Le manioc peut être associé à d’autres cultures, avec un bon rendement. L’association manioc-mais, par exemple, peut donner 20 à 25 tonnes /ha de manioc et 3,5t/ha de mais
Le manioc supporte les sols pauvres. Il est recommandé de le cultiver en fin d’assolement, juste avant la jachère.
Les séquences d’assolement suivantes sont conseillées :
En zone forestière
-Arachides-Mais-courge+manioc –jachère
-Mais- arachides-banane+Manioc-Jachère
En savane à 2 saisons pluvieuses :
-Mais-Arachides-Sésame+Manioc-jachère
En zone tropicale
-Coton-Arachides-Sorgho+Manioc jachère
En culture intensive mécanisée :
-Manioc-Manioc deux à trois ans de culture pâturée
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
A. Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/Investissements Cout
F CFA Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par campagne
(F CFA)
Machettes 2500 4 625
Plantoirs 5000 4 1250
Cordeau 4500 3 1500
Pulvérisateur 47000 1 7834
Pelles 2500 3 834
Limes 1500 2 750
B. Compte d’exploitation prévisionnel
B.1 Equipement/investissement (1 campagne)
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 4 625 2500
Plantoirs 3 1250 3750
Cordeau 1 1500 1500
Pulvérisateur 1 7834 7834
Pelles 3 834 2502
Limes 4 750 3000
TOTAL 21082
B.2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 40h/j 1500 60000
Piquetage 8h/j 1500 12000
Trouaison 10000 trous 8 80000
Achat boutures 10000 10 100000
Mise en place 6h/j 1500 9000
Epandage compost 4h/j 1500 6000
Engrais
Minéraux Urée 4 sacs 9100 36400
NPK 4 sacs 12000 48000
Epandage engrais 4h/j 1500 6000
Achat insecticides 8 L 8000 64000
Sarclage/buttage 40h/j 1500 90000
Récolte 30h/j 1500 60000
Conditionnement 300 sacs 300 45000
Transports divers 300 sacs 300 90000
Imprévus (5%) 39220
TOTAL 748620
RECETTES
Tubercules : 300 sacs x 3700 = 1 110000 F
Boutures : 20 000 x 10 = 200 000 F
= 1 310 000 F
Dépenses : 748 620 + 21 082 = 769 706
Bénéfice : 1 310 000 – 844702 = 540
MELON
Plante herbacée annuelle de la famille des cucubitacées, le Melon de son nom scientifique Cucumusmelo est cultivée pour la consommation alimentaire de ses feuilles ou de ses fruits à chair orangée sucrée et très parfumée. Ses graines sont consommées dans certaines régions du Nigéria. Appelé « Pumpkin » en anglais ou « Bouogou »en Baka (Est du Cameroun), le melon est recommandé pour la prévention du cancer de la prostate. Il est consommé dans toutes les zones écologiques de la région tropicale. Sa grande demande sur le marché en fait une source importante de revenus pour le producteur.
I- Conditions favorables à la culture
Les exigences culturales du melon sont nombreuses. Originaire des pays chauds, le melon affectionne les zones à températures moyennes comprises entre 23 et 27°C. il requiert de la lumière et une faible humidité relative (50 à 70%). Cependant, des températures trop élevées ralentissent son développement et diminuent son rendement.
Le melon peut résister à la sécheresse mais un manque prolongé d’eau ou une irrégularité des arrosages diminue le rendement de l’ordre de 20%. Une pluviosité comprise entre 700 et 1200 mm est bonne pour la culture du melon.
Le melon affectionne les sols profonds, bien drainés et très fertiles, riches en matière organique, d’où la nécessité d’enfouir les débris végétaux pendant le labour.
Le melon est une plante des zones tropicales, il se cultive donc bien dans toutes les régions de l’Afrique Centrale. Son cycle végétatif dure 3 à 5 mois (90 à 150 jours). Il évolue mieux en culture associée
II- Etapes de la production
2.1 Préparation des semences
Les semences sont des graines extraites de fruits murs. Elles peuvent être stockées après séchage, pendant 2 à 3 ans dans des sacs en jute, dans des calebasses, ou des seaux hermétiquement fermés.
2.2 Préparation du terrain
A l’instar du concombre, de la pastèque ou des autres cucurbitacées, le melon ne supporte pas l’envahissement des mauvaises herbes. Le terrain doit être propre, meuble et riche en matière organique. Il doit être préparé en saison sèche (janvier à mars)
Les étapes suivantes doivent être respectées :
-Faire le nettoyage (abattage des arbres, défrichement…)
-Faire un labour profond (25-40 cm) en s’efforçant de briser les mottes
-Recouvrir les débris végétaux (feuilles, herbes…) de terre (enfouissement)
-En savane, faire un labour à plat et former les billons
2.3 Le semis
Semer dès les premières pluies ; placer les semences dans des trous de 30 cm de large et 2-3 cm de profondeur. Il faut semer 3 à 5 graines par poquet, lesquels poquets seront espacés de 1 m x 1 m, soit une densité de 42 000 graines à l’hectare, ou 420 graines sur 100 m2 (10 m x 10 m).
La levée est prévue pour 6 à 7 jours plus tard
2.4 Opération d’entretien
Le melon n’aime pas la présence des mauvaises herbes, c’est pourquoi il faut veiller à désherber régulièrement son champ :
-Procéder à un sarclage et à un binage 30 jours après le semis, quand les plants sont assez grands pour pouvoir les distinguer des adventistes.
-Faire le deuxième sarclage lorsque les mauvaises herbes ont entre 5 et 8 cm de hauteur.
-3 semaines plus tard, faire un second sarclo- binage
-Appliquer un traitement insecticide tout au long du cycle
-Faire un démariage dès que les plants atteignent 5 à 10 cm de hauteur en laissant 2 plants par poquet et en remplaçant les plants qui n’ont pas germé
-Lorsque les plants ont 3 à 4 feuilles, supprimer les cotylédons et tailler au- dessus des 2 premières feuilles sur chacun des plants.
Fumure
Le melon apprécie énormément les sols riches en matière organique, c’est pourquoi les débris végétaux doivent être enfouis ; à moins que l’on apporte 30 à 50 tonnes de fumier par hectare.
Quant à la fumure minérale, il faut appliquer un engrais plus riche en potasse qu’en azote (12-6-20) soit 250 kg/ha.
III- Récolte
Elle s’effectue 90 à 150 jours après le semis, quand les feuilles et les tiges commencent à se dessécher. Les fruits sont arrachés de leur tige et mis à l’ombre.
Les rendements à l’hectare sont de 8 à 20 tonnes en champ si la culture a bien été menée. Ils peuvent atteindre 40 tonnes en serre. Certaines variétés peuvent produire 4 à 10 fruits de 2 à 6 kg par plante
IV- Conservation et transformation
Afin de conserver longtemps ses fruits, il est recommandé de :
-Les récolter deux à trois jours après le dessèchement des premières feuilles, en veillant à ne pas couper le pétiole qui le relie à sa plante mère
-Mettre les fruits à un endroit sec
Certaines variétés de melon se conservent plus de 2 à 3 mois alors que d’autres ne résistent pas au-delà 2 semaines
Le melon se consomme sous plusieurs formes. Il peut être :
-coupé en morceau et bouilli comme les tubercules, puis consommé accompagné de sauce
-mélangé à des condiments et cuit ainsi
-bouilli, puis, écrasé avant être consommé
MALADIES ET METHODES DE LUTTE
MALADIE SYMPTOMES METHODES DE LUTTE
Oïdium : Erysiphe cicharacearum -Apparition d’un feutre blanc d’aspect farineux sur les feuilles er la tige
-Dessèchement des organes
-Ralentissement de la croissance -Utilisation de fongicides dès les premières manifestations
-Choix de variétés résistantes
-Utiliser les semences issues de fruits sains et constants
Sciérotinose : Scierotinia scierotiorum -Apparition de coques sombres et circulaires à la surface des feuilles ou sur la tige -Traitement du sol à un fonficide (Metham-Sodium ou Dazomet)
-Traitement des cultures au Benomyl
-Fongicide (Manèbe, Mancozebe…)
Anthracnose Colletotrichum SPP -Apparition de nécroses à la surface de la feuille
-Formation de pustules à partir des nécroses
V- Informations générales
Le melon apprécie énormément la culture en association. Certaines cultures comme le mais ou le manioc peuvent être cultivées associées au melon, auquel elles serviront de tuteur.
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1 ha
1 Tableau d’amortissement des investissements
Equipement/
Investissement Coût
(F CFA) Nombre d’années ou de campagne d’usage Amortissement par année
(F CFA)
Machettes 2500 4 625
Limes 2000 2 1000
Houes 1500 3 500
Pioches 5300 5 1060
Pulvérisateurs 47000 7 6715
Seaux 2000 2 1000
Pousse-pousse 66000 10 6600
3- Tableau Compte d’exploitation prévisionnel
2-1 Equipement
Equipement Unité Quantité Prix Unitaire Prix Total
Machettes Valeurs amorties 8 625 5000
Limes 3 1000 3000
Houes 10 500 5000
Pioches 4 1060 4240
Pulvérisateurs 2 6714 13430
Seaux 5 1000 5000
Pousse-pousse 1 6600 6600
TOTAL 42270
2-2 Fonctionnement
Equipement Unité Quantité Prix Unitaire Prix Total
• Préparation du sol
-Défrichage
-Labour
-Piquetage
-Trouaison
• Entretien des cultures
-Achat des semences
-Semis
• Entretien des cultures
-Achat engrais
-Achat produits phyto
-Epandage engrais
-Traitement phyto
-Sarclage-Binage (2fois)
• Commercialisation
-Achats sacs vides
-Récolte
-Transport divers
-Imprévus (10%)
h/j
h/j
h/j
h/j
kg
h/J
Sacs
Forfait
h/J
h/J
h/J
Sacs
h/J
Forfait
20
30
5
30
30
20
5
1
4
2
30
100
25
1
1000
1000
1000
1000
1000
1000
12000
25000
1000
1000
1000
200
1000
100000
20000
30000
5000
30000
30000
20000
60000
25000
4000
2000
30000
20000
25000
100000
40100
TOTAL 441100
Dépenses Totales
-Equipement = 42 270
-Fonctionnement = 441 100
TOTAL = 483 370
RECETTES
Production moyenne : 10 tonnes à l’hectare
Prix de vente : 100 F CFA/kg
Recettes : 10 000 x 100 = 1 000 000
BILAN DE PRODUCTION PAR AN : 1 000 000 – 483 370 516 630 F CFA
NDOLE
Le Vermonia, communémént appelé « Ndolè »en langue Douala, est un légume très apprécié des consommateurs pour ses valeurs nutritives, et son parfum, son gout amer et très appétissant.
Le vermonia est une plante de la famille des composées ou Astéracées. Son nom scientifique est Vermonia Spp. Mais on l’appelle aussi Atet en Ewondo, Akou-golé en Maka, Souaka en Fufuldé, Mvocp ou Mbitalé en bamiléké, Bitter leaf en Pidgin, Lindoa en Bassa…
I- Une plante multifonctionnelle
Le Ndolè est une plante à multiples usages.
Pour l’alimentation le Ndolè entre dans la préparation d’un plat très connu et prisé au Cameroun. Il est recherché tant pour ses qualités organoleptiques (gout), que pour sa richesse en vitamines, en protéines et autres sels minéraux. Il est aussi très utilisé comme médicament contre diverses maladies. (Voir quelques recettes de cuisine et de formulations médicinales à base du Ndolè).
Sur le plan économique, le Ndolè fait l’objet de commerce intense sur les marchés, particulièrement en saison sèche, période pendant laquelle il est très rentable.
II- Différentes espèces de Ndolè
Il existe environ 60 espèces de Ndolè qu’on peut rencontrer dans différents types de milieu à l’état sauvage ou cultivé. De toutes ces espèces, quatre sont cultivées pour la consommation. Ce sont : Le Vermonia Amygdalena, le Vermonia Calvoana, le Vermonia Colorata et le Vermonia Pobegiuni.
Ces quatre espèces se distinguent essentiellement par leur amertume (gout amer), la couleur, la largeur et la dureté de leurs feuilles.
Elles se distinguent aussi dans leurs techniques de production.
Nous parlerons essentiellement des deux espèces les plus courantes, les plus connes et les plus consommées :
Le Vermonia amydalena et le Vermonia Calvoana
-Le Vermonia Amygdalena a des feuilles plus petites, effilées, de couleur plus foncée, et plus dures. Ces feuilles sont plus amères et nécessitent plusieurs lavages avant préparation.
-Le Vermonia Calvoana a les feuilles plus larges, de forme arrondie, de couleur claire-foncée, et plus souples. Ses feuilles sont moins amères et nécessitent un lavage léger avant préparation.
Les ménagères expérimentées et professionnelles mettent à profit les caractéristiques de ces deux espèces pour obtenir d’excellents plats de Ndolè que les consommateurs savent apprécier. Un plat de Ndolè préparé uniquement à partir des feuilles de Vermonia Amygdalena est plus long au lavage et à la cuisson, moins présentable à table car l’onction entre les arachides et les feuilles est imparfaite, alors que le plat exclusivement préparé avec les feuilles de Vermonia Calvoana est trop onctueux et fade à la bouche. Les ménagères avisées mélangent à la cuisson les deux espèces (5 portions de Vermonia calvoana contre 2 portions d’Amydalena) pour obtenir de très bons plats.
L’espèce Vermonia Amydalena (Ndolè à petites feuilles) se multiplie essentiellement par bouture, comme le manioc ; les boutures sont prélevées sur les plantes adultes. On choisit la partie aoutée de la tige, c’est-à dire la partie qui n’est ni trop dure, ni trop molle. Le Vermonia Calvoana, la plus cultivée, se multiplie essentiellement par semis.
I- Milieu de culture
Le Ndolè, l’espèce Vermonia Amydalena (petites feuilles), pousse facilement sur tous les types de sol et de climat. Il est très résistant à la sécheresse et pousserait encore mieux sur les sols riches en matières organiques. On peut le cultiver dans toutes les régions du Cameroun. On le trouve d’ailleurs poussant spontanément dans les brousses, le long des pistes ou sur des terrains incultes.
Par cintre, l’espèce Vermonia Calvoana (larges feuilles), aime particulièrement les sols riches en matières organiques, et produit abondamment de larges feuilles sur terrain bien arrosé. Il pousse très bien en saison des pluies sur tout sol riche en matières organiques. En saison sèche, il aime les bas-fonds, ou terrains marécageux.
Cette espèce est très cultivée dans le Sud-ouest et les bas-fonds dans toutes les régions. Où qu’on les plante, où qu’on les trouve, si on laisse les deux espèces grandir sans entretien, elles deviennent, au bout de quelques années, des arbustes avec des feuilles toutes petites, dure et amères.
Les deux espèces de Ndolè sont des plantes pérennes et peuvent produire plusieurs années si elles sont bien entretenues. De manière générale, la production du plant du Ndolè reste bonne pendant un an, puis la croissance se ralentit peu à peu. La tige principale dépérit progressivement au cours de la troisième année, et dans certains cas, de jeunes pousses repartent au pied.
II- Etapes de production
Nous parlerons particulièrement de l’espèce Vermonia Calvoana.
2.1 Semences
L’espèce Vermonia Calvoana (Ndolè à large feuilles) se multiple essentiellement par semis. Les semences de ce Ndolè sont récoltées en février et mars, sur les plantes adultes. (NB : les plantes de Ndolè, toutes espèces confondues, ne fleurissent qu’en période cette période).
Ces semences sont issues des bouquets de fleurs blanches que porte l’apex (sommet) des planches adultes. On obtient de très bonnes semences sur les plantes adultes qui auparavant n’ont pas fait l’objet de beaucoup de récoltes soit par la taille des bourgeons, soit par la cueillette des feuilles.
Les semences sont les fleurs (capitules) sèches des plants adultes. Elles sont très fines et volent au vent. Ces semences, une fois récoltées, peuvent se conserver pendant plus d’un an, si elles sont tenues en un endroit sec, de préférence emballées dans du papier ciment ou enfermées dans une calebasse. Le taux de germination varie entre 75 et 80%. Les semences de Ndolè sont rarement vendues sur les marchés. Si vous êtes intéressés par cette culture, il faut passer commande ou demander les semences auprès des personnes possédant des plantes adultes dans leur concession (au courant des mois de janvier, février et mars, période de floraison). Une poignée de semences peut contenir environ 500 graines.
Germination
Pour les faire germer, on prépare un germoir avec la terre fine ou de la sciure de bois. On épand les semences soit à la volée soit en ligne sur germoir et on les recouvre avec une fine couche de terre. On arrose immédiatement pour faciliter l’adhésion des semences à la terre ou à la sciure.
Cet arrosage permet aussi d’éviter la dissémination des semences par le vent. Le germoir doit être protégé contre des fortes pluies ou de contre de grands jets d’eau d’arrosage ; pou ce faire, on recouvre le germoir avec une paille fine ;
La levée a lieu 4 à 7 jours après semis. Après la levée, on réduit légèrement le paillage et l’ombrage pour favoriser le bon développement des plants. Le Ndolè est plante qui aime le soleil.
On peut aussi faire germer le Ndolè dans un germoir commun avec les autres légumes tels l’amarante(Folon), l’aubergine (le Nkéa), la morelle noire (le Zom). Dans ce cas, on mélange les akènes (semences) de Ndolè à celles de ces légumes et les épand à la volée sur le germoir. A la levée, au fur et à masure que les jeunes plants poussent, ils se différencient.
NB : Pour tirer profit de la grande saison des pluies, il est souhaitable de créer le germoir en février, afin d’avoir les jeunes plants prêts pour la transplantation en fin mars. Notons cependant qu’on peut produire du Ndolè à n’importe quelle période de l’année, pour autant qu’on dispose de l’eau pour l’arrosage.
2.2 Préparation du champ
Le Ndolè à larges feuilles, Vermonia calvoana, pousse bien, nous l’avons déjà dit, sur un sol riche en matières organiques. La préparation du sol consiste à le nettoyer, le labourer légèrement, surtout l’emplacement des jeunes plants.
En culture pure, il est conseillé d’utiliser un écartement voisin de 80 cm x 1 m, soit 12 500 plants environ par hectare. Soit encore 20 plants sur 16 m2. Les petits trous dans lesquels on transplante les plants peuvent être creusés avec la pointe de la machette, juste au moment de la transplantation.
D’ordinaire, le Ndolè se cultive en association avec d’autres légumes feuilles, voire d’autres cultures. Dans ces cas, il n’ya pas de disposition particulièrement à prendre pour le ndolè, en dehors de la fumure organique (fiente de poule, déchets de cuisine, compost, etc.) au moment de la transplantation. Sensiblement 100 grammes par plante juste avant la transplantation.
Transplantation
Neuf à dix semaines après la levée, les jeunes plants ont 2 à 3 feuilles et mesurent 4 à 5 cm. A partir de cette période, on peut les transplanter en pépinières. La pépinière est constituée de petits sachets en nylon, remplis de terre noire. La pépinière est conseillée si on veut obtenir des plants uniformes et robustes en champs ; le passage par pépinière assure aussi d’ une réussite maximale de votre champ.
Si non, on peut aussi transplanter directement du germoir au champ. Dans ce cas, il faut sortir les plants du germoir après 10 à 11 semaines quand ils ont 6 à 8 feuilles.
Dans les deux cas, l’opération doit se faire en soirée et en temps frais car les jeunes plants sont fragiles. On fait un petit trou à l’emplacement avec le bout de la machette ou du plantoir. On ameublit la terre enrichie avec le fumier et on met en terre le jeune plant. On le butte en tassant légèrement la terre autour du plant.
D’ordinaire, le Ndolè se cultive toujours en association avec d’autres légumes ou autres plants. Dans ces cas, la densité l’écartement entre les plants, varient suivant le vouloir du planteur. Dans les régions où la culture se fait en buttes, il est conseillé de planter le Ndolè à l’extrémité des buttes. Par contre, si on veut cultiver de manière intensive, on peut respecter les écartements de (0,8 x 1 m), environ 8000 plants à l’hectare.
2.2 Entretien du champ
Les opérations d’entretien sont :
- le défrichage régulier du champ ;
-l’arrosage en saison sèche ;
-le buttage des plants après chaque récolte ;
-l’apport d’engrais ou fumure organique après chaque récolte ;
-quelques traitements contre les parasites ;
-une bonne technique de récolte.
Parasites et maladies
Le Ndolè est très sensible aux attaques des parasites. Ceux-ci réduisent considérablement la production des feuilles, et dans certains cas, freinent ou annulent la croissance de la plante.
Les plus connus de ces parasites sont :
-Lixius Camerunus, insecte qui pond ses œufs dans les jeunes pousses, ou à la base des pétioles, qui ne tardent pas à se recourber.
-les pucerons qui sont les plus dangereux et causent l’enroulement des feuilles ;
-Les escargots, les sauterelles et les cochenilles qui se nourrissent des feuilles.
Pour lutter contre ces insectes et parasites on peut utiliser un insecticide à large spectre ex : le Cypercis, à la dose prescrite pour un pulvérisateur ;
Garder son champ propre et nettoyer les alentours sur au moins 20 m, détruire manuellement certains parasites tels les escargots, sont des techniques de protection tout aussi efficaces.
Engrais et fumure
Pour la fumure, les fientes de poules sont les plus conseillées. Elles permettent d’obtenir de très bon s résultats en cas de culture pures ou associées. 100 grammes par plant, à la transplantation et après chaque récolte suffisent (soit sensiblement 25 sacs de fientes par hectare). Si les fientes ne sont disponibles, on peut utiliser tout autre résidu d’élevage, du compost ou les déchets de cuisine.
Pour une production à grande échelle et en l’absence de matière organique, on peut utiliser la fumure minérale, à prédominances azotée : L’urée ou le 20-10-10. 50 grammes par plant à la transplantation et après chaque récolte.
III- La récolte
La première récolte peut être effectuée deux mois et demi après la transplantation. Les récoltes suivantes se font par intervalles d’un mois. La quantité de feuilles récoltées va croissante jusqu’à la huitième récolte, puis décroit si on’ effectue pas une bonne taille, c’est-à-dire bien contrôler le nombre de bourgeons qu’on laisse se développer après chaque récolte.
On peut récolter le Ndolè de trois façons:
1-L’étêtage qui consiste à casser la partie supérieure de la plante ou branche ;
2-L’effeuillage qui consiste à récolter les feuilles ;
3-la récolte du limbe qui consiste à enlever le limbe en laissant les nervures principales des feuilles sur la tige
Pour obtenir un bon rendement, il est conseillé d’alterner les deux premières méthodes. L’effeuillage à la première et deuxième récolte, quand les plants sont encore jeunes, l’étêtage à partir de la troisième récolte quand les plants ont plus de 50 cm. L’étêtage favorise l’apparition de bourgeons axiaux qui se développent et donnent beaucoup plus de feuilles pour la récolte suivante.
Comment récolter ?
Le Ndolè est une plante qu’on cultive pour ses feuilles. On peut le récolter plusieurs fois au cours d’une année. Le nombre de récoltes, la qualité et la quantité des feuilles à cueillir dépendent de la manière dont on récolte. La façon de récolter est très importante pour l’agriculteur qui assure par là la pérennité (plante qui ne meure pas) de la plante, en tirant profit de sa production.
Deux mois et demi après le repiquage, les plants de Ndolè sont encore très jeunes (30 cm de hauteur) mais portent de larges feuilles qu’on peut consommer.
Pour les récolter, on cueille les feuilles, en évitant de détruire le bourgeon terminal. Après cette première récolte, la plante pousse encore très vite, en produisant beaucoup de larges feuilles. Après un mois, on peut déjà effectuer la deuxième. Cette fois, on casse la tige principale, à 20 m du sol. Deux nouvelles branches apparaissent, se développent au même moment et donnent beaucoup de feuilles.
Après un mois et demi, on peut les récolter. Mais les deux nouvelles branches sont encore trop jeunes.
Pour faire cette troisième récolte, on cueille les feuilles sur ces branches sans détruire les deux bourgeons. Ils se développent encore vite, en produisant encore beaucoup de larges feuilles et on peut effectuer la quatrième récolte après un mois. A cette quatrième récolte, on casse les deux branches, à environ 30 cm de la tige principale. Chaque branche donne deux bourgeons, soit au total 4 nouveaux bourgeons qui se développent pour donner des branches avec de nouvelles feuilles.
On constate donc qu’en alternant (effectuer une après l’autre) ces deux modes de récolte (la cueillette des feuilles, l’étêtage c’est-à-dire la casse des rameaux), l’agriculteur obtient une quantité de production de plus en plus grande. Il obtient aussi toujours de larges feuilles qui sont tendres et qui sont très appréciées par les ménagères qui achètent le Ndolè pour la consommation.
Pour maintenir sa production bonne, le cultivateur doit prendre des précautions quand il récolte.
Que ce soit pour la cueillette des feuilles ou la casse des rameaux, on doit éviter de blesser ou d’occasionner des déchirures sur la tige de la plante. Car ces déchirures apportent les maladies sur la plante. Pou casser les branches on peut utiliser un couteau tranchant, et couper une seule fois en un seul endroit.
IV- Quelques usages médicinaux du Ndolè
L’amertume du Ndolè est très utilisée dans la préparation de remèdes indigènes. Voici quelques exemples tels qu’il est employé dans diverses régions :
4.1 Contre la fièvre
On trempe des feuilles de Ndolè dans de l’eau bouillante. Lorsque la couleur de l’eau devient verte, on laisse refroidir et on boit un demi –verre, 3 fois par jour. Pour diminuer le gout amer de ce remède, on peut y ajouter du miel ou du sucre, à volonté.
4.2 Contre les vers (ascaris) dans le ventre
On triture (écraser) es feuilles de Ndolè dans une petite assiette d’eau froide. On boit la quantité d’un verre une fois par jour.
4.3 Contre la blessure fraiche du corps
On frotte des feuilles de Ndolè dans la paume des mains pour obtenir un liquide. On laisse tomber une goutte sur la blessure qui se cicatrise et le sang ne coule pas.
4.4 Contre la blennorragie
On fait bouillir les racines du Ndolè dans de l’eau. On boit une petite quantité (trois à Quatre gorgées) de cette eau plusieurs fois par jour.
4.5 Contre l’inflammation des testicules due au gonocoque
On fait bouillir des feuilles de Ndolè dans de l’eau. On couvre la partie malade avec un bout de tissu imbibé de la vapeur qui se dégage de la marmite. On dit aussi qu’on fait un bain de vapeur. Cette maladie s’appelle aussi orchite gonococcie
4.6 Si une femme vient d’accoucher
On fait sa soupe avec de jeunes pousses de Ndolè. Son lait devient abondant et l’enfant grandit
vite et bien
4.7 Contre la diarrhée
On triture des feuilles de Ndolè dans un peu d’eau. On donne le jus obtenu au malade. Si c’est un enfant, on lui donne une cuillerée le matin et le soir
4.8 Contre la jaunisse
On écrase des feuilles de Ndolè et on les mélange avec des tubercules de macabo râpé. On verse le mélange dans l’eau, puis on filtre. On donne ce liquide au malade, un demi- verre une fois par jour.
4.9 Comme aphrodisiaque
La macération (laisser tremper dans un liquide) des feuilles de Ndolè dans le vin de palme est très réputée comme aphrodisiaque (qui excite)
V- Quelques recettes de cuisine
5.1 Sauce Ndolè aux arachides et à la viande
Ingrédients :
-une boite de graines d’arachide
-un kilogramme de viande de bœuf
-4 tomates mûres, ail, oignon
-Gingembre, sel, piment, un verre d’huile végétale
-un bol de Ndolè (feuilles lavées, hachées)
-une poignée d’écrevisses
Réalisation :
-Découper la viande en tranche et la faire cuire pendant 30 minutes
-Egoutter la viande et conserver le jus de cuisson
-Faire tremper dans de l’eau tiède les graines d’arachides pendant 1 heure
-Enlever la pellicule et écraser pour obtenir une pate
-Ecraser écrevisses
-Chauffer l’huile de façon à obtenir une couleur jaunâtre
Ajouter la pate des condiments
-Maintenir la cuisson pendant 5 minutes
-Presser le Ndolè lavé entre la paume des mains pour le faire sortir de l’eau
-Ajouter le Ndolè pressé et maintenir à nouveau la cuisson pendant 1à minutes
-Ajouter la pate d’arachides et les écrevisses (étalée sur le Ndolè)
-Maintenir la cuisson pendant 40 minutes
-Mélanger le tout et laisser mijoter pendant 5 minutes
-Servir tiède avec du couscous du mais, macabo, plantain, miondo, etc.
5.2 Sauce Ndolè aux pistaches (concombre)
Ingrédients :
-Un kilogramme de viande ou 6 poissons fumés
2 boites de pistaches décortiqués et écrasés
-1 gros oignon, ail, sel, ndjindja (gingembre
-Un verre d’huile de palme
1 bol de Ndolè lavé
Réalisation :
(Voir sauce de Ndolè aux arachides)
5.3 Sauce Ndolè aux arachides et au poisson fumé
Ingrédients et réalisation : (voir sauce Ndolè aux arachides et à la viande)
5.4 Sauce Ndolè au soja
Ingrédients :
-1 boite de graine de soja
-1 kilogramme de viande de bœuf
-4 tomates mûres, ail
-Ndjindja, sel, piment, un verre d’huile
-un bol de Ndolè lavé et haché
Réalisation : (voir sauce Ndolè aux arachides)
5.5 Ragout de macabo au Ndolè
Ingrédients :
-7 à 10 tubercules de macabo moyen
-4 à 5 poissons fumés
1 verre d’huile de palme
-1 demi-verre d’écrevisses
-1 oignon moyen
-3 verres de Ndolè haché et lavé
Réalisation :
-Eplucher le macabo, laver et découper
-chauffer l’huile dans une casserole pendant 5 minutes
-Mettre le sel
-Ajouter l’oignon haché le poisson fumé et le macabo
-Ajouter 1 litre et demi d’eau et laisser mijoter pendant 40 minutes
-écraser les écrevisses
-ajouter le Ndolè haché et les écrevisses écrasées, tourner
-Maintenir la cuisson pendant 10 minutes
-Servir chaud
NB : Pour toutes les sauces, certaines ménagères préfèrent mettre l’huile chauffée en fin de cuisson. Ce qui ne change en rien la qualité du plat
OKOK
Le Gnetum Africana appelé communément Okok ou Eru est une liane qui pousse dans les forets humides du Sud, du Centre, de l’Est et du Sud-ouest et donc les feuilles sont très appréciées pour leur valeur nutritive.
Depuis des siècles, les peuples des forets pratiquent sans cesse la cueillette de ses feuilles, sans pouvoir en replanter. Si on ajoute à cela son exportation massive au –delà de nos frontières, on comprend aisément pourquoi aujourd’hui les paysans sont obligés d’aller plus loin pour cueillir l’Okok
L’Okok est aliment très riche. Il contient les 8 aminoacides essentiels et beaucoup d’éléments minéraux dont le potassium, le phosphore, le calcium, le magnésium, le sodium, le chlore. Il est riche en lipides, carbohydrates, cellulose, fibres végétales.
L’Okok est non seulement utilisé comme aliment diététique, mais également en médecine pour soigner la nausée. C’est un antidote pour le poison. Les tiges peuvent aussi servir comme tisane pour alléger les accouchements difficiles.
I-Conditions favorables à la culture
L’Okok pousse naturellement dans la forêt humide. Il aime l’ombrage, la chaleur et beaucoup d’eau
Un sol léger, bien drainé et contenant beaucoup de matières organiques lui va mieux
II-Etapes de production
L’Okok se multiplie naturellement par deux voies : la voie sexuée (graines) et la voie végétative (boutures)
2.1 Semis
Les graines d’Okok, à maturité, ont une couleur rouge sombre. Elles peuvent germer naturellement après 9 à 12 mois lorsque les conditions sont bonnes avec un taux de germination très faible. Certains paysans pour multiplier leur chance, éparpillent des poignées de graines à l’ombre dans la forêt et attendent patiemment la germination
2.2 Bouturage :
On peut aussi prélever des sections de boutures sur des parties jeunes de la liane et les fait enraciner. On peut également avoir des repousses naturelles dans la forêt, à partir des rejets qui apparaissent à partir des nœuds sur des lianes ; ces rejets donnent de nouvelles lianes qui constituent progressivement un peuplement naturel dense d’Okok. Dans le cas du bouturage artificiel, il faut procéder par étapes :
-Préparer le milieu qui va accueillir les boutures pour l’enracinement. Pour cela, choisir un endroit totalement couvert et frais. Le matériel pour le bouturage est constitué de sable, sciure, plastique, d’eau, caisse étanches, boutures.
Au lieu d’une caisse étanche, on peut préférer un demi-fut si on n’a pas beaucoup de boutures, pourvu qu’il ne laisse pas passer de l’eau. Mélanger du sable et de la sciure à raison de 50% chacun. Remplir la caisse à moitié, Disposez la complètement à l’ombre de préférence sous un hangar. Arroser abondamment et recouvrir avec un plastique laissant la lumière ;
-Prélever les boutures à un endroit de la liane où le bois n’est pas très vieux, ni trop jeune, en laissant à chaque fois deux nœuds.
-Tailler la bouture en biais avec un outil bien tranchant et propre.
-Diminuer ensuite de moitié la surface de chacune des deux feuilles
-Disposer les boutures dans la caisse, et veiller à arroser deux fois par jour le matin et le soir.
NB : Toutes ces opérations se feront le même jour, à une heure de l’après-midi si possible, pour éviter le dessèchement des boutures. Au bout de 2 à 3 semaines, les boutures portent déjà les racines
2.3 Repiquage
Quatre semaines après le bouturage, les bouturages, les boutures enracinées seront repiquées délicatement dans des sachets de pépinière perforés à la base, et contenant du terreau noir et de la matière organique. Disposer les sachets sous ombrage dense et veiller à arroser abondamment une fois par jour de préférence le soir.
2.4 Plantation
Un mois après le repiquage, les plants peuvent être mis en terre. Eviter de les exposer au soleil. Choisir un site de plantation sous un couvert dense. Creuser des trous de 30 cm x 30 cm et disposer au niveau de chaque trou un tuteur vivant ou inerte. Lorsque les pluies deviennent régulières, découper la base du sachet et déposer chaque plant dans un trou de plantation.
2.4.1 Association
L’Okok peut s’associer à toute autre culture : bananier-plantain, macabo, taro, etc. surtout les cultures qui sont indifférentes à l’ombrage.
2.4.2 Densité
Il est conseillé de planter en lignes espacées de 1 m dans tous les sens, ce qui permet d’avoir des densités de 10 000 plants à l’hectare. Si vous souhaiter associer l’Okok à une autre culture, il est souhaitable de garder un écartement de 2 m entre les lignes. On a également expérimenté avec succès la plantation. Il est conseillé de planter en lignes espacées de 80 cm à 100 cm entre elles et 50 à 100 cm sur la ligne, afin de pouvoir circuler plus facilement lors de la récolte
2.4.3 Développement de la liane
Le développement de la liane d’Okok est très caractéristique. Ses racines se comportent comme des rhizomes qui produisent par endroit des rejets. Ces rejets sortent du sol pour donner de nouvelles lianes grimpantes. A partir d’un seul pied d’Okok, il est possible de développer un grand peuplement dense de lianes en quelques années.
Pour grandir la liane aura absolument besoin d’un tuteur, comme dans le cas du poivre ou de l’igname. La liane s’y enroule et produit progressivement des feuilles. Elle peu grimper aussi haut que possible, tant que le tuteur le permet.
2.4.4 Tuteurs
Un tuteur vivant est préférable à un tuteur inerte, car il dure plus longtemps. La taille du tuteur importe peu pour l’Okok. Cependant, il est important de les garder à une hauteur acceptable afin de faciliter la cueillette des feuilles. La recherche conseille d’ailleurs l’utilisation d’une variété qui fixe l’azote comme le Gliricedia ou le Calendria qui, en dehors du rôle de tuteur, enrichie le sol, sert de nourriture pour le bétail, et dans certains cas comme le Calendria peut attirer les abeilles pour la fabrication du miel.
Engrais
Le fait que l’Okok se développe plus à l’ombre limite ses besoins en consommation d’engrais. Il est donc moins économique d’envisager l’utilisation de ce dernier.
III-La récolte
La récolte se fait en dépouillant simplement les lianes de leurs feuilles. Des bourgeons apparaitront à nouveau et donneront d’autres feuilles pour une prochaine récolte. C’est à ce niveau qu’apparait l’avantage de la domestication de cette culture, en ce sens que la récolte est durable et toute la famille peut ainsi gérer aussi longtemps que possible une parcelle dans un coin du jardin.
Rendement
Les rendements moyens estimés dans une station de recherche est d’environ de 85kg pour 100 m2 de culture.
IV-Informations générales
Dans le cadre de la domestication de cette espèce agroforestière, au même titre que le Djansang, le Ndock et autres safou, les recherches continuent afin de permettre aux paysans de s’approprier ces cultures pour lesquelles seule la cueillette était jusqu’alors pratiquée et de les ramener dans nos jardin de case. Cela contribuera non seulement à améliorer la qualité de et le niveau de vie des populations mais aussi rendra durable l’exploitation et la gestion des ces espèces.
PALMIER A HUILE
Le vrai nom du palmier à huile est Elaesis Guineensis. C’est une plante cultivée pour ses fruits dont on extrait l’huile de palme, très présente dans l’alimentation quotidienne des populations. Il produit 5 à 7 fois plus d’huile que l’arachide ou le soja, par exemple. La pulpe du fruit donne l’huile de palme et son amende donne l’huile de palmiste. L’accroissement constant de la population augmente la demande en huile de palme et en fait un produit très recherché et rémunérateur pour le producteur.
Le palmier à huile aime le soleil et beaucoup d’eau. C’est pour cela qu’il produit mieux dans les régions tropicales où l’altitude n’est pas très élevé (éviter les sites situés en haute altitude : supérieures à 1800- 2000m). La pluviométrie optimale est d’environ 1 800mm d’eau par an. Les saisons sèches prolongées occasionnent des baisses de rendements. Le palmier à huile aime les sols profonds et perméables. Il ne supporte pas les sols sur lesquels peut stagner l’eau pendant plusieurs semaines. Il ne faut pas non plus que le terrain soit trop sableux ou trop argileux.
Quelle différence entre le palmier naturel et le palmier sélectionné ?
Noix de palme naturelle :
- la pulpe est petite
- elle donne peu d’huile
- le palmier pousse très haut
- il tarde à produire
Noix de palme sélectionné :
-la pulpe est large
- elle donne beaucoup d’huile
-le palmier ne pousse pas haut
- il produit tôt
I- CONDUITE D’UNE PRE-PEPINIERE ET D’UNE PEPINIERE DE PALMIER A HUILE
1.1 Mise en place de la pépinière
Il est toujours économique pour le paysan de faire lui-même sa propre pépinière. Pour la réaliser, il faut commencer par choisir un site et construire une ombrière. Ce site devra se trouver sur un terrain plat, dégagé, et si possible, non loin d’un cours d’eau ou d’un puits.
C’est au mois de mars avril qu’il faut mettre en place sa pré- pépinière. En choisissant cette date, on permet aux plants de sortir de la pépinière au mois d’avril de l’année suivante (12 mois après), ce qui correspond au début de la saison des pluies.
Il est donc nécessaire de commencer à penser à sa pépinière dès le mois de décembre. Pour avoir le temps d’apprêter tout le matériel, et surtout de commander à temps les noix pré -germées.
Ombrière de la pépinière
-Choisir le site de la pré-pépinière sur un terrain plat, et de préférence là où on peut facilement avoir de l’eau en grande quantité, et si possible aussi, non loin de la plantation,
-Chercher des piquets très solides et construire un hangar
-Utiliser 3 à 4 palmes sur chaque mètre. Les disposer de façon à avoir le même ombrage partout.
-Entourer l’ombrière d’un grillage de 1m de haut, en enterrant la base, pour lutter contre les rongeurs,
-traiter l’ombrière chaque mois avec un insecticide (Prosevor ou Dicarbam à la dose de 10/10 L d’eau).
NB : La surface nécessaire pour 1 000 plants est de 25m²
-Confectionner des planches (plates bandes de terre) de 1,5m de large. Laisser suffisamment d’espace pour faire passer une brouette ou un pousse-pousse,
-Acheter de petits sachets transparents en polyéthylène de 50 microns d’épaisseur, 10cm de large et 20cm de haut, perforés à la base.
Les disposer en rangées sur les planches, les uns contre les autres (100 sachets pour 1m2), et arroser abondamment,
Semis des graines pré-germées
Quelques jours avant le semis, traiter le terreau des sachets à l’aide d’un fongicide (Beniate, Daconyl ou Cryptonol à raison de 10g dans 10 itres d’eau, pour 1000 sachets)
Utiliser la meilleur semence de palmier à huile (noix pré-germées : variété Tenera) qui ne doit provenir que d’une station spécialisée. Ne jamais utiliser les noix provenant de son propre champ ou achetées le long de la route. Le résultat après 4 ans pourrait être catastrophique.
Faire un trou d’environ 5cm de profondeur au centre du sachet, gros comme un doigt. Le trou servira à guider la radicelle pour ne pas la casser
Ne repiquer que des graines pré-germées avec une différence nette entre la racine et la petite tige. Diriger délicatement la radicelle au centre du trou, pousser légèrement la graine dans le sol, en prenant soin de ne pas casser la radicelle. Recouvrir de terreau sur environ1 cm
Attention !
Éviter d’enterrer la graine trop profondément
Ne pas laisser non plus proche de la surface
Faire attention à ne pas tourner la radicelle vers le haut lors du repiquage
Comment entretenir la pépinière ?
Arroser tous les deux jours avec 20 l d’eau pour 1000 sachets
Après deux mois de séjour en pré-pépinière, fertiliser avec un engrais foliaire (Fertigofol). A défaut, diluer 20g d’urée + 10g de chlorure de potasse + 10g de Kiesérite dans 10l d’eau, pour arroser 1000 plantules. Pour éviter que l’engrais ne brûle les feuilles, arroser abondamment après le traitement
Traiter les plantules avec un fongicide (Beniate ou Daconyl, à la dose de 10 g/10 l d’eau pour 1000 plantules) et un insecticide (Decis : 10 ml pour 10l d’eau pour 1000 plantules.
Quand faut-il sortir les plantules de la pré-pépinière ?
Environ 4 mois après le repiquage. Pour cela, commencer à diminuer l’ombrage à partir du 3ème mois.
Certains accidents peuvent vous empêcher de réussir votre pré-pépinière.
Voici quelques exemples :
ACCIDENTTS CAUSES
Les graines repiquées n’ont pas continué à pousser Les graines étaient trop enterrées, elles ont pourri
Les graines étaient trop près de la surface, elles se sont desséchées
Il y a eu attaque d’escargots, insectes, limaces, ou rongeurs
Certaines feuilles ont brûlé On n’a pas suffisamment arrosé après l’application de l’engrais dilué
On a surdosé le traitement phytosanitaire
Certaines ont jauni On n’a pas suffisamment arrosé après l’application de l’engrais
Les bouts de certaines feuilles noircissent (Nécrose) L’ombrage était insuffisant
L’ombrage était excessif à cet endroit
II- MISE EN PLACE DE LE PEPINIERE
L’ombrière de la pépinière doit être construite dès le troisième mois qui suit la mise en place de la pré-pépinière ci-dessus. Après avoir nettoyé le site et construit l’ombrière, procéder au piquetage en utilisant de petits piquets. Les triangles équilatéraux ainsi formés doivent avoir 70cm de côté. Prévoir qu’il faut environ 500m2 (50m x 10m) de surface de pépinière pour abriter 1000 plantules
Acheter ensuite des sacs (gros sachets) noirs, de 40cm de large x 40cm de haut, perforés à la moitié inférieure sur 3 rangées
Remplir ces sacs avec de la terre noire (terreau de surface) enrichie de compost
Traiter la terre de chaque sachet avec du Cyptomol à la dose de 10g pour 10l d’eau pour 1000 sachets
Choisir dans la pré-pépinière, les plantules robustes et saines qui ont des feuilles de 20 à 25cm de hauteur et un diamètre au collet de 4 à 8cm.
Repiquer très délicatement chaque jeune plantule dans les sacs en conservant toute sa motte de terre. Tasser légèrement pour ne pas laisser de poches d’air
Arroser au moins une fois tous les deux jours, surtout lorsqu’il fait chaud (prévoir en moyenne litre d’eau par jour et par plant au début, et augmenter régulièrement jusqu’à trois litres vers la sortie)
Appliquer l’engrais au début, et ensuite chaque mois, avec les doses suivantes :
Après 3 mois de séjour en pépinière, apporter un insecticide : Décis à la dose de 10 ml pour 10l d’eau pour 1000 plantules traiter ensuite chaque mois.
Après 7 à 8 mois de séjour dans la pépinière, les plants sont prêts pour la plantation.
Pour réaliser 5 ha de palmier à huile, l’agriculteur a besoin de 575 bonnes plantules. Il doit donc prévoir environ 700 plantules normales (10% de perte) qui sortiront de sa pré-pépinière
Pour cela, il faut commander environ 775 noix pré-germées (10% de perte). Si nous ajoutons à cela la prévision de 10% de pertes pour les noix avariées, il lui faut une livraison de 850 noix pré-germées.
Doses Mensuelles d’Engrais pour la pépinière (en gramme/plantule)
Engrais Age de la pépinière (en mois)
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Urée 5 5 5 5 5 10 10 10 10
Chlorure de potasse 10 - - - 10 - 10 - -
Kiésérite 5 - - - 5 - - - -
Super simple 5 - - - 5 - - - -
NB : arroser abondamment les feuilles avec de l’eau après application de l’engrais
III- Mise en Place et Conduite d’une Plantation de Palmier à huile
3.1 Préparation du terrain
La préparation du terrain a lieu pendant toute l’année où les plants seront en pépinière. Il faut planifier le travail de façon à ce qu’au début de la saison des pluies, le site soit dégagé et prêt à revoir les plants. On a donc au total environ 12 mois pour préparer le terrain.
Dégager le sous-bois, abattre et tronçonner les grands arbres, engainer les gros troncs qui peuvent gêner la suite des opérations sur les lignes de plantation. Entasser les débris et les brûler localement.
Semer une plante de couverture (Puéraria : en poquets de 45 graines, soit 2 à 12 kg/ha au mois de février, bien avant les premières pluies. Son rôle est d’étouffer les mauvaises herbes, lutter contre l’érosion hydrique, enrichir le sol.
NB : on peut facilement obtenir les graines de Puéraria dans un ancien champ de palmier à huile.
Mise en place de la plantation
La mise en place de la plantation commence dès que les premières pluies tombent régulièrement, entre le 15 et le 31 mars ou en septembre octobre. Les opérations de mise en place comprennent 4 phases : le piquetage, la trouaison, la plantation et la protection contre les rongeurs.
3.2.1- Piquetage
Prévoir 2 jalons de 9m chacun, plusieurs piquets de 2m et une longue corde. Tendre la corde sur la ligne de base (1ère ligne) et mettre un piquet tous les 9m. Piqueter ensuite en formant des triangles équilatéraux de 9m de côté comme illustré ci-après. Cette disposition donne les lignes distantes de 7,80m.
Le piquetage de la plantation
On trace la première ligne en tendant la corde d’un bout à l’autre de la plantation. On met les piquets à 9m.
3.2.2 – Trouaison
Faire des trous de 40cm x 40cm x40cm et introduire de la terre noire de surface.
3.2.3 – plantation
Choisir des plants robustes dont :
Le sommet de la flèche atteint 0,6 à 1m ;
Le collet a entre 15 et 22cm de diamètre ;
Qui ont environ 5 à 8 feuilles bien développées
Débarrasser chaque plant de son sac plastique, le placer dans son trou avec sa motte de terre. Remplir ensuite le trou avec la terre noire jusqu’au collet, sans laisser de cuvette au pied de la plante. Tasser fermement.
Protection contre les ravageurs : pour protéger les plants contre les ravageurs, poser autour de chacun d’eux un cylindre de grillage métallique (à mailles de 1cm) de 1m de circonférence et 30m de haut. Enfoncer légèrement ce grillage dans le sol. Poser des pièges ou encore de appâts empoisonnés pour chasser activement les rongeurs
Quelle est la densité de la plantation ? 143 plants/ ha environ
3.1 Entretien de la palmeraie
3.3.1- Entretien de la jeune palmeraie immature
Désherber régulièrement (5 fois/an au moins) des ronds (cercles de 1,5m à 2m de rayon) autour de chaque palmier, pour empêcher que le plante de couverture ne l’envahisse ;
Rabattre les adventistes dans le champ en passant environ 2 fois/an entre les lignes de plantation pour couper toutes les espèces ligneuses qui continuent de pousser ;
Effectuer des contrôles de routine en surveillant très régulièrement l’apparition d’anomalies sur le jeune palmier, et remettre en place les grillages déplacés.
Peut-on tailler (élaguer) les jeunes palmiers ?
Il ne faut pas couper de palmes sur le jeune palmier avant la 4ème année de plantation
Peut-on faire d’autres cultures dans la palmeraie ?
Oui. On peut cultiver des vivriers (maïs, piment concombre, arachide, haricot, soja, etc.). Seulement pendant les 3 premières années de la palmeraie. Il ne faut jamais planter le manioc ou le bananier.
3.3.2 – Entretien de la palmeraie en production
Le palmier entre en production 3 à 4 ans environ après la plantation définitive. Il deviendra adulte (production de croisière) 4 à 6 ans plus tard (donc 7 à 9 ans après plantation). À ce stade :
Il faut désherber systématiquement et régulièrement des ronds de 1,5 à 2m de rayon sous le palmier
Rabattre régulièrement les adventistes entre les lignes,
Supprimer complètement les espèces qui reviennent toujours
Effectuer les contrôles réguliers pour détecter les maladies et autres dégâts.
Peut-on couper les palmes sur des palmiers en production ?
Oui. Il faut nettoyer l’arbre, enlever les herbes qui y ont grimpé. Couper les palmes séchées et les régimes pourris
Peut-on faire d’autres cultures dans une palmeraie en production ?
Non. Parce que les palmiers en production forment un ombrage qui ne permettrait pas à ces cultures de se développer normalement. Il est plutôt conseillé d’avoir si possible des vaches qui, en broutant des herbes, contribuent à l’entretien de cette palmeraie. En zone forestière, les vaches appelées ‘dama’ sont vivement recommandées
Peut-on élever des animaux dans une palmeraie en production ?
Oui. En élevant des bœufs de race ‘dama’’ dans une palmeraie en production, ils consomment les herbes sous les palmiers, et fertilisent le sol en y laissant leurs déjections.
3.2 Protection phytosanitaire
Comment traiter la palmeraie contre les maladies éventuelles ?
Si les anomalies ou des tâches suspectes apparaissent sur les feuilles des arbres, contacter immédiatement le vulgarisateur agricole le plus proche qui va établir un diagnostic précis avant de conclure pour un traitement adapté ou un conseil.
3.3 Fertilisation
Il faut apporter l’engrais en 2 ou 3 fractions dans l’année, au début ou à la fin de la saison des pluies. Il faut épandre l’engrais en couronne autour du plant. Les doses sont les suivantes :
Années Engrais Doses/périodes (en g/palmier)
Mars Octobre
Année N (année de plantation Urée
Chlorure de potasse (KCI)
Kiesérite 200
200
200 50-100
200
200
Année N°1(2ème de plantation) Urée
(KCI)
Kiesérite 200
300
300 100-200
300
300
Année N°2 (3ème année de plantation Urée
(KCI)
Kiesérite 300
400
400 150-200
400
400
Année N°3 (4ème année de plantation) Urée
(KCI)
Kiesérite
400
500
500 200-400
500
500
NB : l’urée peut être remplacée par le sulfate d’ammoniaque
Comment fertiliser la palmeraie adulte ?
A ce stade de la plantation, l’azote n’est plus nécessaire. Par contre, les doses de potasse et de kiesérite augmentent. Il est conseillé de faire périodiquement un diagnostic foliaire pour corriger les apports au niveau des autres éléments. Chaque année, il faut apporter au total et par palmier, les doses suivantes :
ENGRAIS DOSES/PERIODES
Mars (En g/palmier)
Octobre
Chlorure de potasse 1000 -2000g 1000-1500g
Kiesérite 1000-2000g 1000-1500g
IV – La récolte
On reconnaît qu’un régime est mûr lorsque 3 à 5 noix sont tombées à terre. Il faut alors couper le régime sans abîmer les palmes en bon état, si c’est possible. Il faut prévoir plusieurs tours de récolte par mois, et veiller à transporter rapidement les régimes récoltés à l’unité d’extraction, dans les 24 à 48 heures qui suivent
Un palmier à huile peut produire pendant combien de temps ?
Dès qu’il entre en production, un palmier produit normalement toute l’année, et ceci pendant 20 à 30 ans :
Quels sont les rendements ?
Une palmeraie bien conduite donne une moyenne de :
-3 tonnes régimes (TR)/ha à la 3ème ou 4ème année
-6-7 tonnes de régimes/ha au bout de 6ans
9-15 tonnes de régimes/ha au bout de 9 ans
Dans les conditions idéales, la production peut atteindre 40 t/ha/an.
NB : le taux d’extraction de l’huile de palme en usine varie entre 20-25% des régimes
- 1 tonne de noix de palme donne une moyenne de 125-150litres d’huile de palme. Mais dans les conditions d’extraction moderne, on peut atteindre 225-230litres par tonne
- 1 tonne de noix donne environ 20litres d’huile de palmiste
- 1 tonne d’amende peut donner jusqu’à 60-70litres d’huile d’amende noire traditionnelle
Quels sont les ennemis de la palmeraie en production ?
Les ennemis de la palmeraie en production sont surtout les maladies et les insectes. On cite par exemple :
La fusariose qui dessèche les feuilles
La pourriture du tronc (Ganoderma)
La cercosporiose et le pourridié
Les nombreux insectes dont : les fourmis, les chenilles défoliatrices, diverses souches de coléoptères qui attaquent les feuilles et le bourgeon terminale.
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
a. TABLEAU D’AMORTISSEMENT DES INVESTISSEMENTS
Equipement/investissement Coût (FCFA) Nombre d’années d’usage Amortissement par an (FCFA)
Machettes 2500 4 625
Limes 1750 3 583
Haches 4500 4 1125
Pioches 5300 5 1060
Pelles 2300 4 575
Pulvérisateur plastique 15000 2 7500
Cordeau (100) 10000 2 5000
Brouette 30000 5 6000
Arrosoir plastique 6000 4 1500
TOTAL INVESTISSEMENT 77350 23968
b. COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL (Année 0 à 4)
Année 0 à 4
ANNEES 0 A 4 Dépenses RECETTE
Unité Qté Prix unit. (FCFA) Prix total(FCFA)
Equipement/investissement
Machettes Valeurs
amorties 20 625 12500
Définition : TR= Tonne-régime (c'est-à-dire une tonne de régime de palmes
Taux conversion
1 TR de noix =150 litres d’huile
Frais location pressoir à huile=1TR soit 10X150=1500 litres d’huile
RECETTE
1500 litre X 500F/litre
75000
Limes 3 583 1750
Haches 2 1125 2250
Pioches 10 1060 10600
Pelles 10 575 5750
Pulvérisateur plastique 2 7500 15000
Cordeau (100) 2 5000 10000
Brouette 3 6000 18000
arrosoir 2 1500 3000
2-Fonctionnement
Mise en pépinière
Construction des ombrières M² 500 50 25000
Achat des noix prégermées noix 1000 210 210000
Achat de petits sachets sachets 1000 35 35000
Achat de grands sachets Sachets 1000 85 85000
Charge d’arrosage forfait 2 10000 20000
Mise en champ
Location tronçonneuse forfait 2 50000 100000
Abatage/andainage H/J 90 1000 90000
défrichage H/J 90 1000 90000
Piquetage et trouaison H/J 75 1000 75000
plantation H/J 25 1000 25000
Entretien des cultures
achat engrais mono sacs 75 8750 656250
Achat pesticide forfait 1 35 35
Main d’œuvre défrichage H/J 150 1000 150000
Main d’œuvre traitement H/J 5 1000 5000
Main d’œuvre semis engrais couvert H/J 6 1000 6000
Main d’œuvre fertilisation H/J 10 1000 10000
3 Commercialisation
Achat fut vide fûts 8 6000 48000
Main d’œuvre récolte H/J 10 1000 10000
Frais pressoir huile de palme TR 5 10000 50000
4 Transport forfait 1 150000 15000
5 Imprévus (10%) 191914
Total 2 111 049
PATATE DOUCE
La patate douce (Ipomea batatas L. Lam ) fait partie de la famille des convolculacées.Elle est cultivée pour ses tubercules très riches en énergie et qui servent d’aliment pour l’homme et les animaux. On peut la préparer de plusieurs façons, tubercules bouillis, frits ou cuits sous la cendre. On peut aussi la consommer crue. Les tiges et les feuilles sont servies comme fourrage vert ou sec aux animaux.
I- Conditions favorables à la culture
La patate douce ne supporte pas l’excès de froid. Elle se développe bien dans les régions où la température moyenne est supérieure à 24°C, et à une altitude comprise entre 0 et 2000m. La patate tolère les conditions de sécheresses élevées. Elle peut pousser sur les sols qui sont ont des caractéristiques très variées, mais seulement, elle réussit mal sur des sols caillouteux. Un sol meuble et profond est à conseiller, c’est-à-dire les sols du plateau de l’Adamaoua, de la forêt équatoriale humide et de la zone côtière.
Sa rapidité de végétation et l’horizontalité prédominante de son appareil aérien, jointes à son double enracinement lui confèrent une réelle capacité de production des sols. A cet effet au plan physique, les sols caillouteux ou à pourcentage élevé d’éléments grossiers, sont à éviter à cause des irrégularités qui les déprécient commercialement et accroissent les pertes à l’épluchage.
Quelle est la durée du cycle de la patate ?
La durée du cycle varie entre 5 et 6 mois pour les variétés locales, et entre 3 et 4 mois pour les variétés améliorées.
Variétés améliorées Longueur du cycle Zone de culture Nombre de récolte par an
TIB 1(feuilles violettes au verso) 3-4 mois Partout au Cameroun 2
IRA 1112(tiges et racines violettes) 3-4 mois Moyenne et haute altitude (centre, sud, ouest, Adamaoua) 2
II- Etapes de production
2.1 Préparation du sol
Il est conseillé de désherber et de labourer le sol 2 semaines à 1 mois avant le début de la saison des pluies. Le labour peut se faire de plusieurs manières, selon la nature du terrain, de l’humidité du sol.
-Si l’humidité du sol est assez importante (s’il pleut régulièrement) et que la pente du terrain n’est pas forte, vous pouvez faire des planches ou un labour à plat.
-Si le sol n’est pas suffisamment humide et que la pente du terrain est assez importante, vous pouvez soit former des billons, soit des crêtes
Variétés de patate au Cameroun
Variétés Couleur des tubercules Poids moyen des tubercules Durée du cycle Rendement (par 100m2)
80-24 Blanc-jaune 350-450g 110-120 jours 125 à 180 kg
80-30 Rouge-violet 300-400g 115-125 jours 210 à 300 kg
Quelle fumure utiliser ?
Une fumure organique constituée de résidus de récolte suffit pour la culture de la patate car c’est une plante qui tolère les sols à faible fertilité. Toutefois, vous pouvez apportez l’engrais spécial tubercule à raison de 200kg/ha, afin d’avoir de bonnes récoltes.
Quels sont les écartements ?
Si vous faites un labour à plat ou des planches, vous devez piqueter en respectant les écartements suivants :*30 à 40 cm entre les boutures sur la même ligne ; 1 à 1,5 m entre les lignes et 30 à 40 cm entre les boutures sur la ligne. Ceci vous permet de prévoir environ 30 000 boutures pour 1 ha ou 300 boutures pour 100 m2
2.2 Semis ou plantation
2.2.1 Qualité d’une bonne bouture
La mise en place de la patate se fait par bouturage. Vos semences seront donc constituées de fragments de tige de 50 à 70 cm portant 3 à 4 nœuds ou bourgeons. Les boutures doivent être prélevées sur des plants sains (non attaqués). Ensuite, il faudra supprimer les feuilles sur 2 nœuds (partie à enterrer). Il existe autant de variétés de semences, qu’il y en a de variétés de patate.
2.2.2 Quand et comment mettre en place ?
Dans les régions où la saison sèche est marquée (4-5), la mise en place peut avoir lieu au début et à la fin de la saison des pluies. Par contre, en région humide (avec 2 saisons de pluies), la mise en place peut se faire à tout moment de l’année.
Pour mettre en place, vous prenez une bouture que vous enfouissez (de façon qu’il y ait au moins 2 nœuds) dans le sol, puis vous refermez et vous tasser légèrement la terre autour des plants. Les boutures doivent être disposées obliquement. Il faut enfouir les 2/3 de la bouture dans le sol.
2.3 Entretien de la parcelle
La patate exige très peu d’entretien : 2 ou 3 sarclages et buttages pendant la phase de croissance suffisent.
Le buttage a pour but de maintenir l’humidité du sol et de lutter contre les ravageurs (charançons surtout).
On peut aussi associer aux sarclages et buttages, le soulèvement ou retournement des tiges. Cette opération a lieu surtout quand l’humidité du sol est importante, pour empêcher un enracinement des tiges qui pourrait baisser le rendement des tubercules, et prolonger la période de la récolte.
III- La récolte
La récolte a lieu 3 à 4 mois pour les variétés améliorées et 5 à 6 mois pour les variétés locales
Pour une bonne conservation des tubercules, la récolte doit se faire avec précaution. Elle doit se faire au moment où les tiges et les feuilles commencent à jaunir
La récolte consiste à creuser le sol à l’aide d’un plantoir (ou d’une houe adaptée) et de récupérer les tubercules.
NB : il faut éviter de blesser les tubercules lors de la récolte car les tubercules blessées se conservent difficilement et se vendent mal.
Quel rendement peut-on obtenir ?
En culture traditionnelle, on peut obtenir 4 à 10 tonnes à l’hectare, mais on peut atteindre 35 à 40 tonnes à l’hectare si les techniques culturales sont respectées et si la fertilisation est adéquate.
-Maladies et ennemis de la patate douce ; Méthodes de lutte
Nature Symptômes et dégâts Méthodes de lutte
Maladies
Alternariose (due à un champignon qui s’attaque aux feuilles) -Apparition des tâches brunes sur les tiges et les feuilles avec des zonations concentriques -Utiliser des boutures saines
La virose (due à un complexe viral) -apparition d’une mosaïque vert clair à vert foncé sur les feuilles
-déformation du limbe
-raccourcissement des entre nœuds
-les plantes deviennent chétives -prélever les boutures seulement sur des plantes saines
-arracher en cours de cultures les plantes malades
Ennemis
Charançons : petits coléoptères dont les larves (blanches) et les adultes (noirs) causent des dégâts importants -la femelle perfore des petits trous dans les tiges et les tubercules pour y pondre ses œufs
-les larves creusent des galeries dans les tiges et les tubercules qui deviennent ainsi impropre à la consommation
-les adultes rongent les feuilles en y perforant des petits trous
-les pieds attaqués se dessèchent et meurent rapidement -éviter de faire revenir la patate sur le même terrain avant trois à quatre saisons
-planter et récolter à temps
-brûler après la récolte tos les débris végétaux infestés
IV- Conservation et transformation
5.1 Conservation
Ils existent plusieurs méthodes pour conserver la patate, mais quelle que soit la manière inutilisée, prenez la précaution de ne pas blesser les tubercules lors de la récolte.
-Vous pouvez conserver les tubercules dans le sol. Ainsi, vous supprimez les tiges et vous venez chaque fois détacher les tubercules. Mais avec cette méthode, la conservation ne dure pas longtemps.
-vous pouvez aussi faire le ‘’ratoning ‘’: c’est la technique de conservation qui consiste à creuser une fosse de 40 à 50 cm de profondeur, la largeur et la longueur dépendent de la quantité de tubercules récoltées. Après avoir la fosse, vous saupoudrez le fond avec la cendre. Vous verser vos tubercules dans la fosse et vous la recouvrez à nouveau avec une autre couche de feuilles de bananier, puis vous recouvrez le tout avec la terre.
NB : Au moment de creuser la fosse, prenez la peine de choisir un site où l’eau ne stagne pas, donc un endroit bien drainé.
-Vous pouvez ensuite cuire vos tubercules et ne pas faire sécher au soleil
4.1 Transformation
La patate peut être transformée en farine pour la fabrication du pain
Technique :
-laver soigneusement les tubercules et les éplucher
-les découper en lamelles (tranches) fines appelées chips pour faciliter le séchage.
-les exposer au soleil jusqu’à ce que les chips soient bien sèches
-les concasser pour en réduire la grosseur
-les faire moudre (écraser) dans un moulin pour avoir la farine (pour avoir 1kg de farine, il faut prévoir 4 à 5 kg de patate douce fraiche)
NB : Certains produits appelés agents anti-brunissant peuvent être utilisés, comme le bisulfite de sodium, pour conserver la couleur blanche.
Lorsqu’on mélange la farine de patate douce à la farine de blé, on améliore considérablement la valeur nutritive du produit boulanger. Mais il faut le faire dans les proportions & part pour 5 parts de blé. Elle permet aussi de réduire le coût du pain et de valoriser davantage le travail du paysan.
VI-Informations générales
La patate douce et le manioc peuvent être cultivés de façon intercalée ou rotative. La patate peut aussi se cultiver en intercalaire avec le bananier plantain.
Ces associations et rotations de culture permettent de mieux valoriser l’espace cultivable dans les zones à forte densité de population. Cela constitue aussi une alternative intéressante pour le système d’intégration agriculture-élevage, car l’alimentation des animaux dépend des cultures de la ferme
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
A-Tableau d’amortissement des investissements
Equipements/investissement Coût F CFA Nombre de campagnes d’usage Amortissement par campagne (F CFA)
Machettes 2500 4 625
Limes 1500 2 750
Plantoirs 5000 4 1250
Cordeau 4500 3 1500
Houes 3000 4 750
B-Compte d’exploitation prévisionnel (1 campagne)
B.1 Equipement/investissement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Machettes 4 625 2500
limes 2 750 1500
Plantoirs 4 1250 5000
Cordeau 3 1500 4500
Houes 4 750 3000
TOTAL 16500
B.2 Fonctionnement
DESIGNATION QUANTITE PRIX UNITAIRE MONTANT TOTAL
Défrichage 40h/j 1500 60 000
Formation de buttes 10h/j 1500 15 000
Labour 40h/j 1500 60 000
Achat de boutures 30000 3 90 000
Mise en place des boutures 5h/j 1500 7500
Sarclage 10h/j 1500 15000
Récolte 30h 1500 45000
Conditionnement 100 sacs 5OO 50 000
Transports divers 100 sacs 1000 100 000
Imprévus - - 20 000
TOTAL 462500
Production : 10 tonnes 10 000kg
Recettes : 10 t x 1OOOOOF =1 000 000 F
Dépenses : 462 500 + 14 000 =476 500F
Bénéfice 1 0000 000 F -476 500 =523 500 F
POIVRE
Le poivre, de son scientifique Piper nigrum appartient à la famille des pipéracées. C’est une liane qui est cultivée pour ses graines (graines de poivre). Ces graines sont transformées et utilisées en alimentation humaine et dans les industries pharmaceutiques. La tige est une liane qui s’accroche sur un tuteur. Elle grimpe et peut atteindre jusqu’à 10 m de haut. Le fruit est un épi qui porte des graines de poivre qui à maturité virent au rouge- orangé.
I- Conditions favorables à la culture du poivre
Le poivrier est une plante de basse altitude (entre 300 et 800 m). Les altitudes élevées perturbent et prolonge son cycle de culture, ce qui retarde la floraison et diminue les rendements.
Le poivrier préfère une température assez élevée (23-26°C) pendant toute l’année. Les régions de basse température ne donnent pas de rendements.
C’est une plante qui exige de grosses quantités d’eau, de l’ordre de 2000 à 3000 mm dans l’année, mais reparties sur 7 à 8 mois. Il lui faut aussi une petite saison sèche de 4 à 5 mois afin de favoriser la maturation des fruits. Le poivrier n’aime pas l’eau qui stagne au pied des plants car cela cause des maladies telles que la pourriture du collet. Il se développe bien sous ombrage léger, sur des sols profonds, perméables, bien drainés et riches en matière organiques. Les sols lourds et durs ne lui conviennent pas, car il favorisent l’accumulation d’eau et complique la pénétration des racines.
Le poivrier commence à produire 3 à 4 ans après la plantation. La floraison a lieu entre avril et mai et il s’écoule 7 à 8 mois entre la floraison et la récolte. Le poivrier peut produire pendant 15 à 35 ans si la plantation est bien entretenue.
II- Etapes de production du poivrier
La multiplication du poivrier se fait essentiellement à partir des boutures. Les résultats sont très décevants lorsqu’on utilise les graines. Il faut absolument passer par une pépinière de boutures, car le poivrier est très sensible et sa mortalité est très grande.
2.1 La pépinière
2.1.1 Construction de l’ombrière
Après avoir défriché et nivelé le terrain, confectionner une ombrière avec les piquets suffisamment solides et qui ont 2 à 3 m de haut, faire des planches de 10 à 20 m de long, 1 m de large et 20 cm de hauteur, en laissant des allées de 50 cm entre les planches pour faciliter l’entretien.
-Prévoir des sachets de polyéthylène de 10 cm de large et 20 cm de haut perforés à la base. Remplir ces sachets avec de la bonne terre enrichie avec du fumier ou du compost jusqu’à 1 ou 2 cm du bord et tasser légèrement
NB : Cette terre doit au préalable être désinfectée contre les nématodes à l’aide des produits tel que Furadan et la Mocap (4 brouettes de terre pour 500 g de produit)
-Déposer les sachets remplis sur les planches en rangées (100 sachets par m2 ) et arroser abondamment. Maintenir les sachets avec les bambous fixés par de petits piquets verticaux.
-Quelques jours avant le semis, traiter le terreau des sachets à l’aide d’un fongicide comme le Benlate ou le Daconyl (à raison de 10 g dans 10L d’eau pour 100 sachets) ;
2.1.2 Bouturage
Attention : Les semences de poivre (fragments de boutures) doivent être prélevées sur la tige centrale des lianes après les récoltes. Chaque bouture doit avoir 30 à 35 cm de long.
-Tremper chaque bouture dans une solution de fongicide et laisser sécher à l’ombre pendant 30 minutes avant la mise en sachet. Pour un hectare de terrain, il faut prévoir 2 500 à 3000 boutures. Les boutures émettent leurs premiers bourgeons environ 2 à 3 semaines après la mise en sachet.
-Pour accélérer l’émission des premières racines en pépinière, on peut tout aussi utiliser des hormones de croissances. (En vente sur le marché).
2.1.3 Entretien de la pépinière
Il consiste à : - Arroser tous les jours en saison sèche en évitant de noyer les plants
-Enlever manuellement les mauvaises herbes dans les sachets et nettoyer les allées tout autour des planches.
-Eliminer les sachets dont les plants sont morts et si possible, remplacer par de nouveaux sachets
-Apporter l’urée au 2ème et au 5ème mois, à raison de 1 g/sachet, soit une cuillerée à café pour 5 sachets en prenant soin de ne pas déposer l’engrais au contact de la bouture
-Traiter votre pépinière contre les maladies à l’aide d’un fongicide (Ridomil ou Benlate) en pulvérisant au moins 1 fois tous les 3 mois. Car les boutures de poivrier sont très sensibles à la pourriture
2.1.4 Quelle est al durée des plants en pépinière ?
Les plants de poivrier mettent 6 0 8 mois en pépinière ; il faut diminuer progressivement l’ombrage 3 à 4 semaines avant la sortie des plants
2.2 Préparation du terrain
2.2.1 Comment préparer le terrain ?
-Défricher proprement le site de l’exploitation, abattre tous les arbres et éliminer toutes les lianes et les plantes rampantes.
-Faire un piquetage pour matérialiser les emplacements de la trouaison, ceci en respectant les espacements de 1,5 m entre les plants sur la ligne et 2,5 m entre les lignes, soit une densité moyenne de 2500 plants/hectare
-Faire des trous de 40 x 40 cm et les remplir ensuite avec de la terre noire de surface ou le compost si possible.
NB : la préparation du terrain doit être terminée avant le mois de mai
2.2.2 Quand et comment planter ?
Les plants seront mis en terre à partir du mois de mai, lorsque les pluies auront bien mouillé le sol. Il faut planter en même temps que le tuteur à une distance de 5 à 10 cm du plant. Le tuteur doit être résistant, solide et vivant
2.2.3 Pourquoi le tuteur ?
Pendant toute la vie du poivrier, il aura besoin d’un support, sinon la liane se met à ramper au sol puis pourrit et meurt. Comme il peut produire pendant 30 ans, le tuteur doit être solide. On peut utiliser un tuteur vivant ou mort.
-Si vous utilisez un tuteur vivant, il doit être un arbuste ayant un enracinement pivotant. Ainsi, il ne gênera pas les racines du poivrier. Le tuteur vivant doit pouvoir grandir plus vite que le poivrier
Exemple de tuteur vivant : Leucaena glauca, cassia Siamea, Ptérocarpes Sp
-Si vous utilisez un tuteur mort, il faut que ce soit un bois qui puisse résister longtemps.
Le principe du tuteurage consiste à attacher chaque fois la tige grimpante sur le tuteur, à l’aide d’une liane biodégradable (qui pourra se couper ou pourrir après quelques années).
2.3 Comment entretenir la plantation ?
-En éliminant régulièrement toutes les mauvaises herbes, car elles cachent les insectes et entrent en concurrence avec le poivrier pour la nourriture.
En taillant le poivrier pour lui permettre d’avoir assez de ramifications pouvant porter les fruits, ce qui augmente la production et les rendements.
-En taillant les tuteurs vivants. Ceci a lieu à partir de la 4ème année (année de la première floraison du poivrier). La taille se fait 2 fois dans l’année et a pour but : de laisser entrer un maximum de soleil dans les poivriers pour favoriser la floraison (taille en avril- mai)
-La taille des tuteurs vivants se fait deux fois dans l’année et a pour but :
-De laisser entrer un maximum de soleil dans les poivriers, pour déclencher la floraison
-de favoriser la maturation des fruits (deuxième taille à faire à la fin de la saison des pluies octobre novembre)
2.4 Fertilisation
Il est conseillé d’apporter de l’engrais minéral ou organique deux fois par an, au début et à la fin de la saison des pluies. Ne jamais déposer de l’engrais minéral ou organique au contact du collet de la plante. Epandre toujours sous forme d’une couronne, en laissant un cercle vide d’au moins 10 cm de rayon autour du collet.
.au mois d’avril : Apporter du compost ou de la fiente de volailles décomposée : 5 à 6 kg/pied ou encore de l’urée : 100 g/pied
.Au mois d’octobre : Apporter du chlorure de potasse 100 g/ pied.
III-Maladies et ennemis du poivre et méthodes de lutte
MALADIES SYMPTOMES ET DEGATS METHODES DE LUTTE
Pourriture du collet due phytophtora palmivora Ecorce foncée et noire
Progression de la maladie de bas en haut
Mort de la plante Utiliser les variétés résistantes
Pulvériser les plants avec un produit fongicide à base de cuivre
Nématodes Nécroses des tissus et mauvaise croissance des plants Traiter la terre de la pépinière contre les nématodes et les pyrales
Pyrale du poivrier et chenille Borer de la tige progression du bas vert le haut, baisse de rendement Utiliser un insecticide
Gales Gale sur les feuilles Utiliser les fongicides à base du cuivre en pulvérisant sur les feuilles
IV-La récolte
On récolte les grappes lorsque les graines commencent à virer au rouge-orangé. Si on les laisse murir plus, les oiseaux peuvent causer trop de dégâts
Le rendement varie :
-à 3 ans, on peut obtenir 1 à 2 kg de poivre frais par liane, soit 600 à 1200kg de poivre sec par hectare.
-à partir de 7 ans, on peut obtenir 10 kg de poivre frais par liane, soit 6 tonnes par hectare de poivre sec
- à partir de 15 ans, le rendement commence à décroitre jusqu’atteindre 2 à 1 kg de poivre frais par liane. A ce moment, il est conseillé de renouveler la plantation.
NB : Pour1 00kg de poivre frais, on a 25 kg de poivre blanc sec et 35 kg de poivre noir sec
V-Conditionnement et conservation du poivre
Suivant le type de traitement donné aux graines, on peut avoir 3 sortes de poivre
5.1 Le poivre blanc ou’’ poivre gris’’
Récolter les grappes à maturité complètes, les enfouir dans des sacs de jute ou d’engrais et laisser tremper dans l’eau (fut ou bac de trempage, ou alors dans une petite rivière courante) pendant 10 jours. Si c’est dans un bac de trempage, il faudrait remplacer l’eau tous les 2 ou 3 jours
Au bout de 1à jours, piétiner les sacs pou permettre le frottement des graines entre elles afin d’enlever la pulpe qui s’est déjà ramollie. Séparer ensuite les graines des déchets obtenus par trempage et laver à grande eau.
Sécher les graines de poivres obtenues en les étalant par couches minces au soleil pendant 3 à 5 jours selon le temps. Il reste donc blanc ou alors il vire au gris, leur taux d’humidité varie entre 11 et 15%
5 .2 Le poivre noir
Pour obtenir le poivre noir, il suffit de cueillir et sécher directement les grappes mures, les égrener ensuite, égrener les grappes sèches tamiser et re-sécher les graines obtenues. En se desséchant, la peau se couvre de rides et noircit
5.3 Le poivre vert
Le poivre vert s’obtient en récoltant les grains avant la maturité (4 mois après la floraison) au stade laiteux. Il est vendu à cet état, vert.
Conservation du poivre
Le poivre peut se conserver 2 à 3 ans, s’il est bien sec, dans une salle aérée et ventilée
VI -Informations générales
Le poivre est une plante qui n’aime pas s’associer à d’autres cultures, la seule façon de la pratiquer est donc monoculture. Etant donné que c’est une plante pérenne, la rotation de culture du poivrier avec d’autres cultures n’est pas possible
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
Poivre (1 hectare)
A-Tableau d’amortissement
Désignation Coût Durée de vie Amortissement par an
Machette 2500 4 ans 625
Lime 1500 2 ans 750
Plantoir 5 500 4 ans 1375
Cordeau 4500 3 ans 1500
Brouette 25 000 6 ans 4 166
Pelle 2500 3 ans 833
Arrosoir 4500 4 ans 1 125
Pulvérisateur 47 000 6 ans 7 833
B-Tableau du compte d’exploitation prévisionnel
B-1 Equipement/investissement
Désignation Quantité Prix unitaire Montant total
Machettes 4 625 2500
Limes 4 750 3000
Plantoirs 4 1375 5 500
Cordeau 1 1500 1500
Brouette 1 4 167 4 167
Pelles 3 834 2 502
Arrosoir 1 1125 1125
total 28128
B-2 Fonctionnement
Désignation Quantité Prix unitaire Montant total
Défrichage 25h/j 1500 37500
Abattage 40h/j 1500 60 000
Tronçonnage 30h/j 1500 45000
Piquetage 25h/j 1500 37500
Trouaison 2600 trous 100 260 000
Remplissage des trous 2600 trous 3O 78 000
Achat des plants 2600 plants 1000 2 600 000
Mise en place 2600 plants 30 78 000
Tuteurage 5h/j 1500 7500
Sarclage 10 000m 5 50 000
engrais
Fumier 130 sacs 1500 195 000
Urée 11 sacs 9100 100100
Chlorure de potasse 11 sacs 9 000 99 000
Epandage engrais 10h/j 1500 15 000
Transport Forfait 60 000
Imprévus (5%) 199130
Total 3 921 730
B-3 Entretien après la première année jusqu’à la fin de la 7ème année
Années Engrais Epandage engrais Sarclage Taille Récolte Sacs vides Transport Total
2 394 100 25 000 60 000 20 000 80 000 579 100
3 394 100 25 000 60 000 20 000 80 000 579 100
4 394 100 25 000 60 000 20 000 150 000 180 000 80 000 909 100
5 394 100 25 000 60 000 20 000 150 000 180 000 80 000 909 100
6 394 100 25 000 60 000 20 000 150 000 80 000 729 100
7 394 100 25 000 60 000 20 000 150 000 80 000 729 100
TOTAL 2 364 600 150 000 360 000 120 000 600 000 360 000 480 000 4 434 600
B-4 Recettes totales et résultats (poivre blanc)
Années quantité poivre sec Prix unitaire Recettes Charges Résultats
1 - - 0 3 961 853 -3 961 853
2 - - 0 579100 -579 100
3 - - 0 579 100 -579 100
4 800kg 3500 2 800 000 909 100 1 890 900
5 1000kg 3500 3 500 000 909 100 2 590 900
6 3000kg 3500 10 500 000 729 100 9 770 900
7-15 4000kg 3500 14 000000 729 100 18 270 900
RIZ
Le riz (Oryza sativa) appartient à la famille des graminées. C’est la céréale la plus importante du monde. Il constitue une nourriture de base pour beaucoup de personne dans le monde. En plus de son emploi dans l’alimentation, le riz sert à fabriquer l’alcool, de l’amidon du glucose, de l’acide du vinaigre et de l’huile. Les balles de riz servent de combustible (bois) et leurs cendres sont utilisées comme engrais. Les animaux peuvent consommer le paddy, les brisures, la farine et la paille. Cette paille peut aussi servir de litière ou de matière première dans la fabrication de la pate à papier. On distingue trois variétés de riz :
-le riz pluvial ou riz des montagnes qui est cultivé à Tonga, Bandounga, Santhou, Ndop et Babungo.
-le riz irrigué qui est cultivé à la SEMRY
-le riz inondé (qui est n’est pas cultivé au Cameroun
I-Conditions favorables à la culture
La culture pluvial du riz est encore appelé riziculture sèche parce que la plante trouve l’essentiel de ses besoins en eau dans les pluies saisonnières, donc on n’irrigue pas ou pas beaucoup le champ.
Cette culture exige 1000 à 1500mm de pluie par an. Les régions (même d’altitude favorable) totalisent une pluviosité annuelle inférieure à 1000 mm pendant la saison de culture, et moins de 40 jours de pluies supérieures à 5mm ne sont pas propices à la riziculture pluviale.
Le riz n’aime pas les hautes altitudes, mais les plaines et les bas- fonds. Une altitude de plus de 800- 1000 m devient aléatoire car au-delà de cette altitude, la température diminue et le cycle de culture s’allonge. Le riz préfère les sols limoneux, riches, meubles. Un vent léger favorise l’accélération de la transpiration de la plante. Une température moyenne de 25-30°c lui est favorable ; c’est une plante de lumière qui exige une bonne insolation, c’est pourquoi en zone équatoriale, la culture est presque impossible.
La durée du cycle du riz pluvial varie entre 120 et 160 jours.
II-Etapes de la culture du riz pluvial
2.1 Choix de variétés
L’adoption d’une variété est guidée essentiellement par deux critères :
Il faut trouver des variétés adaptées au milieu naturel, d’une part et adaptées au système de culture, d’autre part.
L’adaptation au milieu naturel s’évalue en termes de :
-Longueur du cycle qui doit être en fonction de la durée de la saison des pluies.
-Résistances aux périodes de sécheresse prévisibles ou au contraire à une faible insolation en régions très humides
-adaptation aux grandes zones écologiques (savanes et forets)
-couverture du sol pour assurer une lutte contre l’érosion et un bon degré de compétition avec les mauvaises herbes. Les variétés qui couvrent rapidement le sol ou dont le couvert végétal se ferme vite sont à rechercher.
2.2 Préparation du sol
La préparation du sol a des objectifs multiples dont les plus importants sont : la création d’un état de surface permettant l’utilisation éventuelle d’un semoir ; la maitrise des mauvaises herbes ; l’amélioration des caractéristiques chimiques du sol par incorporation de divers types d’engrais, d’amendements et de matière organiques ; l’amélioration des caractéristiques physiques dans le but de favoriser la germination des semences et le développement de leurs racines.
Plusieurs étapes peuvent être nécessaires pour parvenir à l’état du sol souhaité. Il est conseillé de :
1. défricher la parcelle
2. dessoucher tous les troncs d’arbres
3. labourer profondément
4. aplanir le lit de semences
En général, en culture manuelle, la préparation du sol est assez restreinte, limitée en général à un léger houage (retournement du sol avec une houe) effectué avec un instrument tel que la houe qui ne remue que la couche superficielle.
2.3 Semis
2.3.1 Que semer ?
Il est conseillé d’utiliser de préférence des semences certifiées fournies par la recherche. Si ce n’est pas possible, le paysan peut choisir les semences les plus belles de sa récolte précédente en éliminant celles qui sont petites, vides ou cassées.
Pour éviter que les graines ne pourrissent dans le sol ou ne soient dévorées par les prédateurs, il est préférable de les traiter au préalable avec un mélange de produits fongiques et insecticides (thirane +Heptachlore) à raison de 300 g/100 kg de semences
2.3.2 Quand semer ?
La date de semis doit être raisonnée en fonction des besoins e eau du riz. La période où les besoins en eau sont les plus forts (en gros 20 jours avant la floraison à 20 jours après) doit correspondre à l’époque où l’on prévoit le maximum de pluies.
Plus simplement, le semis doit se situer après le début de la saison des pluies afin d’assurer au sol l’humidité minimum indispensable pour la germination des graines. Un retard de semis se traduit par une chute de rendement proportionnelle à l’importance du retard.
2.3.3 Quelle est la quantité de semences à l’hectare ?
Il faut 80 à 100 kg de semences à l’hectare.
2.3.4 Comment semer ?
Un certain nombre de principes généraux sont à respecter quel que soit le mode de semi utilisé :
a) Les profondeurs de semis les plus favorables à une bonne levée sont comprises entre 1 et 4 cm. Un semis très superficiel (1 à 3 cm) sera préféré si l’on est assuré que le sol restera humide pendant la germination.
b) Le grain doit être en bon contact avec le sol : il doit trouver un terrain meuble pour développer les racines. Aussi un léger tassement sur le grain est généralement profitable. Il faut toutefois éviter la formation d’une croute gênant l’émergence des plantules.
Il est conseillé de semer en lignes et dans des poquets. Il faut 5 à 6 graines par poquet, et respecter les espacements de 20 à 30 cm entre les lignes et 10 à 15 cm entre les poquets sur la ligne.
2.4 Quelles sont les opérations d’entretien ?
Les mauvaises herbes représentent l’un des principaux facteurs limitant du rendement dans la mesure où elles entrent en concurrence directe avec le riz pour l’eau, la lumière et les éléments fertilisants. Pour cela, il faut lutter rigoureusement contre les mauvaises herbes, ceci peut se faire par 2 à 3 sarclages : le premier sarclage a lieu 3 semaines après la levée, et les 2ème et 3ème sarclages lorsque les mauvaises herbes ont 2 à 4 cm de hauteur.
L’autre opération d’entretien consiste à biner. Il est conseillé de biner quand le sol devient dur. Souvent il est conseillé de biner en même temps que l’on sarcle.
Quel engrais pour la culture ?
Le riz est extrêmement sensible à la richesse et à l’équilibre du sol en éléments nutritifs. Le riz a besoin d’azote, mais il a aussi besoin de phosphore et de potasse. A titre d’exemple, on met par hectare : 100 kg de phosphate d’ammoniaque au moment du semis et 60 kg de sulfate de potassium, et au moment où le riz talle, on met 100 kg d’urée
NB : Quand vous mettez l’engrais au moment du labour ou du semis, vous pouvez répandre à la volée. Quand vous mettez l’urée, c’est-à-dire au moment où les plants ont déjà poussé, il faut l’épandre près des lignes.
III- La récolte
3.1 Quelle est l’époque de la récolte ?
Il est important de récolter à la bonne époque. Si le riz est récolté trop tôt, on perd en poids, on cueille beaucoup de grains immatures ou grains verts qui dévalorisent la récolte. Si le riz est récolté trop mûr, le risque d’égrenage et de brisure est important.
La récolte doit se faire 35 à 40 jours après la sortie de l’épi. A ce moment là le grain n’est pas trop vert, ni trop mûr.
3.2 Comment récolter
La récolte se fait avec un couteau adapté à la faucille. Avec ce couteau, on coupe les panicules (gerbes). On les laisse au sol pendant 3 à 4 jours, puis on forme de petits tas ou meules à l’ombre pour éviter que les graines ne se détachent). Ensuite, on bat les meules pour détacher le paddy.
3.3 Quel est le rendement du riz ?
Le rendement à l’hectare varie entre 1500 et 2000 kg de riz, mais ce rendement peut atteindre 3500 – 4000 kg en culture mécanisée.
Conservation du riz
Après la récolte, le paddy est passé à la décortiqueuse. Une fois que le riz est décortiqué, il est conditionné dans des sacs de jute et peut se conserver 1 à 2 ans voire même plus
IV-Maladies courantes du riz et méthodes de lutte
Maladies Symptômes et dégâts Méthodes de lutte
Pyriculariose, due à pyricularia orizae -taches noires sur les feuilles et le dernier avant l’épi
-stérilité partielle ou totale de la plante
Baisse de la production Utiliser des variétés résistantes
Faire un labour profond
Eviter d’apporter trop d’azote à la plante
Helminthosporiose Petites taches rondes et brunes sur les feuilles
Baisse de la production Utiliser les variétés résistantes
ENNEMIS
Insectes Perforation des feuilles et des tiges
Mort de la plante Epandre des insecticides (exple : le furadan) sur la tige de semis au moment du semis ou pendant le tallage à la dose de 800g à l’hectare
Oiseaux Consommation des semences et des graines mûres
Baisse de la production Jeter les cailloux sur les oiseaux
Confectionner de fausses sentinelles dans le champ
V-Informations générales
Pour maintenir la fertilité du sol à un niveau convenable, contrôler les mauvaises herbes et briser le cycle de certaines maladies, il faut procéder à la rotation des cultures sur parcelle. Ainsi, après la culture du riz, on peut mettre en place des légumineuses telles que : haricot, soja, Nièbe qui enrichissent le sol en azote. Le riz ne supporte pas l’association et se développe bien en culture pure. Les recherches ont permis de mettre au point plusieurs variétés adaptées à différentes conditions agroécologiques et avec des cycles de développement plus ou moins courts, exemple :
-Le riz précoce (jusqu’à 120 jours : IRAT 109, IRAT 112)
-Le riz de saison (140- 160 jours : IRAT 43, IRAT 104)
-Le riz tardif (170-180 jours : Bentoubala)
Après la récolte et le traitement, 100kg de riz paddy donne
65 kg de riz et brisures
15 kg de sons et farines
20 kg de balles (glumelles)
COMPTE D’EXPLOITATION PREVISIONNEL
1- Tableau D’amortissement des investissements
Equipement Coût Nombre d’années d’usage Amortissement par an
Machettes 2500 4 625
Limes 2000 2 1000
Pioches 5300 5 1060
Houes 1500 4 375
Pulvérisateurs 47 000 5 9400
Brouettes 25 000 5 5000
Pelles 2500 4 625
2 Tableau compte d’exploitation prévisionnel
2.1 Equipement
Libellé Unité Quantité Prix Unitaire Prix total
Machettes Valeurs Amorties 4 625 2500
Limes 4 1000 4000
Pioches 3 1060 3180
Houes 8 375 3000
Pulvérisateurs 1 9400 9400
Brouettes 1 5000 5000
Pelles 4 625 2500
TOTAL 29500
2.2 Fonctionnement
Libellé Unité Quantité Prix Unitaire Prix total
Défrichage
Labour
Piquetage
Semences
Semis
Engrais
• Achat engrais
• Sulfate de potasse
• Urée
Epandage engrais
Produits phyto
Traitements phyto
Récolte
Battage
Conditionnement
Décorticage
Transport
Imprévus (5%) h/j
h/j
h/j
kg
h/j
sacs
sacs
sacs
h/j
Forfait
h/J
h/J
h/J
Sacs
kg
Forfait 15
30
8
100
12
sac
sac
2 sacs
3
1
2
10
5
30
2500
1
1500
1500
1500
800
1500
12000
12000
9100
1500
10000
1500
1500
1500
300
25
30000
22500
45000
12000
80000
18000
12000
12000
18200
4500
10000
3000
15000
7500
9000
62500
30000
18000
TOTAL 379200
Dépenses Totales : 379 200 + 29 580 =408 780
Production Moyenne : paddy : 2500kg riz décortiqué : 2250 kg
Prix Unitaire : 300 F le Kg
Recette Totale : 2250 x 300 = 675 000
Bénéfice : 675 000 – 408 780 =266 220
samedi 28 novembre 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

bonjour monsieur c'est avec un réel plaisir que j'ai lu votre publication concernant les conseils et les investissements pour la création des plantations de nos cultures.mr j'aimerais avoir tous les informations pour la création d'un champs de plamier a huile,connaitre le nombre et le prix de sac d'engrais/ht. voici mon adresse mail mathurinm@yahoo.fr
RépondreSupprimerbonjour Monsieur et merci pour ce précieux document. je suis un jeune agriculteur du Mbam & inoubou dans la région du centre du Cameroun. depuis 2 ans mes plants de bananiers sur 1 ha ne produisent pas et ne dépassent pas 1m de hauteur que faut il faire? mon mail: eismaiga@yahoo.fr
RépondreSupprimermerci. Je m'interesse au palmier à huile
RépondreSupprimerJe suis Helena Julio de l'Équateur, je veux bien parler de M. Benjamin sur ce sujet. me donne un soutien financier lorsque toutes les banques de ma ville ont refusé ma demande de m'accorder un prêt de 500000,00 USD, j'ai essayé tout ce que j'ai pu pour obtenir un prêt de mes banques ici en Équateur mais elles m'ont toutes refusé parce que mon crédit était faible mais avec la grâce de Dieu, j'ai appris l'existence de M. Benjamin alors j'ai décidé d'essayer de demander le prêt. Avec la volonté de Dieu, ils m'accordent un prêt de 500 000,00 USD. La demande de prêt que mes banques ici en Équateur m'ont refusée, c'était vraiment génial de faire affaire avec elles et mon entreprise va bien maintenant. Contactez-nous par e-mail / WhatsApp si vous souhaitez demander un prêt auprès d'eux. 247officedept@gmail.com Contact WhatsApp: + 1-989-394-3740.
RépondreSupprimerCasino Poker - Play online for real money | CasinoTopOS
RépondreSupprimerCasino 블랙 잭 게임 poker games 포커 카드 are one of the most popular online 포커 마운틴 games in the gambling industry. 포커 게임 하기 However, for many players, poker is one of the 한게임포커